Appels de fonds en copropriété : tout savoir en 2026

Dans cet article

  • L’appel de fonds est la demande de paiement adressée par le syndic à chaque copropriétaire pour couvrir les charges courantes et les dépenses exceptionnelles de l’immeuble
  • Les appels de fonds provisionnels représentent en général un quart du budget prévisionnel voté en assemblée générale, exigibles au premier jour de chaque trimestre
  • En cas de gros travaux votés en AG, le syndic peut échelonner les appels selon un calendrier spécifique, avec un premier versement exigible dès la notification du procès-verbal
  • Le non-paiement expose le copropriétaire à une mise en demeure puis à une procédure judiciaire, avec des intérêts de retard calculés au taux légal majoré
  • La conservation des justificatifs d’appels de fonds est recommandée pendant au moins 10 ans, durée alignée sur la prescription des actions en matière de copropriété
  • Depuis la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, les copropriétés doivent constituer un fonds travaux obligatoire alimenté par des appels spécifiques

Que vous soyez primo-accédant ou investisseur chevronné, la réception d’un appel de fonds en copropriété suscite régulièrement des interrogations. Montant, périodicité, répartition, travaux exceptionnels : je décrypte dans ce guide complet tout ce qu’il faut savoir en 2026 pour comprendre, vérifier et payer sereinement vos appels de fonds.

Qu’est-ce qu’un appel de fonds en copropriété ?

Un appel de fonds est la demande de paiement formelle que le syndic de copropriété adresse à chaque copropriétaire pour financer les dépenses collectives de l’immeuble. Ce mécanisme est encadré par la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété et par son décret d’application du 17 mars 1967.

Concrètement, le syndic établit un budget prévisionnel lors de l’assemblée générale annuelle. Ce budget couvre l’ensemble des charges courantes : entretien des parties communes, contrats de maintenance (ascenseur, chaudière collective), assurance de l’immeuble, honoraires du syndic, frais de nettoyage et d’éclairage. Une fois le budget voté, le syndic répartit la somme totale entre les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes, puis leur adresse des appels de fonds périodiques.

Il ne faut pas confondre l’appel de fonds avec une facture classique. Il s’agit d’une provision, c’est-à-dire un versement anticipé destiné à couvrir des dépenses à venir. L’ajustement entre les provisions versées et les dépenses réellement engagées intervient lors de l’approbation des comptes en assemblée générale.

Vérification d'un décompte de charges de copropriété sur un relevé trimestriel
Vérification d’un décompte de charges de copropriété sur un relevé trimestriel

Les différents types d’appels de fonds

En pratique, je distingue trois grandes catégories d’appels de fonds que tout copropriétaire doit connaître.

L’appel de fonds provisionnel (charges courantes)

C’est le plus fréquent. L’article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que le syndic appelle les provisions du budget prévisionnel le premier jour de chaque trimestre, sauf décision contraire de l’assemblée générale. Chaque appel correspond à un quart du budget annuel voté. Ce budget couvre les dépenses de fonctionnement ordinaire : entretien courant, petites réparations, consommations d’énergie des parties communes, rémunération du gardien le cas échéant.

L’appel de fonds pour travaux exceptionnels

Lorsque l’assemblée générale vote des travaux hors budget prévisionnel (ravalement de façade, remplacement de la toiture, mise aux normes de l’ascenseur), le syndic procède à des appels spécifiques. Selon l’article 14-2 de la loi de 1965, ces appels sont exigibles selon l’échéancier fixé par l’assemblée générale. Le premier appel peut être exigé dès la notification du procès-verbal de l’AG.

L’appel de fonds pour le fonds travaux (cotisation ALUR)

Depuis la loi ALUR de 2014, renforcée par la loi Climat et Résilience de 2021, les copropriétés de plus de dix lots à usage de logement doivent constituer un fonds de travaux. La cotisation annuelle minimale est fixée à 2,5 % du budget prévisionnel pour les copropriétés de plus de 200 lots, et peut atteindre 5 % selon les décisions de l’assemblée générale. Ce fonds est alimenté par des appels distincts, rattachés à chaque lot et non remboursables en cas de vente. Pour les projets de rénovation énergétique associés, je vous recommande de consulter mon guide sur la construction écologique qui aborde les aides disponibles.

Type d’appel de fonds Base légale Périodicité habituelle Montant type
Provisions charges courantes Art. 14-1 loi 10/07/1965 Trimestrielle 25 % du budget prévisionnel
Travaux exceptionnels Art. 14-2 loi 10/07/1965 Selon échéancier AG Variable selon devis
Fonds travaux obligatoire Art. 14-2-1 (loi ALUR / Climat) Annuelle ou trimestrielle 2,5 % à 5 % du budget prévisionnel
Avance de trésorerie Règlement de copropriété Ponctuelle Plafonnée à 1/6 du budget

Comment se calcule la répartition entre copropriétaires ?

La clé de répartition repose sur les tantièmes de copropriété inscrits dans le règlement de copropriété et l’état descriptif de division. Le principe est posé par l’article 10 de la loi de 1965 : chaque copropriétaire contribue aux charges en proportion de la valeur relative de son lot.

Il existe en réalité deux catégories de charges :

  • Les charges générales (conservation, entretien, administration de l’immeuble) : réparties selon les tantièmes généraux, qui tiennent compte de la superficie, de la situation et de la consistance du lot
  • Les charges spéciales (services collectifs et équipements communs) : réparties selon l’utilité objective que l’équipement présente pour chaque lot. Par exemple, un copropriétaire du rez-de-chaussée ne paie généralement pas les charges d’ascenseur

Prenons un exemple concret. Si le budget prévisionnel annuel est de 120 000 € et que votre lot représente 85 tantièmes sur un total de 10 000, votre quote-part annuelle pour les charges générales s’élève à : 120 000 × (85 / 10 000) = 1 020 €, soit 255 € par trimestre. Ce calcul simple permet de vérifier chaque appel de fonds reçu. Pour les investisseurs qui intègrent ces charges dans leur calcul de rentabilité, je détaille la méthode complète dans mon article sur l’investissement locatif à Lyon.

Calendrier et délais de paiement

La loi fixe un cadre précis que le syndic doit respecter scrupuleusement.

Pour les charges courantes, les provisions sont exigibles le premier jour de chaque trimestre civil (1er janvier, 1er avril, 1er juillet, 1er octobre), sauf si l’assemblée générale a voté une périodicité différente (mensuelle ou semestrielle). Le syndic doit adresser l’appel de fonds avant la date d’exigibilité, en laissant un délai raisonnable au copropriétaire pour s’organiser.

Réception du courrier d'appel de fonds dans le hall d'un immeuble en copropriété
Réception du courrier d’appel de fonds dans le hall d’un immeuble en copropriété

Pour les travaux votés en AG, l’échéancier est libre. En pratique, les syndics procèdent souvent ainsi :

  • 30 % à 50 % du montant appelé dès la notification du procès-verbal d’assemblée générale
  • Le solde réparti en un ou deux appels, calés sur l’avancement du chantier

Le décret du 17 mars 1967, dans son article 35-2, précise que le syndic ne peut exiger le paiement qu’après notification du procès-verbal mentionnant la résolution adoptée. En clair, aucun appel de fonds pour travaux ne peut être émis tant que le PV n’a pas été envoyé aux copropriétaires, ce qui doit intervenir dans un délai d’un mois suivant l’AG.

Appel de fonds pour gros travaux : règles spécifiques

Les travaux importants constituent souvent la première source d’inquiétude pour les copropriétaires. Ravalement de façade, réfection de toiture, remplacement de canalisations : les montants peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par lot.

Voici les règles essentielles à connaître :

  • Les travaux doivent avoir été votés en assemblée générale à la majorité requise (majorité simple de l’article 24 pour l’entretien, majorité absolue de l’article 25 pour les améliorations, double majorité de l’article 26 pour les modifications du règlement)
  • L’assemblée peut décider d’un échéancier de paiement étalant les appels sur plusieurs mois, voire plusieurs années
  • L’article 33 du décret de 1967 autorise le syndic à demander le versement de la quote-part de chaque copropriétaire avant le début effectif des travaux
  • Si les travaux votés ne sont finalement pas réalisés, les sommes appelées doivent être restituées aux copropriétaires ou affectées au fonds travaux par décision de l’AG

Sur la question des travaux non réalisés, la jurisprudence est claire : le syndic ne peut conserver indéfiniment des fonds appelés pour des travaux qui n’ont jamais démarré. Le copropriétaire peut exiger le remboursement ou la réaffectation de ces sommes, en sollicitant l’inscription de la question à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale.

Pour un ravalement de façade dans un immeuble parisien de taille moyenne (environ 30 lots), le coût total se situe généralement entre 80 000 et 200 000 €, soit 2 700 à 6 700 € par lot en moyenne. Ces montants justifient pleinement l’existence du fonds travaux obligatoire, qui permet de lisser la charge dans le temps. Si vous envisagez des travaux de rénovation plus globaux, consultez mon analyse sur le rôle d’un architecte en rénovation pour bien dimensionner votre projet.

Non-paiement d’un appel de fonds : quelles conséquences ?

C’est une question que je rencontre fréquemment : peut-on refuser de payer un appel de fonds ? La réponse est non, sauf dans des cas très encadrés.

Le copropriétaire est tenu de payer ses charges dès lors qu’elles ont été régulièrement votées en assemblée générale. Même s’il conteste une décision, il doit payer et contester ensuite par voie judiciaire (action en annulation de la décision d’AG dans un délai de deux mois suivant la notification du procès-verbal, conformément à l’article 42 de la loi de 1965).

En cas de non-paiement, la procédure suit un enchaînement bien rodé :

  1. Relance amiable : le syndic adresse un courrier simple rappelant l’échéance impayée
  2. Mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception : à compter de cette date, des intérêts de retard courent au taux légal (fixé à 3,28 % au premier semestre 2026 pour les particuliers)
  3. Déchéance du terme : l’article 19-2 de la loi de 1965 prévoit que, après mise en demeure restée infructueuse pendant 30 jours, le syndic peut exiger le paiement immédiat de toutes les provisions non encore échues de l’exercice en cours
  4. Procédure judiciaire : saisine du tribunal judiciaire pour obtenir un titre exécutoire, pouvant conduire à une saisie sur compte bancaire ou une hypothèque judiciaire sur le lot

En pratique, les frais de procédure (huissier, avocat) sont à la charge du copropriétaire défaillant, conformément à l’article 10-1 de la loi de 1965. Le montant total peut rapidement doubler la somme initialement due. Je conseille donc vivement aux copropriétaires en difficulté financière de contacter le syndic en amont pour négocier un échéancier plutôt que de laisser la situation se dégrader.

Vente d’un lot et répartition des appels de fonds

La vente d’un lot en copropriété soulève systématiquement la question de la répartition des charges entre vendeur et acquéreur. L’article 6-2 du décret du 17 mars 1967 pose le principe suivant :

  • Les provisions du budget prévisionnel sont dues par celui qui est copropriétaire à la date d’exigibilité de chaque appel. Si vous vendez le 15 février, vous devez le premier trimestre (exigible au 1er janvier) ; l’acquéreur doit le deuxième trimestre (exigible au 1er avril)
  • Les appels pour travaux exceptionnels sont dus par celui qui est copropriétaire à la date d’exigibilité de l’appel, indépendamment de la date du vote des travaux
  • Le fonds travaux est définitivement acquis au syndicat des copropriétaires : le vendeur ne peut pas en demander le remboursement, et l’acquéreur ne peut pas exiger du vendeur qu’il le rembourse

Ces règles sont d’ordre public et ne peuvent être modifiées par une clause du compromis de vente. Toutefois, vendeur et acquéreur peuvent convenir d’un prorata temporis dans l’acte de vente pour les charges courantes, ce qui est la pratique la plus courante. Pour estimer l’ensemble des frais liés à une transaction, je vous renvoie à mon guide détaillé sur les frais de notaire.

Travaux de ravalement sur un immeuble parisien financés par appel de fonds exceptionnel
Travaux de ravalement sur un immeuble parisien financés par appel de fonds exceptionnel

Copropriétaire bailleur : quelles charges récupérables sur le locataire ?

Lorsque vous mettez votre lot en location, une partie des charges de copropriété peut être récupérée auprès du locataire. Le décret du 26 août 1987 dresse la liste exhaustive des charges récupérables :

  • Entretien des parties communes (ménage, espaces verts)
  • Consommations d’eau froide et chaude, chauffage collectif
  • Entretien courant de l’ascenseur (hors grosses réparations)
  • Taxe d’enlèvement des ordures ménagères
  • Éclairage des parties communes

En revanche, les charges non récupérables restent à votre charge exclusive : honoraires du syndic, assurance de l’immeuble, provisions pour gros travaux, ravalement de façade, fonds travaux ALUR.

En pratique, les charges récupérables représentent généralement entre 60 et 75 % du montant total des charges courantes d’un lot standard. Pour une gestion optimale de vos revenus locatifs, l’articulation entre charges récupérables et fiscalité est cruciale : je détaille ce point dans mon article sur la fiscalité de la location meublée en 2026. Par ailleurs, si vous louez au mois, les règles de régularisation sont spécifiques et méritent une attention particulière, comme je l’explique dans mon guide sur la location meublée au mois.

Poste de charges Récupérable sur le locataire Part estimée du total
Eau froide / chaude collective Oui 15 à 25 %
Chauffage collectif Oui 20 à 35 %
Entretien parties communes Oui 10 à 15 %
Ascenseur (entretien courant) Oui 5 à 10 %
Honoraires syndic Non 8 à 12 %
Assurance immeuble Non 5 à 8 %
Fonds travaux ALUR Non 2,5 à 5 %
Gros travaux (ravalement, toiture) Non Variable

Combien de temps garder les appels de fonds ?

La question de la conservation des documents est moins anodine qu’il n’y paraît. En copropriété, les actions personnelles entre copropriétaires ou entre un copropriétaire et le syndicat se prescrivent par 10 ans (article 42 de la loi de 1965, modifié par l’ordonnance du 30 octobre 2019). Je recommande donc de conserver vos appels de fonds et justificatifs de paiement pendant au moins 10 ans.

Plus précisément, voici les durées de conservation que je préconise :

  • Appels de fonds trimestriels et justificatifs de paiement : 10 ans minimum
  • Décomptes de charges annuels : 10 ans minimum
  • Procès-verbaux d’assemblée générale : durée illimitée (document essentiel en cas de revente)
  • Appels et quittances liés à des gros travaux : 10 ans après la réception des travaux (garantie décennale)

Pour les investisseurs soumis au régime réel, ces documents constituent des pièces justificatives fiscales que l’administration peut réclamer pendant les trois exercices suivant celui de la déduction. Par précaution, je conseille de numériser systématiquement ces documents. Pour simuler l’impact fiscal de vos charges déductibles, je vous invite à utiliser mon simulateur de taxe foncière 2026.

Modèle d’appel de fonds et mentions obligatoires

Un appel de fonds en copropriété doit comporter un certain nombre de mentions obligatoires pour être juridiquement valide. Voici les éléments que je vérifie systématiquement :

  • Identification du syndicat des copropriétaires : nom de la copropriété, adresse, numéro d’immatriculation au registre national des copropriétés
  • Identification du copropriétaire : nom, adresse, numéro de lot
  • Nature de l’appel : provisions sur charges courantes, travaux exceptionnels ou fonds travaux
  • Période concernée : trimestre ou échéance précise
  • Base de calcul : montant du budget prévisionnel voté, tantièmes du lot, quote-part correspondante
  • Montant appelé : en chiffres et en lettres de préférence
  • Date d’exigibilité et modalités de paiement
  • Références de la décision d’AG ayant voté le budget ou les travaux

Depuis l’ordonnance du 30 octobre 2019, le syndic doit également mettre à disposition de chaque copropriétaire un extranet sécurisé permettant d’accéder aux documents de la copropriété, y compris les appels de fonds et les relevés de charges. Cette obligation concerne tous les syndics professionnels sans exception.

Si vous constatez une anomalie dans un appel de fonds (erreur de tantièmes, montant non conforme au budget voté, absence de référence à la décision d’AG), je vous conseille de contacter le syndic par écrit (courrier recommandé ou courriel avec accusé de réception) en détaillant précisément l’irrégularité constatée. Si le syndic ne rectifie pas, la question peut être soumise au conseil syndical ou portée devant le tribunal judiciaire. Pour les copropriétaires qui souhaitent changer de syndic, la mise en concurrence est désormais facilitée par la loi et constitue un levier important pour améliorer la gestion. Les investisseurs qui débutent peuvent se faire accompagner par un conseiller en investissement locatif pour bien intégrer ces charges dans leur stratégie globale.

À retenir

  • Vérifiez systématiquement que chaque appel de fonds correspond au budget voté en AG et à vos tantièmes inscrits dans le règlement de copropriété
  • Conservez tous vos justificatifs de paiement pendant au moins 10 ans, idéalement sous format numérique en complément du papier
  • En cas de difficulté financière, contactez le syndic avant l’échéance pour négocier un échelonnement plutôt que de risquer la déchéance du terme et des frais de procédure
  • Si des travaux votés n’ont pas été réalisés, exigez l’inscription du remboursement ou de la réaffectation des fonds à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale
  • Propriétaires bailleurs : distinguez clairement les charges récupérables (60 à 75 % des charges courantes) des charges non récupérables pour optimiser votre gestion locative

Questions fréquentes


Qu’est-ce qu’un appel de fonds en copropriété ?

Un appel de fonds est la demande de paiement adressée par le syndic à chaque copropriétaire pour financer les dépenses collectives de l’immeuble. Il peut s’agir de provisions sur le budget prévisionnel (charges courantes trimestrielles), d’appels pour travaux exceptionnels votés en assemblée générale, ou de cotisations au fonds travaux obligatoire. Le montant est calculé au prorata des tantièmes de chaque lot, conformément à la loi du 10 juillet 1965.


Est-il possible de ne pas payer les appels de fonds en copropriété ?

Non, le copropriétaire ne peut pas refuser de payer un appel de fonds régulièrement voté. Même en cas de contestation d’une décision d’assemblée générale, le paiement reste obligatoire : il faut d’abord payer, puis contester devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois. Le non-paiement entraîne une mise en demeure, des intérêts au taux légal, la déchéance du terme (exigibilité immédiate de toutes les provisions de l’exercice) et potentiellement une procédure judiciaire dont les frais seront à la charge du copropriétaire défaillant.


Comment se passe un appel de fonds ?

Le syndic adresse à chaque copropriétaire un document détaillant le montant dû, la période concernée, la base de calcul (tantièmes et budget voté) et la date d’exigibilité. Pour les charges courantes, l’appel est émis avant le premier jour de chaque trimestre. Le copropriétaire effectue le paiement par virement, prélèvement automatique ou chèque selon les modalités prévues. L’ensemble des documents est également consultable sur l’extranet de la copropriété.


Qu’est-ce qu’un appel de fonds provisionnel en copropriété ?

L’appel de fonds provisionnel correspond au versement anticipé d’un quart du budget prévisionnel annuel voté en assemblée générale. Il couvre les dépenses courantes prévisibles (entretien, assurance, syndic, énergie). Ces provisions sont ensuite régularisées lors de l’approbation des comptes : si les dépenses réelles sont inférieures aux provisions versées, l’excédent est reporté en crédit ; si elles sont supérieures, un complément est appelé.


Quand le syndic peut-il procéder à un appel de fonds pour travaux ?

Le syndic ne peut appeler des fonds pour travaux exceptionnels qu’après le vote de ces travaux en assemblée générale et la notification du procès-verbal aux copropriétaires. Le premier appel est exigible selon le calendrier fixé par l’AG, souvent dès la réception du PV. L’échéancier peut prévoir un versement initial de 30 à 50 % puis un ou deux soldes calés sur l’avancement du chantier.


Comment sont répartis les appels de fonds lors de la vente d’un lot ?

Les provisions de charges courantes sont dues par celui qui est copropriétaire à la date d’exigibilité de l’appel. Les appels pour travaux exceptionnels suivent la même règle. Le fonds travaux est définitivement acquis au syndicat et ne fait l’objet d’aucun remboursement au vendeur. En pratique, vendeur et acquéreur conviennent souvent d’un prorata temporis dans l’acte de vente pour les charges courantes du trimestre en cours.


Arthur Lemoine
Arthur Lemoine

Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.