IFI 2026 : seuils, calcul, abattement 30 % résidence principale

Dans cet article

  • Le seuil d’assujettissement à l’IFI reste fixé à 1 300 000 € de patrimoine immobilier net au 1ᵉʳ janvier 2026, inchangé depuis la création de l’impôt en 2018
  • L’abattement de 30 % sur la valeur vénale de la résidence principale (article 973 du CGI) s’applique automatiquement, sans plafond, et réduit mécaniquement la base taxable
  • Le barème progressif comporte six tranches de 0 % à 1,50 %, avec un taux marginal qui s’applique dès 10 000 000 € de patrimoine net taxable
  • Un mécanisme de décote linéaire protège les patrimoines compris entre 1 300 000 € et 1 400 000 €, réduisant l’IFI théorique de 17 500 € moins 1,25 % de la valeur nette taxable
  • La réduction pour dons à des organismes d’intérêt général permet de déduire 75 % du montant donné, dans la limite de 50 000 € par an (article 978 du CGI)
  • La date limite de déclaration en ligne pour l’IFI 2026 (revenus et patrimoine au 1ᵉʳ janvier 2026) s’échelonne entre le 22 mai et le 5 juin 2026 selon le département de résidence

Chaque année, la question revient avec la même intensité dans les courriers de mes lecteurs : suis-je redevable de l’IFI, et comment le calculer exactement ? Après quatorze ans de chronique fiscale entre Les Échos et Challenges, je peux vous affirmer que l’IFI reste l’un des impôts les plus mal compris du paysage fiscal français. Entre le seuil d’assujettissement, le barème progressif, l’abattement sur la résidence principale et les mécanismes de décote, les zones de confusion sont nombreuses. Je vous propose aujourd’hui un décryptage complet, source par source, calcul par calcul, pour que vous sachiez exactement où vous en êtes au titre de l’année 2026.

Qui est concerné par l’IFI en 2026 : le seuil de 1,3 million d’euros

L’impôt sur la fortune immobilière, créé par la loi de finances pour 2018 (article 964 du Code général des impôts), s’applique aux personnes physiques dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 € au 1ᵉʳ janvier de l’année d’imposition. Ce seuil n’a pas été revalorisé depuis 2018, ce qui signifie qu’avec l’inflation cumulée sur huit ans, un nombre croissant de ménages franchit mécaniquement ce palier sans que leur patrimoine réel ait progressé en pouvoir d’achat.

Attention à une subtilité fondamentale : le seuil de déclenchement est à 1 300 000 €, mais le barème commence à s’appliquer à partir de 800 000 €. Concrètement, si votre patrimoine net taxable atteint 1 350 000 €, vous êtes imposé sur la tranche au-dessus de 800 000 €, pas au-dessus de 1 300 000 €. Cette distinction piège chaque année des milliers de contribuables qui sous-estiment leur IFI.

Le patrimoine pris en compte comprend l’ensemble des biens et droits immobiliers détenus directement ou indirectement (via une SCI, une SCPI, un OPCI ou tout autre véhicule détenant de l’immobilier). Si vous détenez des parts de SCPI, OPCI ou SIIC, la quote-part immobilière entre dans l’assiette de l’IFI. Même les contrats d’assurance-vie investis en unités de compte immobilières sont concernés depuis la loi de finances pour 2018.

Pour les couples mariés ou pacsés, l’IFI s’apprécie au niveau du foyer fiscal, ce qui inclut le patrimoine des enfants mineurs dont vous avez l’administration légale. En concubinage, chacun déclare son propre patrimoine séparément, sauf si l’administration prouve une communauté de vie justifiant un rattachement.

Le calcul de l'IFI exige une évaluation précise de chaque bien immobilier détenu au 1ᵉʳ janvier
Le calcul de l’IFI exige une évaluation précise de chaque bien immobilier détenu au 1ᵉʳ janvier

Barème progressif de l’IFI 2026 : les six tranches détaillées

Le barème de l’IFI 2026 est strictement identique à celui en vigueur depuis 2018. Il n’a fait l’objet d’aucune revalorisation, ni dans la loi de finances pour 2025, ni dans celle pour 2026. Voici les tranches applicables au patrimoine net taxable déclaré au 1ᵉʳ janvier 2026 :

Tranche de patrimoine net taxable Taux applicable Impôt sur la tranche (montant max)
Jusqu’à 800 000 € 0 % 0 €
De 800 001 € à 1 300 000 € 0,50 % 2 500 €
De 1 300 001 € à 2 570 000 € 0,70 % 8 890 €
De 2 570 001 € à 5 000 000 € 1,00 % 24 300 €
De 5 000 001 € à 10 000 000 € 1,25 % 62 500 €
Au-delà de 10 000 000 € 1,50 % Illimité

Je le répète parce que c’est la source d’erreur numéro un : la première tranche imposable démarre à 800 000 €, pas à 1 300 000 €. Le seuil de 1,3 million sert uniquement à déterminer si vous êtes assujetti. Une fois que vous l’êtes, le calcul reprend depuis 800 000 €. C’est une logique inhabituelle dans le droit fiscal français, et elle mérite d’être bien comprise.

Pour un patrimoine net taxable de 2 000 000 €, l’IFI brut se décompose ainsi : 0 € sur les 800 000 premiers euros, puis 500 000 × 0,50 % = 2 500 €, puis 700 000 × 0,70 % = 4 900 €. Total : 7 400 € d’IFI brut. Le taux moyen effectif est donc de 0,37 %, bien loin du taux marginal de 0,70 %.

Abattement de 30 % sur la résidence principale : ce que dit le Code général des impôts

L’article 973 du CGI accorde un abattement forfaitaire de 30 % sur la valeur vénale de l’immeuble constituant la résidence principale du redevable au 1ᵉʳ janvier de l’année d’imposition. Cet abattement existait déjà sous l’ISF et a été repris à l’identique dans le cadre de l’IFI. Il n’est soumis à aucun plafond : qu’il s’agisse d’un appartement évalué à 600 000 € ou d’un hôtel particulier estimé à 8 000 000 €, la décote est toujours de 30 %.

Prenons un exemple concret. Vous êtes propriétaire de votre résidence principale, un appartement à Lyon estimé à 1 500 000 € en valeur vénale. Après application de l’abattement de 30 %, la valeur retenue pour l’IFI tombe à 1 500 000 × 0,70 = 1 050 000 €. Si c’est votre seul bien immobilier et que vous n’avez pas de dette immobilière, votre patrimoine net taxable est inférieur au seuil de 1 300 000 € : vous n’êtes pas redevable de l’IFI.

Cette mécanique est fondamentale : grâce à l’abattement, un propriétaire dont la résidence principale vaut jusqu’à environ 1 857 000 € (1 300 000 / 0,70) peut échapper à l’IFI, à condition de ne détenir aucun autre actif immobilier. C’est un levier puissant que beaucoup de contribuables négligent dans leurs projections patrimoniales.

Plusieurs conditions doivent toutefois être réunies. Le bien doit constituer votre résidence principale effective au 1ᵉʳ janvier : c’est le lieu où vous vivez de manière habituelle et permanente. Un bien occupé seulement le week-end ou pendant les vacances ne peut pas bénéficier de cet abattement. En cas de contrôle, l’administration vérifie les factures d’énergie, le rattachement fiscal, l’inscription sur les listes électorales et les relevés de consommation.

Autre point que je tiens à souligner : l’abattement de 30 % ne s’applique pas aux résidences secondaires, ni aux biens donnés en location, ni aux biens détenus via une SCI. Si votre résidence principale est détenue par une SCI familiale, l’abattement ne s’applique qu’à la quote-part de parts correspondant à ce logement, et certains praticiens contestent même cette application. La prudence commande de détenir sa résidence principale en direct pour sécuriser l’abattement.

L'abattement de 30 % sur la résidence principale réduit significativement la base taxable de l'IFI
L’abattement de 30 % sur la résidence principale réduit significativement la base taxable de l’IFI

Calcul de l’IFI étape par étape : exemple chiffré complet

Je vais dérouler un cas pratique complet pour que vous puissiez reproduire le raisonnement sur votre propre situation. Prenons un couple marié sous le régime de la communauté, propriétaire des biens suivants au 1ᵉʳ janvier 2026 :

  • Résidence principale à Bordeaux : valeur vénale estimée à 1 200 000 €
  • Appartement locatif à Toulouse : valeur vénale 380 000 €, emprunt restant dû 140 000 €
  • Parts de SCPI (Corum Origin) : 120 000 € en valeur de retrait, quote-part immobilière 95 %
  • Résidence secondaire en Dordogne : valeur vénale 250 000 €

Étape 1 : évaluation brute du patrimoine immobilier.

  • Résidence principale après abattement 30 % : 1 200 000 × 0,70 = 840 000 €
  • Appartement locatif : 380 000 €
  • SCPI (quote-part immobilière) : 120 000 × 0,95 = 114 000 €
  • Résidence secondaire : 250 000 €
  • Total brut : 1 584 000 €

Étape 2 : déduction des dettes. Seules les dettes afférentes aux biens immobiliers taxables sont déductibles (article 974 du CGI). L’emprunt de 140 000 € contracté pour l’acquisition de l’appartement locatif est déductible. Attention : depuis 2018, les emprunts in fine font l’objet d’un amortissement linéaire fictif pour éviter les montages d’optimisation. Dans notre cas, l’emprunt est amortissable classiquement, donc la totalité du capital restant dû est déductible.

Patrimoine net taxable : 1 584 000 − 140 000 = 1 444 000 €.

Étape 3 : application du barème.

  • 0 à 800 000 € : 0 × 0 % = 0 €
  • 800 001 à 1 300 000 € (500 000 €) : 500 000 × 0,50 % = 2 500 €
  • 1 300 001 à 1 444 000 € (144 000 €) : 144 000 × 0,70 % = 1 008 €
  • IFI brut : 3 508 €

Le taux moyen effectif ressort à 3 508 / 1 444 000 = 0,24 %. C’est un montant significatif, mais qui reste modéré grâce à l’abattement sur la résidence principale et à la déduction du capital restant dû. Sans l’abattement de 30 %, le patrimoine brut aurait atteint 1 944 000 € et l’IFI brut 5 508 € : l’abattement fait économiser 2 000 € d’IFI dans ce cas précis.

Si ce couple envisage un premier investissement locatif supplémentaire, il devra intégrer la hausse d’IFI induite dans son calcul de rendement locatif net.

Décote, plafonnement et réduction pour dons

Le législateur a prévu un mécanisme de décote pour lisser l’entrée dans l’IFI. Elle concerne les patrimoines nets taxables compris entre 1 300 000 € et 1 400 000 €. La formule est la suivante :

Décote = 17 500 − (1,25 % × patrimoine net taxable)

Pour notre couple dont le patrimoine net taxable est de 1 444 000 €, la décote ne s’applique pas car 1,25 % × 1 444 000 = 18 050 €, ce qui dépasse 17 500 €. En revanche, pour un patrimoine de 1 350 000 €, la décote serait de 17 500 − 16 875 = 625 €, ramenant l’IFI brut de 2 850 € à 2 225 €.

Le plafonnement (article 979 du CGI) limite le total de l’IFI et de l’impôt sur le revenu à 75 % des revenus du contribuable. Ce mécanisme protège notamment les retraités dont le patrimoine immobilier est élevé mais dont les revenus sont modestes. Le calcul du plafonnement est technique et nécessite de prendre en compte les revenus mondiaux nets de frais professionnels, ce qui justifie souvent le recours à un conseil fiscal.

Enfin, la réduction pour dons prévue par l’article 978 du CGI permet de déduire de l’IFI 75 % des dons effectués au profit de certains organismes d’intérêt général (fondations reconnues d’utilité publique, établissements de recherche, établissements d’enseignement supérieur). Le plafond est fixé à 50 000 € de réduction par an, ce qui correspond à un don de 66 667 €. C’est l’un des rares leviers permettant de réduire directement l’IFI dû, et il est nettement plus avantageux que la réduction IR classique à 66 %.

Plusieurs stratégies légales permettent de réduire l'IFI sans recourir à des montages risqués
Plusieurs stratégies légales permettent de réduire l’IFI sans recourir à des montages risqués

Biens exonérés et dettes déductibles : ce qui sort de l’assiette

Tous les biens immobiliers ne rentrent pas dans l’assiette de l’IFI. Le Code général des impôts prévoit plusieurs exonérations qu’il faut connaître pour ne pas surpayer :

  • Biens professionnels (article 975 du CGI) : les immeubles affectés à l’activité professionnelle principale du redevable sont totalement exonérés. Cela concerne les locaux commerciaux exploités par leur propriétaire, les cabinets, les ateliers, etc.
  • Bois et forêts : exonération partielle de 75 % sous conditions d’exploitation et d’engagement de gestion durable (article 976 du CGI).
  • Biens ruraux loués par bail à long terme : exonération partielle de 75 % jusqu’à 101 897 € puis 50 % au-delà, sous réserve d’un bail de 18 ans minimum.
  • Monuments historiques : les immeubles classés ou inscrits ouverts au public bénéficient d’une exonération partielle selon les conditions d’ouverture.

Concernant les dettes déductibles, l’article 974 du CGI pose trois conditions cumulatives : la dette doit exister au 1ᵉʳ janvier de l’année d’imposition, être à la charge personnelle du redevable, et être contractée pour l’acquisition, la construction, la réparation ou l’entretien d’un bien immobilier taxable. Les emprunts pour travaux d’amélioration du déficit foncier sont donc déductibles.

Depuis 2018, un plafond de déductibilité s’applique pour les patrimoines dépassant 5 000 000 € : la dette n’est déductible qu’à hauteur de 50 % pour la fraction excédant ce seuil. Ce mécanisme vise à limiter les stratégies d’endettement massif utilisées par certains contribuables fortunés pour réduire artificiellement leur assiette IFI.

Un point souvent oublié : la taxe foncière due au 1ᵉʳ janvier n’est pas déductible de l’assiette IFI. Elle constitue une charge courante de propriété, pas une dette afférente à l’acquisition ou aux travaux. Cette confusion est l’une des plus fréquentes dans les déclarations que j’ai pu examiner.

Erreurs fréquentes et risques en cas de contrôle fiscal

L’administration fiscale dispose d’un droit de contrôle spécifique en matière d’IFI, avec un délai de reprise de six ans (contre trois ans en matière d’impôt sur le revenu). Les erreurs les plus courantes que j’observe dans les dossiers de mes lecteurs sont les suivantes :

Sous-évaluation de la résidence principale. C’est le chef de redressement numéro un. L’administration compare votre estimation avec les transactions récentes du quartier, accessibles via la base Demande de Valeurs Foncières (DVF) et les données des Notaires de France. Une décote de 10 à 15 % pour occupation personnelle (en plus de l’abattement légal de 30 %) est généralement admise par la jurisprudence, mais elle doit être justifiée par des éléments objectifs : état du bien, nuisances, servitudes.

Oubli des parts de SCPI et d’OPCI. Les sociétés de gestion communiquent chaque année la valeur de la quote-part immobilière à déclarer. Si vous détenez plusieurs lignes de pierre papier, le cumul peut vous faire franchir le seuil sans que vous en ayez conscience. Vérifiez les relevés IFI transmis par vos gestionnaires.

Double déduction d’un emprunt. Certains contribuables déduisent l’emprunt de la valeur du bien ET le reportent dans le passif déductible. C’est une erreur : la déduction ne se fait qu’une seule fois, dans le calcul du patrimoine net taxable global.

Mauvais rattachement des biens des enfants mineurs. En cas de garde alternée après divorce, seul le parent chez qui l’enfant a sa résidence fiscale principale doit inclure le patrimoine immobilier détenu au nom de l’enfant. L’autre parent n’a pas à le déclarer.

En cas de redressement, les pénalités vont de 10 % pour insuffisance de déclaration de bonne foi à 40 % en cas de manquement délibéré, auxquels s’ajoutent les intérêts de retard de 0,20 % par mois. Sur six ans de reprise, l’addition peut être très salée.

Stratégies légales pour réduire votre IFI sans artifice

Je suis toujours méfiant vis-à-vis des montages trop agressifs. Après quatorze ans de chronique fiscale, j’ai vu suffisamment de redressements pour recommander la prudence. Voici les stratégies que je considère comme solides et défendables :

Le démembrement de propriété. Si vous détenez un bien en nue-propriété, il n’entre pas dans votre assiette IFI : c’est l’usufruitier qui le déclare (article 968 du CGI). Donner l’usufruit temporaire d’un bien locatif à vos enfants majeurs (qui perçoivent alors les loyers) permet de sortir le bien de votre patrimoine taxable. Attention : l’usufruit doit être réel et effectif. Un usufruit temporaire fictif, où vous continuez à percevoir les loyers, sera requalifié par l’administration. Le démembrement est un outil puissant mais qui ne s’improvise pas.

La cession de biens immobiliers au profit d’actifs financiers. L’IFI ne taxe que l’immobilier. Si vous vendez un appartement locatif pour investir le produit en actions, en obligations ou en fonds diversifiés, vous réduisez mécaniquement votre assiette. La question de la pertinence patrimoniale dépend de votre situation globale ; j’ai analysé en détail le comparatif long terme entre immobilier et bourse dans un article dédié.

L’investissement dans l’immobilier professionnel exploité. Si vous créez ou reprenez une activité nécessitant des locaux que vous détenez et exploitez personnellement, ces biens sortent de l’assiette IFI au titre de l’exonération des biens professionnels. Cela ne fonctionne que si l’activité est réelle et constitue votre activité principale.

L’optimisation de l’effet de levier du crédit. Plus le capital restant dû est élevé, plus votre patrimoine net taxable diminue. Un emprunt amortissable classique réduit chaque année le passif déductible, ce qui augmente progressivement l’IFI. Certains contribuables préfèrent les emprunts à durée longue pour maintenir un encours élevé, mais attention : depuis 2018, les prêts in fine sont soumis à un amortissement fictif qui neutralise partiellement cet avantage.

La réduction pour dons. Je l’ai évoquée plus haut, mais elle mérite d’être répétée : un don de 5 000 € à une fondation éligible réduit votre IFI de 3 750 €. Pour un contribuable dont l’IFI brut est de 3 508 € comme dans notre exemple, un don de 4 677 € suffirait à ramener l’IFI à zéro (4 677 × 75 % = 3 508 €). C’est l’une des stratégies les plus efficientes en termes de rapport coût-bénéfice.

La déclaration IFI pour 2026 s’effectue en même temps que la déclaration de revenus, via le formulaire 2042-IFI sur impots.gouv.fr. Les dates limites varient selon votre département de résidence : généralement entre le 22 mai et le 5 juin 2026. Préparez vos évaluations et vos relevés de passif en amont pour éviter les erreurs de dernière minute.

Si vous exploitez un bien en LMNP au réel ou en meublé de tourisme, n’oubliez pas que le bien reste dans l’assiette IFI même si les revenus relèvent des BIC. Le régime fiscal des revenus n’a aucune incidence sur le traitement IFI du bien.

À retenir

  • Vérifiez chaque année si votre patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 € au 1ᵉʳ janvier, en incluant SCPI, OPCI et assurance-vie immobilière
  • Appliquez systématiquement l’abattement de 30 % sur votre résidence principale détenue en direct ; un bien jusqu’à 1 857 000 € peut rester sous le seuil IFI grâce à cet abattement
  • Déduisez le capital restant dû de vos emprunts immobiliers, mais uniquement ceux contractés pour l’acquisition ou les travaux de biens taxables
  • Utilisez la réduction pour dons (75 % du montant, plafonnée à 50 000 €) pour réduire efficacement votre IFI dû, voire le ramener à zéro
  • Conservez les justificatifs d’évaluation (transactions comparables, diagnostics, photos) pendant six ans pour vous prémunir en cas de contrôle fiscal

Questions fréquentes


Comment l’abattement de 30 % sur la résidence principale est-il calculé pour l’IFI ?

L’abattement s’applique automatiquement sur la valeur vénale réelle de votre résidence principale au 1ᵉʳ janvier de l’année. Vous estimez la valeur de marché de votre bien (en vous appuyant sur les transactions comparables du quartier), puis vous retirez 30 %. Un appartement estimé à 1 000 000 € sera donc déclaré pour 700 000 € dans votre patrimoine IFI. Aucune démarche particulière n’est nécessaire : il suffit de reporter la valeur après abattement sur le formulaire 2042-IFI. Cet abattement n’est pas plafonné et concerne uniquement le bien occupé à titre de résidence principale effective.


Quel est le seuil d’imposition de l’IFI en 2026 ?

Le seuil d’assujettissement reste fixé à 1 300 000 € de patrimoine immobilier net taxable au 1ᵉʳ janvier 2026. Ce seuil n’a pas été revalorisé depuis la création de l’IFI en 2018. Attention : une fois le seuil franchi, le barème s’applique à partir de 800 000 €, avec un taux de 0,50 % sur la tranche de 800 001 à 1 300 000 €. La première tranche d’imposition n’est donc pas à 1,3 million mais bien à 800 000 €.


Les parts de SCPI sont-elles soumises à l’IFI ?

Oui, les parts de SCPI entrent dans l’assiette de l’IFI à hauteur de leur quote-part immobilière. Chaque société de gestion publie annuellement le pourcentage de la valeur des parts correspondant à des actifs immobiliers (généralement entre 85 % et 100 %). Vous devez multiplier la valeur de retrait de vos parts par ce pourcentage pour déterminer le montant à déclarer. Les OPCI et les unités de compte immobilières en assurance-vie sont également concernés selon la même logique.


Peut-on déduire un emprunt immobilier de l’assiette IFI ?

Oui, les emprunts contractés pour l’acquisition, la construction, la réparation, l’entretien ou l’amélioration d’un bien immobilier taxable sont déductibles du patrimoine brut (article 974 du CGI). Seul le capital restant dû au 1ᵉʳ janvier est pris en compte. Depuis 2018, les prêts in fine font l’objet d’un amortissement fictif linéaire. Par ailleurs, pour les patrimoines supérieurs à 5 000 000 €, la déductibilité est limitée à 50 % de la dette pour la fraction excédant ce montant.


L’IFI est-il plafonné en fonction des revenus ?

Oui, l’article 979 du CGI prévoit un mécanisme de plafonnement : le total de l’IFI et de l’impôt sur le revenu (prélèvements sociaux inclus) ne peut excéder 75 % des revenus nets du contribuable. Si ce plafond est dépassé, l’excédent vient en diminution de l’IFI dû. Ce dispositif protège notamment les propriétaires dont le patrimoine immobilier est important mais dont les revenus courants sont faibles, comme certains retraités ou des propriétaires de biens non productifs de revenus.


Quelles sont les sanctions en cas de sous-évaluation d’un bien pour l’IFI ?

L’administration fiscale dispose d’un délai de reprise de six ans pour contrôler les déclarations IFI. En cas de sous-évaluation constatée, les pénalités s’élèvent à 10 % du supplément d’impôt pour insuffisance de bonne foi, et à 40 % en cas de manquement délibéré (sous-évaluation volontaire et significative). Des intérêts de retard de 0,20 % par mois s’ajoutent dans tous les cas. Pour se prémunir, conservez les éléments ayant servi à l’évaluation : annonces de biens comparables, avis de valeur, diagnostics techniques.


Arthur Lemoine
Arthur Lemoine

Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.