Quelle est la durée du préavis en location en 2026 ?

Dans cet article

  • Le délai de préavis location standard est de 3 mois pour un logement vide et de 1 mois pour un meublé (article 15 de la loi du 6 juillet 1989)
  • En zone tendue, la durée préavis location d’un logement vide est réduite de plein droit à 1 mois depuis la loi ALUR de 2014
  • Le propriétaire bailleur doit respecter un préavis de 6 mois avant l’échéance du bail pour un logement non meublé, et de 3 mois pour un meublé
  • Plusieurs motifs légitimes permettent de réduire le préavis de 3 mois à 1 mois : mutation professionnelle, perte d’emploi, RSA, état de santé justifié par certificat médical
  • Le délai de préavis pour une location court à compter de la réception de la lettre recommandée, de la signification par acte d’huissier ou de la remise en main propre contre récépissé
  • Le non-respect des délais de préavis location expose le locataire au paiement du loyer et des charges jusqu’à la fin effective du préavis, même s’il a quitté les lieux

Je reçois chaque semaine des questions de locataires et de bailleurs qui ne savent pas exactement quelle durée de préavis location appliquer. Entre le droit commun, les exceptions légales, les zones tendues et les cas particuliers, il est facile de s’y perdre. Après avoir couvert pendant quatorze ans la réglementation locative pour Les Échos puis Challenges, je vous propose un décryptage complet et à jour du délai de préavis location en 2026, textes de loi à l’appui.

La règle générale : 3 mois ou 1 mois selon le type de bail

La durée du préavis location dépend avant tout de la nature du contrat. La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 reste le texte fondateur en matière de baux d’habitation. Son article 15 fixe le cadre suivant :

  • Location vide (non meublée) : le locataire doit respecter un délai de préavis de 3 mois.
  • Location meublée : la location durée préavis est réduite à 1 mois, conformément à l’article 25-8 de la même loi.

Ces délais s’appliquent de plein droit. Aucune clause du bail ne peut imposer au locataire un préavis plus long que ce que la loi prévoit. En revanche, le bail peut prévoir un préavis plus court, ce qui reste rare en pratique. Je précise que le locataire n’a pas à justifier sa décision de quitter le logement : le congé est un droit discrétionnaire, quel que soit le motif du départ.

Pour les locations meublées de courte durée, les règles diffèrent sensiblement puisque ces baux relèvent souvent du régime des locations saisonnières, avec des conditions spécifiques prévues au contrat.

Préavis réduit à 1 mois : les conditions légales

La loi ALUR du 24 mars 2014, puis la loi Macron du 6 août 2015, ont considérablement élargi les cas dans lesquels le délai de préavis pour une location vide passe de 3 mois à 1 mois. Voici la liste exhaustive des motifs reconnus par l’article 15-I de la loi du 6 juillet 1989 :

Motif de réduction Durée du préavis Justificatif requis
Logement situé en zone tendue 1 mois Aucun (automatique)
Mutation professionnelle 1 mois Lettre de l’employeur ou avenant au contrat
Perte d’emploi (licenciement) 1 mois Lettre de licenciement
Nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi 1 mois Contrat de travail + attestation Pôle emploi / France Travail
Bénéficiaire du RSA ou de l’AAH 1 mois Notification CAF ou MSA
État de santé justifiant un changement de domicile 1 mois Certificat médical
Attribution d’un logement social (HLM) 1 mois Décision d’attribution
Locataire âgé de plus de 60 ans dont l’état de santé justifie un changement 1 mois Certificat médical

Je tiens à souligner un point que je constate régulièrement mal compris : le motif doit être mentionné dans la lettre de congé. Si vous invoquez une mutation professionnelle mais que votre lettre recommandée ne le précise pas, le bailleur est en droit de considérer que le délais de préavis location reste de 3 mois. Le justificatif doit être joint à la lettre ou transmis sans délai.

La nouvelle loi sur la location meublée de 2026 n’a pas modifié ces dispositions pour les baux vides, mais elle a renforcé certaines obligations déclaratives pour les meublés touristiques.

Zone tendue et durée du préavis en location

Le dispositif des zones tendues est l’un des motifs les plus fréquemment invoqués pour bénéficier d’un préavis location durée réduite. Depuis la loi ALUR, tout locataire d’un logement vide situé dans une commune classée en zone tendue bénéficie automatiquement d’un préavis d’un mois, sans avoir à fournir le moindre justificatif.

La liste des communes en zone tendue est fixée par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, modifié à plusieurs reprises. En 2026, cette liste comprend plus de 1 100 communes réparties dans 28 agglomérations de plus de 50 000 habitants. Parmi les principales :

  • Paris et toute l’Île-de-France (la quasi-totalité des communes)
  • Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier
  • Lille, Nantes, Nice, Strasbourg, Rennes
  • Grenoble, Toulon, Ajaccio, Bastia, Annecy

Pour vérifier si votre commune est concernée, je vous recommande de consulter le simulateur officiel de service-public.fr qui intègre la liste actualisée. Si votre commune figure dans la liste, vous n’avez rien à justifier : la durée de préavis location est d’un mois de plein droit.

Je rappelle que ce mécanisme concerne uniquement le congé donné par le locataire. Le préavis bail location propriétaire reste de 6 mois pour un logement vide, y compris en zone tendue.

Pour les marchés locaux, je vous invite à consulter mes analyses sur les prix immobiliers à Paris selon les notaires ou les prix immobiliers à Rennes, qui illustrent bien la tension locative dans ces agglomérations.

Le préavis du propriétaire bailleur : 6 mois ou 3 mois

Le préavis bail location propriétaire obéit à des règles plus strictes. Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, et pour l’un des trois motifs limitativement prévus par la loi :

  • Reprise pour habiter : le propriétaire souhaite occuper le logement lui-même ou y loger un proche (conjoint, ascendant, descendant)
  • Vente du logement : le congé vaut alors offre de vente au locataire, qui dispose d’un droit de préemption
  • Motif légitime et sérieux : manquements graves du locataire à ses obligations (impayés répétés, troubles de voisinage, défaut d’assurance)

Type de bail Préavis du locataire Préavis du propriétaire
Location vide (hors zone tendue) 3 mois 6 mois avant échéance
Location vide (zone tendue) 1 mois 6 mois avant échéance
Location meublée 1 mois 3 mois avant échéance
Logement social (HLM) 1 à 2 mois Variable selon organisme

Le congé du bailleur doit impérativement mentionner le motif invoqué, sous peine de nullité. Pour une vente, le prix et les conditions doivent figurer dans le courrier. J’ai vu de nombreux bailleurs se faire débouter devant le tribunal d’instance pour avoir omis ces mentions obligatoires.

Si vous êtes propriétaire et que vous confiez la gestion de votre bien à un professionnel, la question du préavis fait partie des points couverts par le mandat de gestion. Mes analyses sur la gestion locative à Bordeaux ou la gestion locative à Lyon détaillent les services proposés par les agences sur ce volet.

Comment calculer le délai de préavis en location

Le calcul du délai de préavis location est une source fréquente d’erreurs. Voici la méthode exacte, telle que la jurisprudence l’a fixée :

Point de départ : le préavis court à compter du jour de la réception effective de la lettre recommandée avec accusé de réception par le bailleur (ou par le locataire, si c’est le bailleur qui donne congé). En cas de remise en main propre, c’est la date de la remise contre récépissé ou émargement. En cas de signification par acte de commissaire de justice (anciennement huissier), c’est la date de signification.

Calcul de la date de fin : le délai se calcule de date à date. Concrètement :

  • Si le bailleur reçoit la lettre le 15 mars 2026 et que le préavis est de 3 mois, le préavis expire le 15 juin 2026.
  • Si la réception a lieu le 15 mars 2026 et que le préavis est de 1 mois, le préavis expire le 15 avril 2026.
  • Si le mois d’expiration ne comporte pas le quantième du point de départ (par exemple, préavis partant du 31 janvier), le préavis expire le dernier jour du mois concerné (28 ou 29 février).

Fin du préavis un week-end ou un jour férié : contrairement à certaines idées reçues, le report au jour ouvrable suivant ne s’applique pas systématiquement en matière de bail d’habitation. La Cour de cassation considère que le délai expire à la date calculée, même si c’est un samedi, un dimanche ou un jour férié.

Pendant toute la durée de préavis location, le locataire reste tenu de payer le loyer et les charges. Si le logement est reloué avant la fin du préavis et que le nouveau locataire emménage, le locataire sortant n’est redevable du loyer que jusqu’à la date d’entrée du nouveau locataire. C’est une disposition protectrice prévue à l’article 15-I alinéa 3 de la loi de 1989.

Les formalités de la lettre de congé

La validité du congé dépend du respect de conditions de forme précises. Je vous les résume point par point :

Modes de notification valables :

  • Lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR)
  • Acte de commissaire de justice (huissier)
  • Remise en main propre contre récépissé ou émargement

Mentions obligatoires dans la lettre du locataire :

  • Identité du locataire et adresse du logement
  • Date à laquelle le congé prend effet
  • Si le locataire invoque un préavis réduit : le motif et le justificatif correspondant

Mentions obligatoires dans la lettre du bailleur (plus strictes) :

  • Le motif du congé (reprise, vente ou motif légitime et sérieux)
  • En cas de reprise : l’identité du bénéficiaire et la nature du lien avec le bailleur
  • En cas de vente : le prix et les conditions de la vente, constituant une offre de vente au profit du locataire
  • La reproduction intégrale de l’article 15 de la loi de 1989
  • La notice d’information relative aux droits et obligations du locataire (depuis la loi ALUR)

Un modèle de préavis logement bien rédigé doit intégrer toutes ces mentions. Je déconseille les modèles trouvés sur des sites non spécialisés, qui omettent souvent les références légales actualisées. Privilégiez les modèles proposés par l’ANIL (Agence nationale pour l’information sur le logement), qui sont systématiquement à jour.

J’insiste sur un point : en cas de colocation, chaque colocataire peut donner congé individuellement. Le préavis ne concerne alors que le colocataire sortant, et le bail se poursuit avec les colocataires restants. Pour les questions de dépôt de garantie, la restitution ne sera due qu’au départ du dernier colocataire, sauf clause contraire du bail.

Cas particuliers : logement social, colocation, décès

Plusieurs situations méritent un traitement spécifique, car les règles de durée de préavis location s’y appliquent différemment.

Préavis pour quitter un logement social : dans le parc HLM, le délai de préavis est généralement fixé à 1 mois par les conventions APL. Certains organismes prévoient un préavis de 2 mois dans leur règlement intérieur. Je recommande de vérifier directement auprès de votre bailleur social, car les conventions locales peuvent varier. En tout état de cause, le préavis ne peut jamais dépasser celui du droit commun (3 mois pour un logement vide).

Décès du locataire : le bail n’est pas automatiquement résilié par le décès du locataire. Le contrat se transmet aux héritiers ou au conjoint survivant conformément à l’article 14 de la loi de 1989. Si les ayants droit souhaitent résilier, ils doivent donner congé dans les conditions habituelles, avec le délai de préavis classique.

Violences conjugales : depuis la loi du 28 décembre 2019, la victime de violences au sein du couple, titulaire d’une ordonnance de protection, bénéficie d’un préavis réduit à 1 mois, sans condition de zone tendue.

Bail mobilité : ce contrat, créé par la loi ELAN de 2018, a une durée de 1 à 10 mois et ne se reconduit pas. Le locataire peut donner congé à tout moment avec un préavis d’1 mois. Le bailleur, lui, ne peut pas donner congé avant le terme prévu.

Pour les locataires en meublé longue durée, la fiscalité applicable en 2026 peut influencer la décision de quitter ou de prolonger un bail, notamment en raison des évolutions du régime LMNP.

Conseils pratiques pour sécuriser votre préavis

Fort de mes années d’analyse du contentieux locatif, je vous livre les recommandations que je formule systématiquement à mes lecteurs :

1. Envoyez votre LRAR le plus tôt possible. Le délai court à compter de la réception, pas de l’envoi. Comptez 2 à 3 jours ouvrés de délai postal. Si le bailleur ne retire pas le recommandé, le préavis court à compter de la date de première présentation par le facteur, conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation (Civ. 3e, 22 mars 2006).

2. Conservez une copie de tout. Gardez la preuve d’envoi, l’accusé de réception, la copie de la lettre et des pièces justificatives. En cas de litige, la charge de la preuve pèse sur celui qui invoque le congé.

3. Vérifiez votre éligibilité au préavis réduit avant d’envoyer le congé. Si vous invoquez un motif erroné ou sans justificatif, le bailleur pourra exiger le paiement du loyer pendant les deux mois supplémentaires. J’ai vu des locataires persuadés d’être en zone tendue alors que leur commune ne figurait pas dans le décret.

4. Planifiez l’état des lieux de sortie. La loi impose qu’il soit réalisé de manière contradictoire, en présence du locataire et du bailleur (ou de leurs représentants). Pour éviter les litiges sur le dépôt de garantie, je recommande de documenter l’état du logement par des photos datées.

5. Anticipez les questions de dépôt de garantie. Le bailleur dispose d’un délai de 1 mois pour restituer le dépôt de garantie si l’état des lieux de sortie est conforme à l’entrée, et de 2 mois en cas de différence. Des pénalités de retard de 10 % du loyer mensuel par mois de retard sont prévues par la loi.

Concernant la trêve hivernale, je précise qu’elle n’affecte pas le préavis du locataire. Vous pouvez donner congé et quitter votre logement à tout moment de l’année. La trêve hivernale protège uniquement contre les expulsions ordonnées par un juge.

Enfin, si vous êtes propriétaire bailleur et que vous gérez vous-même votre bien, la rédaction du congé est un acte juridique qui mérite une attention particulière. Un modèle de préavis logement conforme aux textes en vigueur vous évitera bien des déconvenues. Pour les propriétaires passant par une agence, les agences de gestion locative prennent en charge l’intégralité de ces formalités.

À retenir

  • Vérifiez si votre commune est en zone tendue sur le simulateur de service-public.fr avant de rédiger votre lettre de congé : cela conditionne un préavis de 1 mois au lieu de 3
  • Mentionnez systématiquement le motif de réduction du préavis dans la lettre recommandée et joignez le justificatif, faute de quoi le préavis de 3 mois s’appliquera
  • Calculez votre date de fin de préavis de date à date à partir de la réception du recommandé, pas de son envoi
  • Conservez l’accusé de réception et une copie de la lettre : en cas de litige, la preuve de notification est déterminante
  • Anticipez l’état des lieux de sortie et la restitution du dépôt de garantie (1 mois si conforme, 2 mois si écart constaté)

Questions fréquentes


Quelle loi pour un préavis de 1 mois ?

Le préavis de 1 mois est prévu par l’article 15-I de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, modifié par la loi ALUR du 24 mars 2014. Cette loi a instauré le préavis réduit de plein droit en zone tendue et a étendu les motifs personnels ouvrant droit au préavis d’un mois (mutation, perte d’emploi, RSA, AAH, état de santé). Pour les meublés, l’article 25-8 de la même loi fixe le préavis à 1 mois quelle que soit la localisation du logement.

Comment réduire le préavis de 3 mois à 1 mois ?

Vous devez justifier d’un motif légal reconnu par l’article 15-I de la loi de 1989 : résidence en zone tendue, mutation professionnelle, licenciement, nouvel emploi après perte d’emploi, perception du RSA ou de l’AAH, état de santé nécessitant un changement de domicile (certificat médical), attribution d’un logement social, ou ordonnance de protection pour violences conjugales. Le motif et le justificatif doivent impérativement figurer dans ou être joints à la lettre de congé.

Quel est le délai de préavis obligatoire pour un locataire ?

Le délai de préavis obligatoire est de 3 mois pour une location vide (non meublée) hors zone tendue et sans motif de réduction. Il est de 1 mois pour une location meublée, pour un logement vide en zone tendue, ou lorsque le locataire justifie d’un motif légal de réduction (mutation, licenciement, RSA, AAH, état de santé). Pour un bail mobilité, le préavis est également d’1 mois.

Quelle est la durée du préavis pour la résiliation d’un bail ?

La durée dépend de qui donne congé. Côté locataire : 3 mois pour un logement vide (1 mois en zone tendue ou motif légal), 1 mois pour un meublé. Côté propriétaire : 6 mois avant l’échéance du bail pour un logement vide, 3 mois pour un meublé. Le bailleur doit en outre justifier d’un motif légal (reprise, vente ou motif légitime et sérieux) et reproduire l’article 15 de la loi de 1989 dans sa lettre.

Comment compter les 2 mois de préavis en logement social ?

Dans le parc HLM, le préavis est généralement de 1 mois, parfois de 2 mois selon la convention APL applicable. Le décompte se fait de date à date à partir de la réception de la lettre recommandée. Si le bailleur social reçoit votre LRAR le 10 du mois, un préavis de 2 mois expire le 10 du surlendemain de mois. Si ce jour n’existe pas dans le mois d’échéance, le préavis expire le dernier jour de ce mois.

Peut-on quitter un logement sans préavis en cas d’insalubrité ?

Non, la loi ne prévoit pas d’exonération totale de préavis pour insalubrité. Le locataire doit suivre la procédure normale de congé. En revanche, si le logement présente un danger pour la santé ou la sécurité, le locataire peut saisir le tribunal pour obtenir une résiliation judiciaire du bail ou demander au préfet de prendre un arrêté de péril ou d’insalubrité. Dans ce cas, le loyer peut être suspendu et le locataire relogé, mais cela passe par une procédure administrative ou judiciaire, pas par un simple congé.


Arthur Lemoine
Arthur Lemoine

Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.