Acheter à Paris en 2026 : arrondissements qui reprennent, arrondissements qui chutent

Dans cet article

  • Le prix moyen au m² à Paris intra-muros s’établit à 9 420 € / m² au T1 2026 selon les Notaires du Grand Paris, en recul de 0,9 % sur un an mais avec des écarts de 1 à 3 entre arrondissements
  • Les 18e, 19e et 20e arrondissements affichent un rebond de 2 à 4 % sur douze mois, portés par le retour des primo-accédants et la baisse des taux sous 3,10 %
  • Les 6e, 7e et 8e arrondissements continuent de reculer, avec des baisses de 3 à 5 % sur un an et des délais de vente qui dépassent désormais 90 jours
  • Le volume de transactions dans la capitale a progressé de 12 % au T1 2026 par rapport au T1 2025, signe d’un dégel sélectif du marché
  • La fiscalité (droits de mutation, plus-values, IFI) et le DPE pèsent différemment selon les arrondissements : je détaille les calculs complets pour chaque profil d’acheteur
  • Je classe les 20 arrondissements en trois catégories : reprise confirmée, stabilisation fragile et correction en cours, avec les fourchettes de prix actualisées

Panorama du marché parisien au T1 2026 : les chiffres officiels

Quand j’ai quitté la rédaction de Challenges pour fonder L’Aurore Immo, c’était précisément pour pouvoir écrire ce type d’analyse sans filtre commercial. Et ce que disent les chiffres du T1 2026 mérite qu’on s’y arrête : le marché parisien ne baisse plus de manière uniforme, il se fragmente.

Selon la note de conjoncture des Notaires du Grand Paris publiée en mars 2026, le prix médian au m² dans Paris intra-muros s’établit à 9 420 €, soit un recul de 0,9 % sur un an. À première vue, la correction semble terminée. En réalité, ce chiffre moyen masque des trajectoires radicalement opposées selon les arrondissements.

Le volume de transactions enregistrées sur la capitale a atteint environ 8 200 ventes au T1 2026, contre 7 300 au T1 2025. Cette progression de 12 % s’explique en grande partie par la détente des conditions de crédit : l’Observatoire Crédit Logement / CSA indique un taux moyen de 3,05 % sur 20 ans en mars 2026, contre 3,55 % un an plus tôt. La capacité d’emprunt d’un ménage au revenu médian parisien a ainsi progressé d’environ 8 % en un an. J’ai détaillé l’impact de cette baisse des taux liée aux décisions de la BCE dans mon dernier article dédié.

Mais cette reprise des volumes ne touche pas tous les quartiers de la même manière. Certains arrondissements voient les délais de vente fondre sous les 50 jours ; d’autres dépassent les 90 jours, avec des négociations à la baisse qui atteignent 7 à 9 % par rapport au prix affiché. Décryptage arrondissement par arrondissement.

Visite d'un appartement parisien par un couple de primo-accédants dans le 19e arrondissement
Visite d’un appartement parisien par un couple de primo-accédants dans le 19e arrondissement

Les arrondissements qui reprennent : 18e, 19e, 20e, 10e et 13e

C’est le fait marquant de ce début d’année : les arrondissements dits « populaires » sont ceux qui rebondissent le plus vite. Le mécanisme est limpide : ces secteurs sont les premiers à bénéficier du retour en capacité d’emprunt des primo-accédants.

Le 19e arrondissement affiche la progression la plus nette : +3,8 % sur un an selon les données notariales, avec un prix médian qui remonte à environ 7 150 € / m². Les Buttes-Chaumont, le quartier Amérique et la frange sud du parc de la Villette concentrent l’essentiel de la demande. Les biens rénovés avec un DPE classé C ou mieux partent en moins de 40 jours.

Le 20e arrondissement suit une trajectoire similaire : +2,9 % sur un an, prix médian autour de 7 350 € / m². Le secteur Gambetta-Père Lachaise reste le plus recherché, mais je note un report de demande vers Ménilmontant et la Porte de Bagnolet, où les prix au m² descendent sous les 7 000 €. Pour les acquéreurs sensibles aux questions de performance énergétique, ces quartiers offrent un stock important de biens classés D ou E à rénover, avec une décote de 10 à 15 % par rapport aux biens déjà aux normes.

Le 18e arrondissement enregistre +2,3 % sur un an, mais avec de fortes disparités internes. Le secteur Montmartre-Abbesses reste cher (autour de 10 500 € / m²) et plutôt stable. C’est le triangle Jules Joffrin, Marcadet, Ordener qui tire la moyenne vers le haut, avec des prix autour de 8 200 € / m² et un afflux de jeunes ménages bi-actifs.

Le 10e arrondissement bénéficie de sa position de carrefour entre les gares du Nord et de l’Est et le canal Saint-Martin. La hausse atteint +2,1 % sur un an, avec un prix médian de 9 100 € / m². Les petites surfaces (studios et deux-pièces) se vendent particulièrement vite, portées par la demande locative étudiante et jeune active.

Le 13e arrondissement, enfin, progresse de +1,7 %, soutenu par les livraisons de programmes neufs autour de Paris Rive Gauche et les derniers aménagements du quartier Masséna. Le prix médian s’y établit autour de 8 400 € / m². Pour comprendre la situation du neuf dans la capitale, je renvoie à mon analyse du marché des mises en chantier en 2026.

Les arrondissements qui chutent : 6e, 7e, 8e, 16e et 1er

À l’autre bout du spectre, les arrondissements les plus chers de la capitale continuent de corriger. Et cette fois, la baisse n’est plus seulement technique : elle reflète un changement structurel de la demande.

Le 7e arrondissement accuse la plus forte baisse : -4,8 % sur un an, avec un prix médian qui passe sous les 12 800 € / m². Trois facteurs convergent. Premièrement, le renforcement de l’IFI : les acquéreurs patrimoniaux intègrent désormais un coût fiscal annuel de 0,5 à 0,7 % de la valeur du bien, ce qui pèse sur le rendement global. Deuxièmement, l’offre de grands appartements haussmanniens classés E ou F au DPE se heurte aux contraintes du calendrier d’interdiction de location et aux coûts de rénovation en copropriété, que j’ai détaillés dans mon article sur les charges de copropriété. Troisièmement, la clientèle internationale, historiquement forte dans ce secteur, se détourne partiellement vers Lisbonne et Milan, où les régimes fiscaux restent plus attractifs.

Le 6e arrondissement recule de 4,2 %, à un prix médian d’environ 13 100 € / m². Saint-Germain-des-Prés et le Luxembourg ne sont plus les valeurs refuge absolues qu’ils étaient il y a cinq ans. Les transactions au-dessus de 2 millions d’euros prennent en moyenne 110 jours pour se conclure, contre 65 jours en 2021. Les négociations y sont parmi les plus dures de la capitale.

Le 8e arrondissement perd 3,6 %, avec un prix médian autour de 11 200 € / m². Le triangle d’or résiste mieux que le secteur Europe-Saint-Lazare, mais l’ensemble du marché pâtit de la raréfaction des acheteurs capables de mobiliser 800 000 € et plus d’apport personnel. Les règles du HCSF, qui plafonnent l’endettement à 35 % des revenus et la durée à 25 ans, rendent ces achats quasi impossibles sans un apport supérieur à 40 %.

Le 16e arrondissement poursuit sa lente érosion : -3,1 % sur un an, prix médian à 10 300 € / m². Auteuil et Passy restent demandés pour les familles, mais le sud du 16e (Porte de Saint-Cloud, Exelmans) subit un vieillissement du parc et une vacance locative croissante sur les grandes surfaces.

Le 1er arrondissement, enfin, recule de 2,8 %. Ce micro-marché (à peine 400 à 500 transactions par an) est très sensible aux variations de la demande étrangère et aux aléas du luxe. Le prix médian tourne autour de 12 500 € / m², mais les écarts entre le quartier des Halles et la place Vendôme rendent cette moyenne peu significative.

Immeuble haussmannien avec panneau de vente dans un arrondissement de l'ouest parisien
Immeuble haussmannien avec panneau de vente dans un arrondissement de l’ouest parisien

La zone intermédiaire : les arrondissements en stabilisation fragile

Entre la reprise des quartiers populaires et la correction des secteurs premium, dix arrondissements oscillent dans une fourchette de -1 % à +1 % sur un an. C’est la zone grise du marché parisien, celle où l’orientation dépendra des décisions de la BCE au second semestre et du moral des ménages.

Le 11e arrondissement (+0,6 %, prix médian 9 600 € / m²) bénéficie du dynamisme du secteur Oberkampf-Parmentier. Le 9e (+0,3 %, 9 800 € / m²) profite de l’effet Nouvelle Athènes et de la proximité des grands magasins. Le 14e (-0,2 %, 9 100 € / m²) et le 15e (-0,5 %, 9 300 € / m²) restent des marchés de confort pour les familles, avec des volumes stables mais sans élan.

Le 12e arrondissement (+0,4 %, 8 900 € / m²) tire son épingle du jeu grâce à Bercy et à la coulée verte, tandis que le 5e (-0,8 %, 11 400 € / m²) subit le même phénomène que le 6e en version atténuée : vieillissement du parc, clientèle patrimoniale attentiste.

Pour le 2e (+0,1 %, 10 200 € / m²), le 3e (-0,4 %, 11 600 € / m²), le 4e (-0,7 %, 12 200 € / m²) et le 17e (+0,2 %, 9 700 € / m²), la situation est celle d’un marché en attente. Les vendeurs n’acceptent pas encore les nouvelles références de prix ; les acheteurs refusent de surpayer. Le résultat : des volumes faibles et des délais qui s’allongent.

Les quatre facteurs qui expliquent ces disparités

Après quatorze ans à couvrir le marché résidentiel, je constate que quatre variables expliquent l’essentiel des écarts de trajectoire entre arrondissements parisiens en 2026.

1. L’effet taux et capacité d’emprunt. La baisse des taux de 3,55 % à 3,05 % sur vingt ans a augmenté la capacité d’emprunt d’environ 8 %. Mais cet effet bénéficie surtout aux budgets entre 300 000 et 600 000 €, c’est-à-dire les acquéreurs des arrondissements est et nord. Au-delà de 800 000 €, c’est l’apport qui fait la différence, et les taux ont moins d’impact. Ce mécanisme, je l’ai détaillé dans mon comparatif acheter ou louer en 2026.

2. Le DPE et le calendrier des passoires thermiques. La loi Climat et Résilience interdit la mise en location des logements classés G depuis le 1er janvier 2025. Les arrondissements dont le parc est le plus ancien (1er au 8e, mais aussi 16e) concentrent une part élevée de logements classés E, F et G. Les diagnostics immobiliers obligatoires en 2026 incluent désormais un audit énergétique renforcé pour les monopropriétés, ce qui alourdit le coût d’entrée pour les investisseurs.

3. La démographie et les flux migratoires intra-franciliens. L’INSEE note un solde migratoire négatif pour Paris depuis 2020, mais ce solde se stabilise en 2025-2026. Les ménages qui restent ou reviennent sont majoritairement des couples bi-actifs entre 30 et 45 ans, dont le budget se situe entre 400 000 et 700 000 €. Ce profil cible naturellement le 10e, le 11e, le 18e, le 19e et le 20e.

4. La fiscalité patrimoniale. L’IFI, les droits de mutation à 8,07 % en Île-de-France (dont 4,5 % de taxe départementale depuis la hausse votée en loi de finances 2025), et la taxation des plus-values immobilières créent un coût de détention et de transaction élevé qui pèse proportionnellement plus sur les biens chers. Un appartement à 1,5 million d’euros dans le 7e supporte environ 121 000 € de droits de mutation, contre 48 000 € pour un bien à 600 000 € dans le 19e.

Fiscalité de l’achat à Paris en 2026 : ce que personne ne vous calcule

Je vais être direct : la plupart des simulateurs en ligne sous-estiment le coût réel d’un achat à Paris. Voici les postes que je détaille systématiquement à mes lecteurs.

Droits de mutation (« frais de notaire ») dans l’ancien : ils s’élèvent à environ 8,07 % du prix de vente à Paris depuis 2025, dont 4,5 % de taxe de publicité foncière départementale, 1,2 % de taxe communale, 2,37 % d’émoluments et frais divers. Sur un achat à 500 000 €, cela représente environ 40 350 €. Dans le neuf, les droits tombent à environ 2 à 3 %, mais le stock de programmes neufs à Paris est quasi inexistant, comme je l’explique dans mon analyse du marché neuf.

Coût du crédit : sur un emprunt de 400 000 € à 3,05 % sur 20 ans, le coût total des intérêts atteint environ 135 000 €, avec une mensualité hors assurance d’environ 2 230 €. L’assurance emprunteur (0,25 à 0,35 % du capital selon le profil) ajoute 83 à 117 € par mois.

Taxe foncière : elle varie fortement d’un arrondissement à l’autre. Pour un 60 m² estimé à 550 000 €, la taxe foncière oscille entre 900 et 1 600 € par an selon l’arrondissement et la base cadastrale révisée. Le 13e et le 19e sont parmi les moins chers ; le 6e et le 7e parmi les plus élevés.

Charges de copropriété : entre 25 et 55 € / m² / an à Paris selon l’âge de l’immeuble, la présence d’un gardien, d’un ascenseur et le niveau de charges de chauffage collectif. Sur un 60 m², comptez entre 1 500 et 3 300 € par an. Les immeubles haussmanniens des 6e, 7e et 8e sont souvent dans le haut de la fourchette.

IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) : si votre patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d’euros, l’IFI s’applique selon le barème progressif de l’article 977 du Code général des impôts : 0,5 % entre 800 000 et 1 300 000 €, 0,7 % entre 1 300 000 et 2 570 000 €, etc. Un bien de 1,5 million d’euros seul dans votre patrimoine génère un IFI d’environ 3 500 € par an après abattement de 30 % sur la résidence principale.

Pour les investisseurs en LMNP ou via SCI familiale, les paramètres fiscaux sont encore plus complexes et méritent une analyse dédiée.

Bureau de notaire avec documents de vente immobilière prêts à la signature
Bureau de notaire avec documents de vente immobilière prêts à la signature

Tableau comparatif des 20 arrondissements : prix, tendance et délais

J’ai compilé les données des Notaires du Grand Paris, de MeilleursAgents et de la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) pour établir ce tableau synthétique. Les prix sont des médianes au m² au T1 2026 ; les variations sont sur douze mois glissants.

Arrondissement Prix médian m² (T1 2026) Variation sur 1 an Délai moyen de vente Catégorie
1er 12 500 € -2,8 % 85 jours Correction
2e 10 200 € +0,1 % 68 jours Stabilisation
3e 11 600 € -0,4 % 72 jours Stabilisation
4e 12 200 € -0,7 % 75 jours Stabilisation
5e 11 400 € -0,8 % 70 jours Stabilisation
6e 13 100 € -4,2 % 95 jours Correction
7e 12 800 € -4,8 % 100 jours Correction
8e 11 200 € -3,6 % 92 jours Correction
9e 9 800 € +0,3 % 55 jours Stabilisation
10e 9 100 € +2,1 % 48 jours Reprise
11e 9 600 € +0,6 % 52 jours Stabilisation
12e 8 900 € +0,4 % 55 jours Stabilisation
13e 8 400 € +1,7 % 50 jours Reprise
14e 9 100 € -0,2 % 58 jours Stabilisation
15e 9 300 € -0,5 % 60 jours Stabilisation
16e 10 300 € -3,1 % 88 jours Correction
17e 9 700 € +0,2 % 58 jours Stabilisation
18e 8 200 € +2,3 % 45 jours Reprise
19e 7 150 € +3,8 % 42 jours Reprise
20e 7 350 € +2,9 % 44 jours Reprise

Sources : Notaires du Grand Paris (note T1 2026), base DVF, compilations L’Aurore Immo. Les prix sont des médianes tous types de biens confondus.

Quelle stratégie d’achat selon votre profil ?

Chaque profil d’acheteur a intérêt à lire le marché différemment. Voici mes recommandations, fondées sur les données ci-dessus.

Primo-accédant, budget 300 000 à 500 000 € : c’est le moment de regarder sérieusement le 19e, le 20e et le 13e. Les prix y sont encore 20 à 25 % en dessous du pic de 2022, la reprise est récente, et l’offre de biens rénovés reste suffisante pour négocier. Avec un taux à 3,05 % et un apport de 10 à 15 %, un deux-pièces de 40 m² dans le 19e (budget total autour de 310 000 € frais inclus) reste accessible à un couple gagnant 4 500 € nets par mois. Pour affiner votre réflexion entre achat et location, consultez mon calcul comparatif détaillé.

Secundo-accédant, budget 600 000 à 900 000 € : les 9e, 10e, 11e et 12e offrent le meilleur rapport entre qualité de vie, potentiel de valorisation et stabilité des prix. Attention cependant au coût des travaux de rénovation énergétique dans les immeubles anciens : un ravalement avec isolation par l’extérieur peut coûter 15 000 à 25 000 € par lot en copropriété. Exigez le procès-verbal des trois dernières assemblées générales avant de signer.

Investisseur locatif : Paris n’est pas la ville la plus rentable de France, loin de là. Le rendement locatif brut moyen y oscille entre 2,8 et 4,2 % selon l’arrondissement, et descend à 1,8 à 3 % net après charges et fiscalité. Les villes moyennes offrent souvent de bien meilleures performances, comme je l’ai montré dans mon analyse des villes moyennes et dans les dix villes où la tendance s’inverse. Si vous tenez à investir à Paris, le 19e et le 20e restent les plus intéressants en rendement brut, mais vérifiez le DPE et provisionnez les travaux.

Acheteur patrimonial, budget supérieur à 1,2 million € : les 6e, 7e et 8e offrent des points d’entrée historiquement bas en prix au m². Mais ne vous précipitez pas. Les délais de vente longs et les marges de négociation de 7 à 9 % indiquent que la correction n’est probablement pas terminée. Attendez de voir l’impact des décisions de la BCE au second semestre avant de vous positionner. Et intégrez systématiquement l’IFI dans votre calcul de rendement global.

Perspectives pour le second semestre 2026

Je ne suis ni optimiste ni pessimiste : je lis les données. Et voici ce qu’elles suggèrent pour les six prochains mois.

Scénario central (probabilité que j’estime à 60 %) : la BCE abaisse son taux directeur d’un cran supplémentaire au T3 2026, ramenant le taux moyen des crédits immobiliers autour de 2,85 à 2,95 % sur 20 ans d’ici décembre. Dans ce scénario, la reprise des arrondissements est et nord se confirme (+2 à 3 % sur l’année pleine), la stabilisation se poursuit dans les arrondissements intermédiaires, et la correction ralentit dans l’ouest et le centre sans s’inverser. Le marché parisien dans son ensemble afficherait une quasi-stabilité sur l’année 2026, entre -0,5 % et +0,5 % en moyenne.

Scénario favorable (20 % de probabilité) : une baisse plus marquée des taux sous les 2,80 % relancerait la demande solvable sur un spectre plus large d’arrondissements. Les volumes pourraient dépasser 35 000 transactions annuelles à Paris, un niveau proche de la moyenne de longue période. Même les arrondissements premium pourraient stabiliser.

Scénario défavorable (20 % de probabilité) : un choc géopolitique ou une remontée de l’inflation pourrait geler la baisse des taux, voire provoquer un léger rebond. Les arrondissements en correction poursuivraient leur recul, et la stabilisation fragile des arrondissements intermédiaires se transformerait en légère baisse. Ce scénario pénaliserait surtout les acheteurs qui se seraient positionnés sans marge de négociation suffisante.

Le bilan 2025 nous a montré que le marché parisien sait se retourner vite. La prudence reste de mise, mais l’attentisme systématique n’est plus la bonne stratégie dans les arrondissements où la reprise est engagée.

À retenir

  • Ciblez les 18e, 19e, 20e, 10e et 13e si vous cherchez un arrondissement en reprise avec un budget de primo-accédant : les prix y sont 20 à 25 % sous le pic de 2022
  • Négociez 7 à 9 % sous le prix affiché dans les 6e, 7e, 8e et 16e : les vendeurs finissent par céder face à des délais de vente qui dépassent 90 jours
  • Intégrez systématiquement les droits de mutation à 8,07 %, la taxe foncière, les charges de copropriété et l’IFI dans votre calcul de coût total ; un bien à 1 million d’euros coûte en réalité 1 080 000 € dès la signature
  • Exigez un DPE classé C ou mieux, ou provisionnez 15 000 à 25 000 € de travaux énergétiques par lot si vous achetez un bien classé D ou E en copropriété ancienne
  • Attendez le T3 2026 et la prochaine décision de la BCE avant de vous positionner sur un bien patrimonial au-dessus de 1,2 million d’euros dans les arrondissements ouest

Questions fréquentes


Quels sont les arrondissements de Paris les moins chers au m² en 2026 ?

Au T1 2026, les arrondissements les moins chers sont le 19e (environ 7 150 € / m²) et le 20e (environ 7 350 € / m²), suivis du 13e (8 400 € / m²) et du 18e (8 200 € / m²). Ces quatre arrondissements sont aussi ceux qui affichent la reprise la plus nette, ce qui signifie que les prix les plus bas correspondent actuellement aux secteurs les plus dynamiques en termes de transactions.

Est-ce le bon moment pour acheter à Paris en 2026 ?

Cela dépend de l’arrondissement et de votre profil. Dans les 18e, 19e, 20e, 10e et 13e, la reprise est engagée : attendre pourrait vous coûter 2 à 4 % de hausse supplémentaire. Dans les arrondissements premium (6e, 7e, 8e), la correction se poursuit et il reste probablement de la marge de négociation. Le taux moyen à 3,05 % sur 20 ans offre une fenêtre d’opportunité réelle pour les primo-accédants. Consultez mon comparatif acheter ou louer pour trancher selon votre situation.

Comment négocier le prix d’un appartement à Paris en 2026 ?

La marge de négociation varie fortement selon l’arrondissement. Dans les secteurs en correction (6e, 7e, 8e, 16e), les acheteurs obtiennent régulièrement 7 à 9 % de remise par rapport au prix affiché, car les délais de vente dépassent 90 jours. Dans les arrondissements en reprise (19e, 20e, 18e), les marges sont plus serrées, autour de 2 à 4 %. Pour maximiser votre pouvoir de négociation : présentez une offre avec un financement déjà validé par votre banque, identifiez les points faibles du bien (DPE, travaux de copropriété votés, nuisances) et n’hésitez pas à rappeler les références de prix réelles issues de la base DVF (disponible sur data.gouv.fr).

Quels sont les frais de notaire pour un achat à Paris en 2026 ?

Les droits de mutation dans l’ancien à Paris s’élèvent à environ 8,07 % du prix de vente depuis la hausse de la taxe départementale votée en loi de finances 2025. Sur un achat à 500 000 €, comptez environ 40 350 €. Ce montant inclut 4,5 % de taxe de publicité foncière départementale, 1,2 % de taxe communale, et le solde en émoluments notariés et frais divers. Dans le neuf (VEFA), les droits sont réduits à environ 2 à 3 %, mais le stock de programmes neufs à Paris reste extrêmement limité en 2026.

Quel rendement locatif espérer à Paris en 2026 ?

Le rendement locatif brut moyen à Paris oscille entre 2,8 et 4,2 % selon l’arrondissement. Les 19e et 20e offrent les meilleurs rendements bruts (3,8 à 4,2 %), tandis que les 6e et 7e descendent sous les 3 %. En net, après déduction des charges de copropriété, de la taxe foncière, de la vacance locative (estimez 4 à 5 semaines par an) et de la fiscalité sur les revenus fonciers, le rendement tombe entre 1,8 et 3 % net. Paris reste avant tout un placement patrimonial ; pour du rendement pur, les villes moyennes en reprise offrent de meilleures performances.

Le DPE influence-t-il les prix au m² à Paris ?

Oui, et de manière croissante. Un logement classé F ou G au DPE se vend en moyenne 10 à 18 % moins cher qu’un bien équivalent classé C ou mieux dans le même arrondissement. Cette décote s’est accentuée depuis l’interdiction de location des logements G au 1er janvier 2025. Les arrondissements centraux et ouest (1er au 8e, 16e), dont le parc haussmannien est souvent mal isolé, concentrent une forte proportion de biens énergivores. C’est l’un des facteurs qui expliquent la surperformance des arrondissements est, où le parc est plus récent ou déjà rénové. Consultez mon article sur les passoires thermiques pour comprendre le calendrier réglementaire.


Arthur Lemoine
Arthur Lemoine

Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.