Dans cet article
- L’état des lieux simplifié est un document contractuel obligatoire depuis la loi Alur du 24 mars 2014, qui décrit l’état du logement pièce par pièce à l’entrée et à la sortie du locataire
- Un formulaire simplifié tient généralement sur 2 à 4 pages, contre 8 à 15 pages pour un état des lieux détaillé, tout en respectant les mêmes exigences légales du décret n° 2016-382 du 30 mars 2016
- En l’absence d’état des lieux d’entrée, le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état (article 1731 du Code civil) : c’est un risque majeur pour le bailleur
- Le locataire dispose d’un délai de 10 jours après la signature pour demander la modification de l’état des lieux d’entrée, et d’un mois supplémentaire pour le chauffage
- Le coût d’un état des lieux réalisé par un commissaire de justice (ex-huissier) est plafonné à 3 € TTC par m² de surface habitable, partagé entre bailleur et locataire
- Les retenues sur le dépôt de garantie doivent s’appuyer sur la comparaison entre l’état des lieux d’entrée et celui de sortie, en tenant compte de la vétusté
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un état des lieux simplifié ?
- Le cadre légal : ce que dit la loi Alur et le décret de 2016
- Les 5 points essentiels d’un état des lieux simplifié
- Comment rédiger un état des lieux simplifié étape par étape
- Les mentions obligatoires à ne jamais oublier
- État des lieux simplifié ou détaillé : tableau comparatif
- Les pièges à éviter lors de l’état des lieux
- Modèle d’état des lieux simplifié : PDF, Word ou formulaire en ligne
En quatorze ans de chronique immobilière, j’ai vu des dizaines de litiges locatifs exploser pour un motif récurrent : un état des lieux bâclé, incomplet ou tout simplement absent. Le sujet peut sembler administratif, voire rébarbatif. Pourtant, l’état des lieux simplifié est la première ligne de défense du bailleur comme du locataire. Mal rédigé, il ouvre la porte à des retenues abusives sur le dépôt de garantie ou, à l’inverse, à l’impossibilité pour le propriétaire de faire valoir ses droits. Bien construit, il protège les deux parties et fluidifie la restitution du logement.
Je vous propose ici un décryptage complet : cadre légal, méthode de rédaction, mentions obligatoires, pièges classiques et modèles à télécharger. L’objectif est clair : vous permettre de produire un document conforme, efficace et opposable, sans y passer trois heures.
Qu’est-ce qu’un état des lieux simplifié ?
L’état des lieux simplifié est un document écrit qui décrit l’état d’un logement loué au moment de la remise des clés (entrée) et de leur restitution (sortie). Il se distingue de la version « détaillée » par sa concision : là où un état des lieux exhaustif recense chaque élément (prises électriques, joints, poignées), la version simplifiée regroupe les observations par pièce et par grande catégorie (sols, murs, plafonds, menuiseries, équipements).
Attention, « simplifié » ne signifie pas « facultatif » ni « au rabais ». Le document doit respecter exactement les mêmes exigences légales que sa version longue. La simplification porte sur la granularité de la description, pas sur les mentions obligatoires. Un état des lieux simplifié bien rédigé tient sur 2 à 4 pages pour un T2 ou T3 standard, contre parfois plus de 10 pages en version détaillée.
Ce format est particulièrement adapté aux petites surfaces (studios, T1) et aux logements récents dont l’état général est homogène. Pour un bien ancien avec des spécificités (parquet d’époque, cheminée, moulures), je recommande plutôt un état des lieux détaillé qui permettra de mieux documenter les éléments sensibles.
Le cadre légal : ce que dit la loi Alur et le décret de 2016
Avant la loi Alur du 24 mars 2014, l’état des lieux existait déjà dans la loi du 6 juillet 1989 (article 3-2), mais son contenu n’était pas formalisé. La loi Alur a renforcé l’obligation et renvoyé les modalités à un décret d’application.
C’est le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 qui fixe le contenu minimal de l’état des lieux. Ce texte s’applique à tous les baux d’habitation relevant de la loi du 6 juillet 1989, que le logement soit loué vide ou meublé. Il impose notamment :
- La mention du type d’état des lieux (entrée ou sortie)
- La date de réalisation
- La localisation du logement
- Le nom des parties (ou de leurs mandataires)
- Les relevés de compteurs individuels (eau, gaz, électricité)
- Le détail et la destination des clés ou dispositifs d’accès
- La description précise de l’état de chaque pièce et partie du logement
- La signature des parties
L’article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par Alur, précise que l’état des lieux est établi de manière contradictoire et amiable. Les deux parties (ou leurs représentants) doivent être présentes. Si l’une des parties refuse de le signer, l’autre peut faire appel à un commissaire de justice (anciennement huissier), dont le coût est alors partagé par moitié.
Point crucial que je rappelle systématiquement : en l’absence d’état des lieux d’entrée, l’article 1731 du Code civil présume que le locataire a reçu le logement en bon état. Cela signifie que le bailleur pourra imputer au locataire toutes les dégradations constatées à la sortie, sauf si le locataire prouve le contraire. C’est une épée à double tranchant : le bailleur qui oublie l’état des lieux d’entrée se prive aussi de toute preuve de l’état initial.

Les 5 points essentiels d’un état des lieux simplifié
Après avoir analysé des centaines de documents et suivi de nombreux litiges jusqu’en commission départementale de conciliation, j’ai identifié les cinq points qui font la différence entre un état des lieux utile et un formulaire inutilisable.
1. La description pièce par pièce avec un vocabulaire normalisé
Chaque pièce doit être décrite séparément. Pour chaque élément (sols, murs, plafonds, menuiseries, équipements), utilisez une échelle d’état standardisée : « neuf », « bon état », « état d’usage », « mauvais état ». Évitez les appréciations vagues comme « correct » ou « moyen » qui n’ont aucune valeur juridique précise. Si un défaut est localisé, précisez sa position : « rayure de 15 cm sur le parquet, à 50 cm de la porte d’entrée ».
2. Les relevés de compteurs
C’est l’une des mentions obligatoires les plus souvent oubliées dans les formulaires simplifiés. Relevez tous les compteurs individuels : électricité (index heures pleines et heures creuses), gaz, eau froide, eau chaude si compteur séparé. Notez les numéros de série des compteurs. Ces données permettent de solder proprement les consommations et d’éviter les contestations ultérieures.
3. L’inventaire précis des clés et dispositifs d’accès
Listez chaque clé, badge, télécommande ou bip remis au locataire, en précisant leur destination (porte d’entrée, boîte aux lettres, cave, portail, garage). Au-delà de l’obligation légale, c’est une protection directe : une clé non restituée à la sortie justifie une retenue sur le dépôt de garantie correspondant au coût de remplacement de la serrure.
4. Les photographies datées
Le décret de 2016 ne les rend pas formellement obligatoires, mais je considère qu’elles sont indispensables. Prenez au minimum une photo par pièce (vue d’ensemble) et une photo de chaque défaut constaté. Horodatez-les. En cas de litige devant la commission départementale de conciliation ou le tribunal, un cliché vaut mieux qu’une ligne de texte. Annexez-les au document signé ou, mieux, intégrez-les directement dans le formulaire si le format le permet.
5. La grille de vétusté
Depuis la loi Alur, les parties peuvent convenir d’appliquer une grille de vétusté dès l’entrée dans les lieux. Cette grille, souvent issue d’accords collectifs locaux, définit une durée de vie théorique pour chaque élément (par exemple 7 ans pour une peinture, 15 ans pour une moquette) et un coefficient d’abattement annuel. Son avantage est considérable : elle objective les retenues à la sortie et réduit drastiquement les litiges. Si vous gérez un bien en colocation à Metz ou en colocation à Amiens, où le turnover est fréquent, la grille de vétusté est un outil de gestion essentiel.
Comment rédiger un état des lieux simplifié étape par étape
Voici la méthode que j’utilise et que je recommande, que vous soyez bailleur particulier ou locataire soucieux de vos droits.
Étape 1 : Préparer le formulaire en amont. Téléchargez ou imprimez votre modèle d’état des lieux simplifié (PDF ou Word) avant le rendez-vous. Pré-remplissez les informations administratives : adresse du logement, identité des parties, date du bail, numéro du lot. Cela vous fera gagner un temps précieux le jour J.
Étape 2 : Procéder pièce par pièce. Commencez par l’entrée, puis parcourez chaque pièce dans un ordre logique (séjour, cuisine, chambres, salle de bains, WC, dégagements). Pour chaque pièce, inspectez systématiquement : sols, murs, plafonds, menuiseries (fenêtres, portes, volets), équipements (radiateurs, prises, interrupteurs, robinetterie). Notez l’état sur votre grille normalisée.
Étape 3 : Tester les équipements. Ouvrez et fermez chaque fenêtre, chaque volet. Faites couler l’eau chaude et l’eau froide. Testez les plaques de cuisson, le four, la VMC. Actionnez chaque interrupteur. En location saisonnière, cette étape est encore plus critique car le locataire ne restera que quelques jours et n’aura pas le temps de signaler un dysfonctionnement tardivement.
Étape 4 : Relever les compteurs. Notez les index avec précision. Photographiez les cadrans si les chiffres sont difficiles à lire.
Étape 5 : Compter et lister les clés. Vérifiez que chaque clé ouvre bien la serrure correspondante.
Étape 6 : Photographier. Prenez vos clichés en lumière naturelle, de préférence en journée. Une photo prise dans la pénombre ne prouve rien.
Étape 7 : Relire et signer. Les deux parties relisent l’intégralité du document, puis signent chaque page. Chacune reçoit un exemplaire original (ou une copie numérique signée). Le bailleur doit remettre son exemplaire au locataire par lettre recommandée ou par voie dématérialisée dans un délai raisonnable si le document n’a pas été finalisé sur place.

Les mentions obligatoires à ne jamais oublier
Le décret du 30 mars 2016 liste les mentions sans lesquelles l’état des lieux peut être contesté. Voici le récapitulatif que je garde toujours sous la main :
- Type d’état des lieux : entrée ou sortie (la mention doit figurer en en-tête)
- Date de réalisation
- Adresse complète du logement (numéro, rue, étage, porte, code postal, ville)
- Identité complète de chaque partie : nom, prénom, domicile (ou siège social pour une personne morale)
- Le cas échéant, nom et domicile du mandataire de chaque partie
- Relevés des compteurs individuels d’énergie et d’eau
- Détail et destination des clés ou de tout autre dispositif d’accès
- Pour chaque pièce : description de l’état des revêtements (sols, murs, plafonds) et des équipements
- Signature de chaque partie ou mandataire
À la sortie, le document doit également mentionner la nouvelle adresse du locataire (pour la restitution du dépôt de garantie) et la date de réalisation du dernier état des lieux d’entrée. Si une grille de vétusté a été convenue, elle doit être annexée.
Je précise un point souvent négligé : l’état des lieux de sortie doit être réalisé dans des conditions d’éclairage suffisantes. L’administration rappelle sur service-public.fr que le document peut être contesté s’il a été établi dans des conditions ne permettant pas un examen correct du logement.
État des lieux simplifié ou détaillé : tableau comparatif
Pour vous aider à choisir le format le plus adapté à votre situation, voici un comparatif synthétique. J’utilise moi-même cette grille lorsque je conseille des bailleurs sur la gestion de leurs biens, notamment ceux qui investissent en LMNP ancien et gèrent plusieurs lots.
| Critère | État des lieux simplifié | État des lieux détaillé |
|---|---|---|
| Nombre de pages | 2 à 4 pages | 8 à 15 pages |
| Niveau de description | Par pièce et par catégorie (sols, murs, plafonds) | Élément par élément (chaque prise, chaque joint) |
| Durée de réalisation | 20 à 40 minutes | 45 minutes à 1 h 30 |
| Valeur juridique | Identique (si mentions obligatoires respectées) | Identique |
| Idéal pour | Studios, T1-T2, logements récents | Grands logements, biens anciens, logements meublés haut de gamme |
| Photographies | Recommandées (1 par pièce + défauts) | Fortement recommandées (détail de chaque anomalie) |
| Grille de vétusté | Optionnelle mais conseillée | Optionnelle mais conseillée |
| Formats disponibles | PDF, Word, formulaire en ligne | PDF, Word, logiciel spécialisé |
Quel que soit le format choisi, la conformité au décret de 2016 est non négociable. Un état des lieux simplifié qui contient toutes les mentions obligatoires a exactement la même force juridique qu’un document de 15 pages. La différence se joue sur la précision des descriptions, qui peut s’avérer décisive en cas de litige portant sur un élément spécifique.
Les pièges à éviter lors de l’état des lieux
Voici les erreurs que je rencontre le plus fréquemment, tant chez les bailleurs que chez les locataires.
Réaliser l’état des lieux dans un logement vide de meubles mais pas nettoyé
Un logement encombré ou sale empêche d’inspecter correctement les revêtements. Exigez que le bien soit vidé et nettoyé avant la visite d’état des lieux, que ce soit à l’entrée ou à la sortie. C’est une condition de validité pratique, même si le texte ne l’impose pas formellement.
Ne pas tester les équipements
Un robinet qui ne fuit pas au repos peut fuir sous pression. Un volet roulant peut paraître en bon état mais être bloqué à mi-course. Testez tout, y compris les détecteurs de fumée obligatoires depuis le 8 mars 2015. Si vous louez un bien soumis aux diagnostics obligatoires en 2026, vérifiez aussi que ces documents sont bien annexés au bail.
Signer sous pression temporelle
Certains bailleurs ou agents immobiliers pressent le locataire de signer en 10 minutes pour enchaîner les rendez-vous. C’est une erreur. Prenez le temps nécessaire. Rappelez que le locataire dispose ensuite de 10 jours pour demander des modifications par lettre recommandée (article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989), mais il est toujours préférable de noter les observations le jour même.
Omettre les parties communes à usage privatif
Cave, parking, jardin privatif, balcon, terrasse : ces annexes doivent figurer dans l’état des lieux. C’est un oubli classique dans les formulaires simplifiés qui ne prévoient pas toujours de case dédiée. Ajoutez une section manuscrite si nécessaire.

Confondre usure normale et dégradation
La vétusté (usure liée au temps et à l’usage normal) n’est pas imputable au locataire. Une peinture qui jaunit après 8 ans est de l’usure normale. Un trou dans le mur, non. La grille de vétusté, si elle a été convenue, tranche ces questions objectivement. Sans grille, c’est souvent source de conflit. Pour les propriétaires qui souhaitent négocier un bien en 2026, intégrer la notion de vétusté dans la gestion locative est un réflexe à acquérir dès l’achat.
Ne pas conserver le document
L’état des lieux doit être conservé pendant toute la durée du bail et au moins un an après la sortie du locataire. En pratique, je recommande de le garder cinq ans, durée de la prescription civile de droit commun (article 2224 du Code civil). Numérisez-le et stockez-le dans un espace sécurisé.
Modèle d’état des lieux simplifié : PDF, Word ou formulaire en ligne
Plusieurs formats sont disponibles pour réaliser votre état des lieux simplifié. Chacun a ses avantages.
Le formulaire PDF est le format le plus répandu. Il se télécharge, s’imprime et se remplit à la main. Son avantage : il est figé, ce qui empêche les modifications a posteriori une fois signé. Son inconvénient : il faut écrire lisiblement, et les corrections sont parfois difficiles à intégrer proprement. C’est le format que je recommande pour un état des lieux simplifié PDF classique entre particuliers.
Le modèle Word offre plus de souplesse. Vous pouvez le personnaliser, ajouter des lignes pour les pièces supplémentaires, intégrer directement les photos. Attention cependant : un fichier Word modifiable peut être altéré après signature. Si vous optez pour ce format, convertissez le document finalisé en PDF avant de l’envoyer aux parties, ou utilisez une signature électronique certifiée.
Les formulaires en ligne (applications et plateformes spécialisées) constituent la solution la plus moderne. Ils permettent de remplir l’état des lieux sur tablette ou smartphone, d’intégrer les photos directement, de générer un PDF horodaté et parfois même de comparer automatiquement l’entrée et la sortie. Certaines applications sont gratuites, d’autres facturent entre 3 et 10 € par état des lieux.
Quel que soit le support choisi, vérifiez que le modèle est conforme au décret du 30 mars 2016. Certains formulaires simplifiés gratuits omettent les relevés de compteurs ou l’inventaire des clés. Un état des lieux incomplet, c’est un état des lieux contestable.
Pour les bailleurs qui gèrent plusieurs lots, notamment en LMNP ou via des SCPI en usufruit, l’investissement dans une solution numérique se rentabilise rapidement en temps gagné et en sécurité juridique.
Enfin, n’oubliez pas que si l’état des lieux ne peut être établi à l’amiable, le recours au commissaire de justice reste possible. Son tarif est réglementé : 3 € TTC par m² de surface habitable, avec un minimum de 156,25 € HT. La charge est partagée à parts égales entre bailleur et locataire, conformément à l’article 5 du décret du 30 mars 2016.
À retenir
- Utilisez une échelle d’état normalisée (neuf, bon état, état d’usage, mauvais état) pour chaque élément décrit : c’est ce vocabulaire qui fait foi en cas de litige
- Relevez systématiquement tous les compteurs individuels et photographiez les cadrans pour éviter toute contestation sur les consommations
- Convenez d’une grille de vétusté dès la signature du bail : elle objective les retenues à la sortie et divise par deux le risque de conflit
- Conservez l’état des lieux au moins cinq ans après la fin du bail (prescription civile, article 2224 du Code civil)
- Le locataire dispose de 10 jours après la remise du document pour demander des modifications : ne signez pas sous pression, mais n’attendez pas non plus le dernier moment
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un état des lieux simplifié ?
L’état des lieux simplifié est un document contractuel qui décrit l’état d’un logement loué pièce par pièce, en regroupant les observations par grandes catégories (sols, murs, plafonds, équipements). Il tient généralement sur 2 à 4 pages et possède la même valeur juridique qu’un état des lieux détaillé, à condition de respecter les mentions obligatoires fixées par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016.
Préparez votre formulaire en amont, puis procédez pièce par pièce en inspectant sols, murs, plafonds, menuiseries et équipements. Utilisez une échelle d’état normalisée. Relevez les compteurs, listez les clés remises, prenez des photos datées, puis faites signer le document par les deux parties. Chacune doit recevoir un exemplaire original.Comment rédiger un état des lieux ?
Vous pouvez écrire un état des lieux à la main sur un formulaire imprimé ou le remplir numériquement sur tablette. L’essentiel est d’utiliser un vocabulaire précis (« rayure de 10 cm sur le parquet du séjour » plutôt que « quelques traces au sol »), de couvrir chaque pièce et annexe du logement, et d’inclure toutes les mentions imposées par le décret de 2016 : identité des parties, adresse, date, relevés de compteurs, clés et signatures.Comment écrire un état des lieux ?
Les pièges les plus courants sont : signer l’état des lieux sous pression temporelle, omettre les parties annexes (cave, parking, balcon), ne pas tester les équipements, confondre usure normale et dégradation, et ne pas conserver le document suffisamment longtemps. Vérifiez aussi que tous les diagnostics obligatoires sont bien annexés au bail avant de signer.Quels sont les pièges à éviter lors de la signature du bail ?
Oui, le locataire dispose d’un délai de 10 jours après la signature pour demander la modification de l’état des lieux d’entrée par lettre recommandée avec accusé de réception (article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989). Pour les éléments de chauffage, ce délai est étendu au premier mois de la période de chauffe. En revanche, une fois ce délai passé, le document est considéré comme définitif.Peut-on modifier un état des lieux après signature ?
Le tarif d’un état des lieux réalisé par un commissaire de justice (ex-huissier) est plafonné à 3 € TTC par m² de surface habitable. Pour un appartement de 50 m², cela représente environ 150 €. La charge est partagée à parts égales entre le bailleur et le locataire. Des frais d’envoi de courrier (environ 18 €) peuvent s’y ajouter.Combien coûte un état des lieux réalisé par un commissaire de justice ?
Oui, l’état des lieux est obligatoire pour toute location relevant de la loi du 6 juillet 1989, qu’il s’agisse d’un logement vide ou meublé. Pour un meublé, il doit être complété par un inventaire détaillé du mobilier et des équipements fournis, avec leur état. Cet inventaire est distinct de l’état des lieux mais doit y être annexé ou réalisé simultanément.L’état des lieux est-il obligatoire pour une location meublée ?
Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.