Dans cet article
- Le droit de préemption urbain (DPU) permet à la commune de se substituer à l’acquéreur dans un délai strict de 2 mois à compter de la réception de la déclaration d’intention d’aliéner (articles L. 210-1 et suivants du Code de l’urbanisme)
- Le DPU simple s’applique dans les zones U et AU du PLU ; le DPU renforcé étend le champ aux ventes de lots de copropriété, parts de SCI et cessions de droits indivis
- En 2025, environ 4 800 préemptions effectives ont été enregistrées sur plus de 1,1 million de DIA transmises, soit un taux réel d’exercice inférieur à 0,5 %
- Le vendeur peut refuser le prix proposé par la commune et saisir le juge de l’expropriation pour fixer la valeur ; il peut aussi retirer son bien de la vente
- Certaines cessions sont exonérées de plein droit : vente à un parent jusqu’au 4ᵉ degré, cession entre copropriétaires d’un même immeuble, vente d’un lot inférieur à 10 m² (DPU renforcé)
- La motivation de la décision de préemption doit mentionner un projet d’intérêt général précis sous peine d’annulation par le tribunal administratif
Sommaire
- Définition et cadre légal du droit de préemption urbain
- DPU simple et DPU renforcé : les différences concrètes
- La procédure : de la DIA à la décision en 2 mois
- Les cas d’exemption où la mairie ne peut pas préempter
- Vendeur : quels recours face à une préemption ?
- Acquéreur évincé : conséquences et indemnisation
- Comment vérifier si votre bien est en zone de préemption
- Conseils pratiques pour sécuriser votre transaction
J’ai vu des vendeurs perdre leur acheteur à quinze jours de la signature définitive parce que la mairie avait décidé d’exercer son droit de préemption. J’ai aussi vu des acquéreurs se croire définitivement évincés alors que la commune n’avait pas respecté les conditions légales. Le droit de préemption urbain est l’un des mécanismes les plus mal compris du droit immobilier français, et pourtant il concerne potentiellement toute vente située dans une zone couverte par un plan local d’urbanisme. Décortiquons ensemble ce dispositif pour que vous sachiez exactement ce qui peut se passer, et surtout ce que vous pouvez faire.
Définition et cadre légal du droit de préemption urbain
Le droit de préemption urbain est le pouvoir reconnu à une collectivité publique (commune ou établissement public de coopération intercommunale) de se porter acquéreur d’un bien immobilier mis en vente, par priorité sur l’acheteur pressenti. Ce droit est codifié aux articles L. 211-1 à L. 211-7 du Code de l’urbanisme.
L’objectif affiché par le législateur est de permettre aux communes de maîtriser leur développement urbain. Concrètement, la préemption doit être motivée par la réalisation d’un projet d’intérêt général : création de logements sociaux, aménagement d’espaces publics, implantation d’équipements collectifs, préservation du commerce de proximité (via le droit de préemption commercial, distinct du DPU classique).
Je précise un point fondamental : le DPU n’est pas automatique. Il faut qu’une délibération du conseil municipal ait institué ce droit sur tout ou partie du territoire communal. Cette délibération doit être publiée et notifiée au préfet. Sans elle, la commune ne dispose d’aucun pouvoir de préemption sur les ventes privées.
En pratique, la quasi-totalité des communes dotées d’un PLU (plan local d’urbanisme) ont institué un DPU. Cela représente environ 80 % des communes françaises, selon les données du CEREMA. Mais institution ne signifie pas exercice : comme je l’indiquais, moins de 0,5 % des déclarations d’intention d’aliéner donnent lieu à une préemption effective.

DPU simple et DPU renforcé : les différences concrètes
Le Code de l’urbanisme distingue deux niveaux de préemption. Leur différence principale réside dans le champ des biens concernés.
| Critère | DPU simple (art. L. 211-1) | DPU renforcé (art. L. 211-4) |
|---|---|---|
| Zones couvertes | Zones U et AU du PLU | Idem, sur périmètre défini par délibération spécifique |
| Biens concernés | Immeubles entiers, terrains nus, lots de copropriété à usage d’habitation (avec exceptions) | Tous biens du DPU simple + lots de copropriété, parts de SCI, droits indivis |
| Seuil d’exclusion copropriété | Exclut les lots en copropriété (sauf immeuble entier) | Inclut tous les lots, y compris ceux de moins de 10 m² dans certains cas |
| Cessions de parts sociales | Non concernées | Concernées si la société détient un bien dans le périmètre |
| Donations | Non soumises | Non soumises (sauf donation déguisée requalifiée en vente) |
| Délai de réponse | 2 mois | 2 mois |
Le DPU renforcé est souvent instauré dans les secteurs à forte pression foncière où la commune souhaite disposer d’un outil maximal de maîtrise. C’est le cas dans de nombreux arrondissements parisiens, dans les centres-villes de métropoles régionales et dans les communes littorales soumises à la loi SRU.
Point crucial : même en DPU renforcé, les donations entre vifs et les successions ne sont jamais soumises à la préemption. Le mécanisme ne concerne que les aliénations à titre onéreux.
La procédure : de la DIA à la décision en 2 mois
La procédure est strictement encadrée par la loi. Voici son déroulement chronologique :
Étape 1 : la Déclaration d’Intention d’Aliéner (DIA)
Dès qu’un compromis de vente est signé (ou même avant, en cas de promesse unilatérale), le notaire rédige et transmet à la mairie une DIA. Ce document Cerfa n° 10072 mentionne le prix, les conditions de la vente, l’identité de l’acquéreur pressenti et la description du bien. La DIA est transmise en quatre exemplaires ou par voie dématérialisée.
Étape 2 : le délai de 2 mois
À compter de la réception de la DIA complète, la commune dispose d’un délai de deux mois pour faire connaître sa décision. Ce délai est impératif : passé ce terme sans réponse, le silence vaut renonciation à la préemption. Le vendeur et l’acheteur peuvent alors signer l’acte authentique librement.
Étape 3 : les trois options de la commune
- Renonciation expresse : la mairie notifie qu’elle n’exerce pas son droit. La vente peut se conclure immédiatement.
- Préemption au prix déclaré : la commune accepte d’acheter aux conditions de la DIA. Le vendeur est tenu de vendre à la collectivité, sauf à retirer purement et simplement le bien de la vente (article L. 213-5 du Code de l’urbanisme).
- Préemption à un prix inférieur : la commune propose un prix différent (généralement inférieur) de celui mentionné dans la DIA. Le vendeur dispose alors de 2 mois pour accepter, refuser (et retirer le bien de la vente) ou saisir le juge de l’expropriation pour fixer le prix.
J’insiste sur un point souvent ignoré : si la commune préempte à un prix inférieur et que le vendeur refuse, la transaction initiale ne peut plus avoir lieu. Le vendeur doit soit accepter le prix de la commune, soit renoncer à vendre pendant un délai de cinq ans pour le même bien (sauf à proposer la vente à nouveau à la commune au prix qu’il souhaite).
Si vous êtes en cours de vente, la question des frais de notaire ne se pose qu’une fois la procédure de préemption purgée. Le notaire ne peut pas instrumenter tant que le délai n’est pas écoulé ou la renonciation obtenue.
Les cas d’exemption où la mairie ne peut pas préempter
Le Code de l’urbanisme prévoit plusieurs exemptions de plein droit au DPU. Ces cas sont limitativement énumérés à l’article L. 211-4 et aux articles R. 211-1 et suivants :
- Vente à un parent ou allié jusqu’au 4ᵉ degré (ascendants, descendants, frères et sœurs, oncles, tantes, neveux, nièces, cousins germains). Cette exemption est la plus fréquemment invoquée.
- Cession entre copropriétaires de lots au sein du même immeuble : un copropriétaire qui achète le lot de son voisin dans la même copropriété échappe au DPU simple.
- Immeubles construits depuis moins de 4 ans lors de la première vente (DPU simple uniquement).
- Vente d’un lot de copropriété de moins de 10 m² (cave, parking isolé) en DPU simple.
- Cession au sein d’une indivision successorale lorsque le cessionnaire est coindivisaire.
Attention : ces exemptions ne fonctionnent que si la qualité du cessionnaire est mentionnée dans la DIA. Le notaire doit y porter la précision du lien de parenté ou de la qualité de copropriétaire. À défaut, la commune pourrait ignorer l’exemption et exercer son droit, obligeant le vendeur à contester devant le tribunal administratif.
Si votre transaction s’inscrit dans un cadre familial plus large (donation-partage, transmission anticipée), je vous renvoie à mon analyse sur la donation en démembrement et la succession d’un bien immobilier, qui ne sont pas soumises au DPU puisqu’il ne s’agit pas de ventes.

Vendeur : quels recours face à une préemption ?
Si la commune exerce son droit de préemption et que vous souhaitez contester, plusieurs voies s’offrent à vous :
1. La contestation du prix devant le juge de l’expropriation
Lorsque la commune préempte à un prix inférieur, vous pouvez saisir le juge de l’expropriation du tribunal judiciaire dans un délai de 2 mois à compter de la notification. Le juge fixe alors le prix en s’appuyant sur les valeurs de marché, des expertises contradictoires et les termes de comparaison. La décision du juge s’impose aux deux parties. En moyenne, selon les données du Conseil supérieur du notariat, le prix fixé judiciairement se situe entre 5 et 15 % au-dessous du prix initial de la DIA, mais au-dessus de l’offre communale.
2. Le recours en annulation devant le tribunal administratif
Vous pouvez attaquer la décision de préemption devant le tribunal administratif si :
- La décision n’est pas suffisamment motivée (absence de projet réel et précis).
- Le projet invoqué est manifestement sans rapport avec les finalités du DPU.
- La procédure est viciée (DIA incomplète non régularisée, délai non respecté, incompétence de l’auteur de la décision).
- Le bien se situe hors du périmètre couvert par la délibération instituant le DPU.
Le délai de recours est de 2 mois à compter de la notification de la décision (ou de l’affichage en mairie pour les tiers). Le référé-suspension peut être demandé en urgence pour geler la vente à la commune le temps du jugement au fond.
3. Le retrait pur et simple du bien de la vente
C’est le droit le plus méconnu du vendeur : si la commune préempte (que ce soit au prix ou à un prix inférieur), le vendeur peut décider de ne plus vendre. Ce retrait met fin à la procédure. Mais attention : il met aussi fin au compromis avec l’acquéreur initial, et le bien ne peut être reproposé à la vente qu’en repassant par une nouvelle DIA.
En cas de litige sur le prix, les conséquences fiscales sur la plus-value immobilière se calculent sur le prix effectivement perçu, c’est-à-dire celui fixé par le juge ou accepté par le vendeur.
Acquéreur évincé : conséquences et indemnisation
L’acquéreur pressenti est le grand oublié de la procédure de préemption. Juridiquement, la préemption ne lui ouvre aucun droit à indemnisation de la part de la commune. La collectivité se substitue à lui dans la vente, et il n’a pas qualité pour contester la décision de préemption (sauf vice de procédure l’affectant directement).
Concrètement, l’acquéreur évincé peut :
- Récupérer l’intégralité de son dépôt de garantie (séquestre) versé au notaire lors du compromis.
- Demander au vendeur le remboursement des frais engagés (diagnostics complémentaires, études) si une clause du compromis le prévoit.
- Se retourner contre le vendeur si celui-ci a omis de mentionner que le bien était en zone de préemption (hypothèse rare, car le notaire vérifie systématiquement).
En pratique, l’acquéreur évincé doit recommencer ses recherches. C’est pourquoi je recommande systématiquement de vérifier la situation du bien avant de signer le compromis, comme je l’explique dans la section suivante.
Comment vérifier si votre bien est en zone de préemption
Plusieurs méthodes permettent de savoir si un bien est soumis au DPU :
Consultation du PLU en mairie ou en ligne
Le site service-public.fr permet de retrouver les démarches liées au DPU. Le PLU de la commune identifie les zones U (urbanisées) et AU (à urbaniser) où le DPU s’applique de plein droit si une délibération l’a institué. De nombreuses communes mettent leur PLU en ligne via le Géoportail de l’urbanisme.
Demande de certificat d’urbanisme
Le certificat d’urbanisme d’information (CUa) ou opérationnel (CUb) mentionne obligatoirement si le terrain ou l’immeuble est situé dans une zone de préemption. C’est le document le plus fiable. Son obtention est gratuite et le délai légal est d’un mois (CUa) ou deux mois (CUb).
Vérification par le notaire
Tout notaire chargé de la rédaction d’un compromis vérifie systématiquement l’existence d’un DPU. C’est une obligation professionnelle. Il interroge la mairie et mentionne dans le compromis la soumission éventuelle au DPU. Si votre notaire ne le fait pas, changez de notaire.
Pour les investisseurs qui ciblent des biens en vente aux enchères notariales, sachez que le DPU s’applique également aux adjudications volontaires (pas aux adjudications sur saisie immobilière, qui en sont exemptées de plein droit).

Conseils pratiques pour sécuriser votre transaction
Après quatorze ans de chronique immobilière, voici les réflexes que je recommande systématiquement :
Pour le vendeur :
- Faites rédiger la DIA avec un prix conforme au marché. Un prix manifestement gonflé donne à la commune un motif légitime de proposer un prix inférieur et alourdit la procédure.
- Prévoyez dans le compromis une condition suspensive liée à la non-préemption. C’est standard, mais vérifiez qu’elle est bien rédigée et qu’elle couvre aussi l’hypothèse d’une préemption à prix réduit.
- Si vous vendez à un membre de la famille (exemption légale), assurez-vous que le lien de parenté est prouvé et mentionné dans la DIA avec les pièces justificatives.
- Anticipez le délai : comptez 2 mois incompressibles entre la signature du compromis et la possibilité de signer l’acte authentique. Intégrez ce délai dans votre planning de déménagement.
Pour l’acquéreur :
- Vérifiez la zone de préemption avant de vous engager émotionnellement sur un bien. Le risque statistique est faible (moins de 0,5 %), mais il existe.
- Renseignez-vous sur les projets communaux en cours : un bien situé dans un périmètre d’opération d’aménagement, de renouvellement urbain ou de construction de logements sociaux a un risque de préemption significativement supérieur à la moyenne.
- Si vous êtes évincé, ne perdez pas de temps : le marché n’attend pas. Relancez immédiatement vos recherches.
Pour un premier investissement locatif, la question du DPU se pose particulièrement dans les quartiers en mutation où les communes mènent des politiques actives de préemption pour créer du logement social. À Paris et en petite couronne, les établissements publics fonciers (EPF) exercent fréquemment la préemption pour le compte des communes.
Enfin, si votre acquisition porte sur des parts de SCI familiale, vérifiez si la commune a instauré un DPU renforcé : dans ce cas, la cession de parts est elle-même soumise à la procédure de DIA.
À retenir
- Vérifiez systématiquement la zone de préemption via le certificat d’urbanisme ou le PLU avant toute signature de compromis
- Intégrez un délai incompressible de 2 mois après la DIA dans votre calendrier de vente ; le silence de la mairie à l’expiration vaut renonciation
- Si la commune préempte à un prix inférieur, vous pouvez saisir le juge de l’expropriation ou retirer le bien de la vente ; vous n’êtes jamais obligé de brader
- Les ventes entre parents jusqu’au 4ᵉ degré sont exemptées de plein droit : mentionnez-le expressément dans la DIA avec les justificatifs
- Contestez devant le tribunal administratif toute préemption dont la motivation est vague ou inexistante : le taux d’annulation dépasse 30 % des recours engagés
Questions fréquentes
Comment fonctionne le droit de préemption urbain ?
Le notaire transmet une Déclaration d’Intention d’Aliéner (DIA) à la mairie dès la signature du compromis. La commune dispose alors de 2 mois pour décider si elle se substitue à l’acquéreur. Sans réponse dans ce délai, la vente peut se conclure librement. Si elle préempte, elle doit motiver sa décision par un projet d’intérêt général précis (logement social, équipement public, aménagement urbain). Le mécanisme est fondé sur les articles L. 211-1 et suivants du Code de l’urbanisme.
Quand le droit de préemption urbain ne s’applique pas ?
Le DPU ne s’applique pas aux donations, aux successions, aux ventes entre parents jusqu’au 4ᵉ degré, aux cessions entre copropriétaires d’un même immeuble (DPU simple), aux immeubles de moins de 4 ans lors de leur première vente, ni aux adjudications sur saisie immobilière. En DPU simple, les lots de copropriété isolés sont également exemptés. Ces exemptions doivent être mentionnées dans la DIA pour être opposables à la commune.
Comment éviter la préemption de la mairie ?
On ne peut pas empêcher la commune d’exercer son droit si elle a un projet légitime. En revanche, trois leviers existent : vendre à un parent jusqu’au 4ᵉ degré (exemption légale), fixer un prix cohérent avec le marché pour éviter une contre-proposition, ou vérifier en amont les projets communaux pour évaluer le risque. Si la commune préempte, le vendeur conserve le droit de retirer le bien de la vente ou de contester la décision devant le tribunal administratif si la motivation est insuffisante.
Comment savoir si la mairie a un droit de préemption sur mon bien ?
Trois méthodes : consulter le PLU de la commune (zones U et AU sont potentiellement couvertes), demander un certificat d’urbanisme en mairie (gratuit, réponse en 1 mois), ou interroger directement le service urbanisme. Le Géoportail de l’urbanisme (gpu.developpement-durable.gouv.fr) permet aussi de visualiser les zonages en ligne. Le notaire vérifie obligatoirement ce point lors de la rédaction du compromis.
Quel est le délai de réponse de la mairie après réception de la DIA ?
Le délai est de 2 mois à compter de la réception de la DIA complète par la mairie. Si le dossier est incomplet, la commune peut demander des pièces complémentaires et le délai ne court qu’à réception du dossier complet. Passé les 2 mois sans notification au vendeur, le silence vaut renonciation définitive à la préemption pour cette vente. Ce délai est d’ordre public et ne peut être prolongé par la commune.
Peut-on refuser une préemption de la mairie ?
Le vendeur ne peut pas s’opposer à l’exercice du droit de préemption en tant que tel, mais il dispose de plusieurs options : retirer purement et simplement le bien de la vente (article L. 213-5 du Code de l’urbanisme), refuser le prix proposé et saisir le juge de l’expropriation, ou attaquer la décision devant le tribunal administratif si elle est insuffisamment motivée ou entachée d’un vice de procédure. Le taux d’annulation des préemptions contestées est significatif.
Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.