Résidence secondaire : la carte des régions où la valeur tient et où elle glisse

Dans cet article

  • Le parc de résidences secondaires en France représente 3,7 millions de logements soit 9,8 % du parc total (INSEE, bilan au 1ᵉʳ janvier 2026)
  • Les littoraux atlantique et méditerranéen affichent des écarts de prix pouvant atteindre +12 à +18 % entre communes prisées et bourgs situés à 20 km, selon les données Notaires de France T4 2025
  • En montagne, les stations d’altitude supérieure à 1 800 m conservent une progression annuelle de +2,5 à +4,1 %, tandis que la moyenne montagne recule de 1 à 3 % (Observatoire de l’immobilier de montagne, bilan 2025)
  • La surtaxe de taxe d’habitation sur les résidences secondaires, étendue à plus de 3 700 communes depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, pèse désormais entre 5 et 60 % du montant de base (article 1407 ter du CGI)
  • Le délai moyen de vente d’une résidence secondaire est passé de 68 à 97 jours entre le T1 2024 et le T1 2026, signe d’un rééquilibrage du rapport de force acheteur-vendeur
  • Les régions rurales du centre (Creuse, Cantal, Nièvre) enregistrent des baisses cumulées de 6 à 11 % sur trois ans, mais offrent des prix d’entrée sous 1 200 € / m²

Je suis le marché de la résidence secondaire depuis plus de quatorze ans, et rarement la carte de France n’a présenté des écarts aussi marqués qu’en ce printemps 2026. Il y a des micro-marchés où un bien se vend en trois semaines au prix affiché, et d’autres où les annonces s’accumulent sans la moindre visite pendant quatre mois. L’objet de cette analyse est de poser sur la table les chiffres officiels, région par région, pour distinguer les zones où la valeur tient, celles où elle progresse encore, et celles où elle glisse sans bruit. Pas de discours commercial : des données, des fourchettes et des recommandations concrètes.

État des lieux du parc de résidences secondaires en 2026

Selon l’INSEE (enquête Logement, données actualisées au 1ᵉʳ janvier 2026), la France compte 3,7 millions de résidences secondaires, soit 9,8 % du parc total de logements. Ce ratio place la France au deuxième rang européen, derrière l’Espagne (14,6 %) et devant l’Italie (7,2 %). Trois grandes zones concentrent 62 % de ce parc : le littoral (31 %), la montagne (17 %) et la campagne du grand quart sud-ouest (14 %).

Le volume de transactions sur les résidences secondaires a reculé de 9,2 % entre 2024 et 2025 (source : Notaires de France, note de conjoncture février 2026), un repli plus marqué que celui du marché résidentiel principal (−5,8 % sur la même période). Ce décalage s’explique par la nature du bien : une résidence secondaire est un achat de confort, non de nécessité. Quand les taux remontent ou que la fiscalité se durcit, c’est le premier poste que les ménages arbitrent. J’observe toutefois que ce recul global masque des réalités très hétérogènes, et c’est précisément cette hétérogénéité qui crée des opportunités pour les acheteurs avertis. Comme je l’expliquais dans mon analyse sur les villes où la tendance s’inverse en 2026, les moyennes nationales ne racontent jamais toute l’histoire.

L'arrière-pays méditerranéen enregistre des corrections de prix de 2 à 4 % sur un an
L’arrière-pays méditerranéen enregistre des corrections de prix de 2 à 4 % sur un an

Littoral atlantique : les bastions où la valeur résiste

La façade atlantique reste le marché le plus solide pour la résidence secondaire en France. Les données des Notaires de l’Ouest (bilan annuel 2025, publié en mars 2026) montrent que les communes de première ligne entre La Baule et Les Sables-d’Olonne enregistrent une hausse de 2,1 à 3,8 % sur un an, avec un prix médian qui oscille entre 4 800 et 7 200 € / m² selon la proximité immédiate de la plage.

Le Bassin d’Arcachon, toujours très demandé, affiche des prix médians compris entre 6 400 et 9 800 € / m² pour les communes du « triangle d’or » (Arcachon, La Teste-de-Buch, Lège-Cap-Ferret). La progression annuelle y est de +1,4 à +2,7 %, un rythme moins soutenu qu’en 2021-2022 mais qui confirme la résilience. En revanche, dès que l’on s’éloigne de 15 à 20 km vers l’intérieur des terres (Biganos, Audenge, Marcheprime), les prix stagnent voire reculent de 0,5 à 1,2 %. L’effet « vue mer » ou « accès direct bassin » continue de creuser l’écart.

L’île de Ré et l’île d’Oléron méritent un traitement séparé. L’île de Ré reste un marché à part, avec des prix médians qui dépassent 8 500 € / m² et une offre structurellement limitée. L’île d’Oléron, plus accessible (médiane autour de 3 400 à 4 600 € / m²), attire une clientèle différente et connaît un léger tassement de −0,8 % sur un an. La Bretagne sud, de Quiberon à Concarneau, maintient des prix stables, avec des variations comprises entre −0,3 et +1,6 % selon les communes (source : chambre des notaires de Bretagne, T4 2025). J’ai détaillé les dynamiques bretonnes dans mon article sur les villes moyennes qui tiennent encore en 2026.

Ce qui distingue le littoral atlantique des autres marchés secondaires, c’est la profondeur de la demande : les acquéreurs viennent de la région parisienne (TGV Atlantique), mais aussi de Nantes, Bordeaux et Toulouse. Cette diversité de bassins de demande protège contre les chocs localisés. L’effet TGV, que j’ai analysé pour Lyon et Bordeaux, joue pleinement ici aussi.

Méditerranée : le contraste entre côte et arrière-pays

La Côte d’Azur reste le marché le plus cher de France pour la résidence secondaire, mais la dynamique s’est nettement segmentée. Les données de la chambre des notaires des Alpes-Maritimes (bilan 2025) indiquent que Nice, Antibes et Cannes maintiennent des prix médians entre 5 200 et 8 900 € / m², avec une variation annuelle comprise entre −0,4 et +1,8 %. Le haut de gamme (biens au-dessus de 10 000 € / m²) reste soutenu par la demande internationale.

En revanche, le Var intérieur et l’arrière-pays des Alpes-Maritimes accusent des reculs plus nets. Les communes situées entre Draguignan et Brignoles voient leurs prix baisser de 2,1 à 4,3 % sur un an, avec des délais de vente qui dépassent 120 jours. Le Luberon, longtemps considéré comme une valeur refuge, enregistre une correction de −1,8 à −3,2 % selon les secteurs, après des années de hausse portée par la clientèle parisienne post-Covid. Le marché n’est pas en crise, mais le rééquilibrage est tangible.

Zone géographique Prix médian au m² (T4 2025) Variation annuelle Délai moyen de vente
Nice / Cannes / Antibes 5 200 à 8 900 € −0,4 à +1,8 % 72 jours
Saint-Tropez / Ramatuelle 9 500 à 14 000 € +0,6 à +2,3 % 85 jours
Var intérieur (Draguignan) 2 200 à 3 100 € −2,1 à −4,3 % 124 jours
Luberon / Alpilles 3 800 à 5 600 € −1,8 à −3,2 % 108 jours
Languedoc littoral (Sète, Agde) 2 800 à 4 200 € −0,6 à +0,9 % 91 jours
Pyrénées-Orientales côte 2 400 à 3 600 € −1,2 à −2,5 % 105 jours
Corse (littoral nord-ouest) 3 900 à 6 200 € +0,3 à +1,9 % 95 jours

Le Languedoc présente un profil intermédiaire. Les stations balnéaires historiques comme Le Grau-du-Roi, La Grande-Motte ou le Cap d’Agde offrent des prix d’entrée nettement inférieurs à la Côte d’Azur (médiane entre 2 800 et 4 200 € / m²), avec une variation annuelle qui oscille entre −0,6 et +0,9 %. C’est un marché de volume, pas de prestige, et la demande reste portée principalement par des acheteurs régionaux (Toulouse, Montpellier). La Corse, enfin, conserve sa prime d’insularité avec des prix stables à légèrement haussiers sur le littoral nord-ouest (+0,3 à +1,9 %).

Les grandes stations d'altitude au-dessus de 1 800 m continuent d'afficher des hausses de 2,5 à 4 %
Les grandes stations d’altitude au-dessus de 1 800 m continuent d’afficher des hausses de 2,5 à 4 %

Montagne : quand l’altitude fait toute la différence

Le marché de la résidence secondaire en montagne est peut-être celui qui illustre le mieux la fracture entre marchés qui tiennent et marchés qui glissent. L’Observatoire de l’immobilier de montagne (rapport annuel 2025, publié en février 2026) distingue clairement trois segments.

Les grandes stations d’altitude (Courchevel, Méribel, Val d’Isère, Megève, Chamonix) continuent de progresser, avec des hausses annuelles comprises entre +2,5 et +4,1 %. Les prix médians y dépassent 8 000 € / m² et atteignent 15 000 à 22 000 € / m² dans les emplacements premium de Courchevel 1850 ou du centre de Megève. Ces marchés sont soutenus par la demande internationale (britannique, scandinave, suisse) et par la rareté foncière absolue : il n’y a plus de terrain constructible.

Les stations de moyenne altitude (1 200 à 1 600 m), principalement dans les Alpes du Sud, le Jura et les Vosges, enregistrent un recul de −1 à −3 % sur un an. L’inquiétude liée à l’enneigement futur pèse sur les valorisations. Les acheteurs intègrent désormais le « risque climatique » dans leur calcul, ce qui se traduit par des décotes croissantes pour les stations situées sous 1 500 m sans accès à un domaine skiable de haute altitude. Les Pyrénées présentent un profil similaire : les stations comme Font-Romeu ou Saint-Lary maintiennent des prix stables grâce à leur double attractivité été-hiver, tandis que les petites stations mono-activité ski perdent entre 2 et 5 % par an depuis 2023.

Le troisième segment concerne la montagne estivale : villages de caractère des Alpes, hameaux du Massif central, vallées pyrénéennes. Ce marché, très atomisé, affiche des prix bas (souvent entre 1 000 et 2 500 € / m²) mais une liquidité faible. Les délais de vente dépassent fréquemment 150 jours, et les biens nécessitent souvent des travaux importants. Pour les acquéreurs patients, c’est un segment qui peut offrir de bonnes surprises, à condition d’intégrer le coût de rénovation énergétique. Sur ce point, je renvoie à mon analyse des passoires thermiques et du calendrier qui change tout pour les propriétaires.

Campagne et France centrale : le glissement silencieux

C’est la partie de la carte qui inquiète le plus les propriétaires de résidences secondaires. Les départements ruraux du centre de la France (Creuse, Cantal, Allier, Nièvre, Cher, Indre) enregistrent des baisses cumulées de 6 à 11 % sur trois ans (source : bases DVF, données retraitées par les notaires, actualisées au T4 2025). Le prix médian dans ces territoires se situe entre 700 et 1 200 € / m², et certaines maisons de village se négocient sous 50 000 €.

Plusieurs facteurs expliquent ce glissement. D’abord, le vieillissement de la demande : la génération qui achetait des maisons de campagne pour les week-ends dans les années 1990 et 2000 revend aujourd’hui, sans que la génération suivante reprenne le flambeau dans les mêmes volumes. Ensuite, le coût de l’entretien et de la mise aux normes énergétiques pèse de plus en plus lourd sur des biens souvent anciens, mal isolés, chauffés au fioul. J’ai analysé en détail l’explosion des charges dans mon article sur la copropriété et les charges qui explosent ; le problème est encore plus aigu pour les maisons individuelles isolées.

Enfin, la fiscalité joue un rôle d’accélérateur. La taxe d’habitation sur les résidences secondaires (maintenue alors qu’elle a été supprimée pour les résidences principales) représente un coût fixe annuel de 800 à 2 500 € dans ces communes, un montant qui peut sembler dérisoire mais qui, rapporté à la valeur du bien (parfois inférieure à 60 000 €), représente un taux d’imposition implicite de 1,3 à 4,2 % de la valeur. À ce niveau, la détention devient économiquement discutable.

Faut-il pour autant éviter ces marchés ? Pas nécessairement. Pour un acquéreur qui recherche un usage personnel fort (télétravail partiel, retraite, projet de vie), ces prix d’entrée permettent d’accéder à des surfaces et des cadres de vie impossibles ailleurs. L’important est de ne pas acheter en espérant une plus-value : on achète ici un usage, pas un placement. J’en parlais déjà dans mon comparatif acheter ou louer en 2026.

Fiscalité et surtaxe : l’impact direct sur la valeur de revente

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la liste des communes pouvant appliquer la majoration de taxe d’habitation sur les résidences secondaires (article 1407 ter du Code général des impôts) a été considérablement élargie. Plus de 3 700 communes sont désormais éligibles, contre environ 1 100 avant la réforme. La majoration peut atteindre 5 à 60 % du montant de base de la taxe d’habitation, selon la délibération du conseil municipal.

Concrètement, dans une commune touristique du littoral où la valeur locative cadastrale est élevée, un propriétaire de résidence secondaire peut se retrouver avec une taxe d’habitation annuelle comprise entre 2 500 et 6 000 €, voire davantage dans les communes qui ont voté le taux maximal de 60 %. C’est le cas de plusieurs communes de la Côte d’Azur, du Pays basque et de la Bretagne nord. Pour un bien acquis 300 000 €, cela représente un coût de détention annuel de 0,8 à 2 % de la valeur, hors entretien et assurance.

L’impact sur les prix est mesurable. Les données notariales montrent que les communes ayant voté une surtaxe supérieure à 40 % constatent un recul des prix de 1,5 à 3,8 % par rapport aux communes voisines sans surtaxe, toutes choses égales par ailleurs. Ce différentiel se creuse progressivement depuis 2024. Les acheteurs intègrent désormais la fiscalité locale dans leur calcul de prix acceptable, ce qui est parfaitement rationnel.

La taxe sur les logements vacants (article 232 du CGI) s’ajoute à cette pression dans les zones tendues. Pour les propriétaires qui hésitent entre garder leur résidence secondaire ou la mettre en location saisonnière, la réglementation s’est également durcie : l’enregistrement obligatoire en mairie (loi du 19 novembre 2024, dite « loi Le Meur ») et les quotas de meublés touristiques dans les communes touristiques limitent les possibilités de rentabilisation. Sur le statut LMNP qui reste pertinent pour certains montages, je détaille tout dans mon guide sur le LMNP et le statut fiscal qui résiste.

La surtaxe de taxe d'habitation, étendue à plus de 3 700 communes, pèse sur la valeur de revente
La surtaxe de taxe d’habitation, étendue à plus de 3 700 communes, pèse sur la valeur de revente

Stratégies d’achat et de revente : arbitrer selon la région

En m’appuyant sur les données que je viens de détailler, voici les arbitrages que je recommande pour chaque profil d’acheteur ou de vendeur de résidence secondaire en 2026.

Pour l’acheteur qui cherche à préserver son capital : privilégiez les marchés à offre contrainte, c’est-à-dire les zones où le foncier constructible est rare et où la demande est diversifiée (plusieurs bassins d’emploi, accessibilité TGV). Le littoral atlantique entre Pornic et Arcachon, les grandes stations alpines et la Côte d’Azur premium répondent à ces critères. Comptez un budget d’entrée minimum de 4 000 à 5 500 € / m² pour un bien en bon état dans ces zones.

Pour les acquéreurs qui disposent de budgets plus serrés, les communes de deuxième rideau (15 à 30 km du littoral ou des stations premium) offrent des prix 30 à 50 % inférieurs, mais présentent un risque de dépréciation plus élevé. Le calcul mérite d’être fait en intégrant le coût total de détention sur dix ans : prix d’achat + frais de notaire + taxe d’habitation cumulée + entretien + éventuelle rénovation énergétique. Pour les frais de notaire, les diagnostics obligatoires en 2026 sont un poste à ne pas négliger.

Pour le vendeur en zone de glissement : la première question à se poser est celle du prix de marché réel, pas du prix souhaité. Consultez les bases DVF (data.gouv.fr) pour les transactions comparables dans votre commune sur les douze derniers mois. Si votre bien est affiché depuis plus de 90 jours sans offre, c’est que le prix est trop élevé de 8 à 15 %, quelle que soit l’estimation de l’agent immobilier. Dans les marchés en baisse, le temps joue contre le vendeur : chaque trimestre de délai supplémentaire coûte en moyenne 1 à 2 % de valeur. J’ai traité en profondeur cette question du stock ancien et des délais qui s’allongent.

Pour l’investisseur locatif saisonnier : le rendement brut d’une résidence secondaire mise en location saisonnière oscille entre 3,5 et 7 % selon la localisation et le taux d’occupation. Mais attention au rendement net : après déduction de la taxe d’habitation, de la taxe de séjour, des charges de copropriété, de l’assurance, de l’entretien, de la gestion locative (8 à 15 % du CA) et de la fiscalité sur les revenus, le rendement net tombe généralement entre 1,8 et 3,5 %. Ce n’est pas un mauvais rendement si la valeur du bien se maintient, mais c’est un rendement qui ne justifie l’investissement que si l’on utilise soi-même le bien pendant plusieurs semaines par an.

Pour monter une structure juridique adaptée, notamment en famille, la SCI familiale reste un outil pertinent que je détaille dans un article dédié.

Perspectives pour le second semestre 2026

L’évolution des taux de crédit immobilier sera le facteur macro-économique le plus déterminant pour le marché de la résidence secondaire au second semestre 2026. Comme je l’analysais dans mon dernier point sur les taux immobiliers en avril 2026, la BCE a amorcé un cycle de baisse prudent qui ramène les taux moyens à 20 ans autour de 3,10 à 3,35 % (Observatoire Crédit Logement / CSA, avril 2026). Cette détente modérée soutient la solvabilité des acquéreurs, mais ne suffit pas à relancer massivement la demande sur le segment secondaire.

Trois tendances structurelles vont continuer de façonner la carte des prix au second semestre :

Premièrement, le télétravail partiel reste un soutien pour les marchés situés à moins de 2h30 d’un grand pôle d’emploi. Les résidences secondaires qui permettent un usage hybride (trois jours sur place, deux jours au bureau) conservent une prime par rapport aux biens purement récréatifs. Le marché du neuf, bien que en difficulté sur les mises en chantier, produit quelques programmes ciblés sur ce segment.

Deuxièmement, le facteur climatique s’installe durablement dans les critères d’achat. Les stations de ski de basse altitude, les zones littorales exposées au recul du trait de côte (notamment en Gironde et dans le Nord) et les régions sujettes aux sécheresses estivales sévères voient leur attractivité questionnée par les acquéreurs les plus jeunes, qui raisonnent sur un horizon de 20 à 30 ans.

Troisièmement, la réglementation énergétique continue de peser. Un DPE classé F ou G sur une résidence secondaire ne déclenche pas d’interdiction de location (contrairement à la résidence principale louée), mais il génère une décote à la revente estimée entre 8 et 15 % par rapport à un bien équivalent classé D ou E. C’est un facteur que j’analyse en profondeur dans mon guide sur le marché immobilier et la stabilisation après les turbulences.

Mon analyse globale : le marché de la résidence secondaire en France ne s’effondre pas, mais il se polarise. Les biens bien situés, bien entretenus, dans des zones à demande diversifiée et à fiscalité maîtrisée continuent de bien se valoriser. Les autres décrochent, lentement mais sûrement. L’acheteur de 2026 a tout intérêt à arbitrer avec méthode, en plaçant la localisation, la fiscalité locale et le coût total de détention au centre de sa décision.

À retenir

  • Vérifiez systématiquement le taux de surtaxe de taxe d’habitation voté par la commune avant tout achat de résidence secondaire ; l’écart peut atteindre 60 % du montant de base et impacter directement la valeur de revente
  • Calculez le coût total de détention sur dix ans (prix + frais + taxes + entretien + rénovation énergétique) avant de comparer deux biens situés dans des zones différentes
  • Privilégiez les marchés à offre foncière contrainte et demande diversifiée (plusieurs bassins d’emploi, accessibilité TGV) pour préserver la valeur de votre investissement
  • Consultez les bases DVF sur data.gouv.fr pour vérifier les prix réels des transactions récentes dans la commune visée, plutôt que de vous fier aux seules estimations en ligne
  • Si vous vendez en zone de glissement et que votre bien est affiché depuis plus de 90 jours sans offre, ajustez le prix de 8 à 15 % : le temps joue contre vous à raison de 1 à 2 % par trimestre

Questions fréquentes


La résidence secondaire est-elle encore un bon investissement en 2026 ?

Cela dépend entièrement de la localisation. Les zones à forte demande et offre contrainte (littoral atlantique premium, grandes stations alpines, Côte d’Azur) continuent de se valoriser entre +1,4 et +4,1 % par an. En revanche, les zones rurales du centre et la moyenne montagne accusent des baisses de 1 à 5 % annuels. L’investissement ne se justifie que si le coût total de détention (taxes, entretien, rénovation) reste inférieur à la valorisation attendue, ou si l’usage personnel compense le rendement financier modeste.


Quelles régions offrent les meilleurs prix d’entrée pour une résidence secondaire ?

Les départements ruraux du centre de la France (Creuse, Cantal, Nièvre, Allier, Cher, Indre) affichent des prix médians entre 700 et 1 200 € / m², soit des maisons de village accessibles sous 50 000 €. Le Languedoc intérieur et les Pyrénées offrent également des prix d’entrée compétitifs, entre 1 200 et 2 500 € / m². Attention toutefois : ces marchés sont en baisse et présentent un risque de dépréciation. L’achat doit être motivé par l’usage, pas par l’espoir d’une plus-value.


Comment la surtaxe de taxe d’habitation affecte-t-elle les prix des résidences secondaires ?

Depuis l’élargissement du dispositif à plus de 3 700 communes (1ᵉʳ janvier 2025), la majoration peut atteindre 5 à 60 % du montant de base de la taxe d’habitation. Les données notariales montrent que les communes ayant voté une surtaxe supérieure à 40 % constatent un recul des prix de 1,5 à 3,8 % par rapport aux communes voisines sans surtaxe. Ce coût récurrent réduit la rentabilité de détention et pousse certains propriétaires à vendre, ce qui alimente la baisse.


Faut-il s’inquiéter du changement climatique pour l’achat d’une résidence secondaire en montagne ?

L’inquiétude est justifiée pour les stations situées sous 1 500 m d’altitude sans connexion à un grand domaine skiable de haute altitude. Ces stations perdent entre 2 et 5 % de valeur par an depuis 2023, et la tendance devrait se poursuivre. En revanche, les stations d’altitude supérieure à 1 800 m, disposant de capacités de production de neige et d’une offre quatre saisons, continuent de progresser. Le critère d’altitude est devenu aussi déterminant que la localisation géographique.


Quel rendement attendre d’une résidence secondaire mise en location saisonnière ?

Le rendement brut oscille entre 3,5 et 7 % selon la localisation et le taux d’occupation. Mais après déduction de tous les coûts (taxe d’habitation, taxe de séjour, charges, assurance, entretien, gestion locative à 8-15 % du CA et fiscalité sur les revenus), le rendement net tombe entre 1,8 et 3,5 %. Ce rendement ne se justifie économiquement que si la valeur du bien se maintient et si le propriétaire utilise lui-même le bien plusieurs semaines par an, compensant ainsi le rendement modeste par un usage personnel.


Quels sont les délais de vente moyens pour une résidence secondaire en 2026 ?

Le délai moyen est passé de 68 jours au T1 2024 à 97 jours au T1 2026 au niveau national. Mais les écarts sont considérables : 60 à 75 jours dans les zones premium (Bassin d’Arcachon, Côte d’Azur, grandes stations alpines), 90 à 110 jours sur le littoral languedocien ou breton, et plus de 120 à 150 jours dans les zones rurales en baisse ou l’arrière-pays méditerranéen. Un bien affiché depuis plus de 90 jours sans offre est généralement surcoté de 8 à 15 %.


Arthur Lemoine
Arthur Lemoine

Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.