Bail locatif : clauses illégales qu’on retrouve encore en 2026

Dans cet article

  • La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (modifiée par la loi ALUR puis la loi ELAN) liste 18 catégories de clauses réputées non écrites dans un bail d’habitation, que le logement soit vide ou meublé
  • En 2026, la Commission des clauses abusives et les tribunaux d’instance continuent de sanctionner des clauses pourtant présentes dans des milliers de contrats signés chaque mois
  • Une clause réputée non écrite est nulle de plein droit : le locataire n’a pas besoin de saisir un juge pour qu’elle soit privée d’effet, mais il peut le faire pour obtenir restitution des sommes indûment versées
  • Les clauses les plus fréquentes concernent les pénalités de retard de loyer, l’interdiction d’héberger un tiers, l’obligation de souscrire une assurance auprès d’un assureur imposé et les frais de relance
  • Le locataire dispose d’un délai de 3 ans (prescription de droit commun, article 7-1 de la loi de 1989) pour contester une clause abusive et réclamer le remboursement des sommes perçues à tort
  • Je détaille ici 12 clauses illégales concrètes, les textes de référence exacts et la marche à suivre pour les faire tomber

Je relis des baux toutes les semaines depuis quinze ans. D’abord pour mes chroniques aux Échos, puis à Challenges, aujourd’hui pour L’Aurore Immo. Et le constat ne change pas : des clauses illégales se glissent encore dans une proportion significative de contrats signés en 2026. Parfois par ignorance du bailleur, parfois par copier-coller d’un modèle obsolète trouvé en ligne, parfois par calcul délibéré. Le résultat est le même : le locataire paie ce qu’il ne doit pas, ou se prive de droits qui lui appartiennent.

Cet article n’est ni un pamphlet anti-propriétaire ni un guide militant. C’est un décryptage juridique factuel, appuyé sur les textes en vigueur, la jurisprudence récente et les recommandations de la Commission des clauses abusives. Que vous soyez locataire ou bailleur, vous avez intérêt à connaître ces règles : le locataire pour se défendre, le bailleur pour sécuriser son contrat et éviter un contentieux coûteux.

Le cadre juridique : pourquoi certaines clauses sont réputées non écrites

Le socle du droit locatif résidentiel en France repose sur la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dite loi Mermaz-Malandain, profondément remaniée par la loi ALUR du 24 mars 2014 puis la loi ELAN du 23 novembre 2018. L’article 4 de cette loi dresse la liste des clauses réputées non écrites dans tout bail d’habitation soumis à ce texte (logement vide ou meublé constituant la résidence principale du locataire).

Le mécanisme juridique est simple : une clause « réputée non écrite » est considérée comme n’ayant jamais existé. Elle n’a pas besoin d’être annulée par un juge pour être privée d’effet. Le reste du bail demeure valable. C’est une protection d’ordre public, ce qui signifie qu’aucun accord entre les parties ne peut y déroger.

En complément de l’article 4, la Commission des clauses abusives (recommandation n° 2000-01) a identifié 28 types de clauses abusives dans les baux d’habitation. Les juridictions s’y réfèrent régulièrement, même si ces recommandations n’ont pas force contraignante directe.

Trois sources de droit se combinent donc :

  • L’article 4 de la loi du 6 juillet 1989 : liste limitative de clauses réputées non écrites
  • Le Code de la consommation (articles L. 212-1 et suivants) : applicable lorsque le bailleur agit en professionnel
  • Les recommandations de la Commission des clauses abusives : guide d’interprétation pour les juges

J’insiste sur un point souvent mal compris : ces règles s’appliquent aux baux d’habitation principale. Les baux commerciaux, professionnels ou les locations saisonnières obéissent à d’autres régimes. Si vous cherchez des informations sur la fiscalité du meublé, j’ai consacré un article séparé au sujet.

Relire intégralement son bail avant signature reste le meilleur réflexe du locataire averti
Relire intégralement son bail avant signature reste le meilleur réflexe du locataire averti

Clauses financières interdites : pénalités, frais de relance et retenues abusives

C’est le terrain le plus miné. Voici les clauses financières que je retrouve le plus souvent dans les baux que l’on me soumet.

1. Pénalités de retard de loyer

La clause classique : « Tout retard de paiement du loyer entraînera une pénalité de X % par mois de retard » ou « une indemnité forfaitaire de 50 € par échéance impayée ». Cette clause est réputée non écrite en vertu de l’article 4, alinéa g) de la loi de 1989. Le texte interdit toute clause prévoyant des pénalités en cas de retard dans le paiement du loyer ou des charges.

Le bailleur n’est pas démuni pour autant : en cas d’impayés persistants, il peut engager une procédure de résiliation du bail et demander des dommages-intérêts au juge, mais il ne peut pas s’auto-attribuer des pénalités contractuelles.

2. Frais de relance ou de mise en demeure à la charge du locataire

« Les frais de relance (courrier, mise en demeure) seront à la charge du locataire à hauteur de 15 € par courrier. » Là encore, c’est interdit. L’article 4, alinéa g) couvre aussi les frais liés à l’envoi de lettres de rappel. Seuls les frais de commandement de payer délivré par huissier (désormais commissaire de justice) peuvent être mis à la charge du locataire, et uniquement dans le cadre d’une clause résolutoire régulièrement mise en œuvre.

3. Prélèvement automatique obligatoire

Le bailleur ne peut pas imposer au locataire un mode de paiement unique. Exiger un prélèvement automatique ou un virement permanent comme seul moyen de règlement est illégal (article 4, alinéa h). Le locataire est libre de payer par chèque, virement, espèces (dans la limite de 1 000 €) ou tout autre moyen légal.

4. Majoration automatique du loyer au-delà de l’IRL

Dans les zones tendues soumises à l’encadrement des loyers, certains baux prévoient une clause de révision indexée sur un indice différent de l’Indice de Référence des Loyers (IRL) publié par l’INSEE, ou une majoration forfaitaire annuelle. Seule la révision fondée sur l’IRL est autorisée (article 17-1 de la loi de 1989). Toute autre formule est réputée non écrite. Pour comprendre l’impact fiscal global d’un investissement locatif, je vous renvoie à mon analyse du rendement locatif brut vs net.

Clauses portant atteinte à la vie privée et aux libertés du locataire

5. Interdiction d’héberger un tiers

J’ai encore vu cette clause le mois dernier dans un bail parisien : « Le locataire s’interdit d’héberger toute personne ne figurant pas au contrat. » C’est une atteinte frontale au droit fondamental d’héberger des proches. L’article 4, alinéa b) de la loi de 1989 interdit expressément toute clause qui restreint la liberté du locataire d’héberger des personnes ne vivant pas habituellement avec lui.

Attention à la nuance : le bailleur peut interdire la sous-location (article 8 de la loi de 1989), qui suppose une contrepartie financière. Mais héberger gratuitement un ami, un parent ou un compagnon relève de la liberté individuelle et ne peut être prohibé. Pour aller plus loin sur les montages de colocation, consultez mon article sur la colocation comme investissement.

6. Interdiction totale de détenir un animal

La loi du 9 juillet 1970 (article 10-I) interdit de manière générale toute clause prohibant la détention d’un animal dans un logement loué. Le bailleur peut toutefois restreindre la détention de chiens de catégorie 1 (chiens d’attaque) conformément à la loi du 6 janvier 1999. Pour tous les autres animaux domestiques, l’interdiction est réputée non écrite.

En pratique, le locataire reste responsable des dégradations causées par l’animal et des troubles de voisinage, mais le bailleur ne peut pas poser un interdit de principe.

7. Droit de visite sans accord du locataire

« Le bailleur ou son mandataire pourra accéder au logement à tout moment pour vérifier son état. » Cette clause est nulle. Le domicile du locataire est inviolable (article 226-4 du Code pénal). Même pour des visites de relocation ou de vente, la loi limite le droit de visite à 2 heures par jour ouvrable et exclut les dimanches et jours fériés, et uniquement avec l’accord du locataire sur les horaires (article 4, alinéa a). Aucune clause ne peut aller au-delà.

La remise des clés ne dispense pas de vérifier la conformité juridique du contrat signé
La remise des clés ne dispense pas de vérifier la conformité juridique du contrat signé

Clauses travaux et entretien : ce que le bailleur ne peut pas imposer

8. Mise à la charge du locataire de réparations incombant au bailleur

Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 liste précisément les réparations locatives à la charge du locataire. Tout ce qui n’y figure pas relève du bailleur. Une clause mettant à la charge du locataire le remplacement d’une chaudière vétuste, la réfection de la toiture ou le ravalement de façade est illégale (article 6 de la loi de 1989).

En pratique, la frontière est parfois ténue. Le locataire doit l’entretien courant : ramonage, entretien de la chaudière (visite annuelle obligatoire), remplacement des joints, graissage des serrures. Mais le remplacement d’un équipement vétuste (ballon d’eau chaude en fin de vie, volet roulant hors d’usage par usure normale) incombe au bailleur.

9. Obligation de travaux d’embellissement en fin de bail

« Le locataire devra remettre les murs en peinture blanche à la sortie. » Si le bail dure depuis plusieurs années, les murs se défraîchissent naturellement. Le locataire n’est tenu que de la remise en état liée aux dégradations qui lui sont imputables, pas de l’usure normale (vétusté). Depuis la loi ALUR, les parties doivent d’ailleurs appliquer une grille de vétusté (accord collectif ou grille agréée) lors de l’état des lieux de sortie. Une clause imposant une remise à neuf systématique est réputée non écrite.

10. Interdiction de percer les murs ou d’aménager le logement

Le locataire a le droit d’aménager son logement librement, sous réserve de ne pas réaliser de transformation (modification de la structure ou de la distribution des pièces) sans l’accord du bailleur. En revanche, accrocher des tableaux, installer des étagères, percer quelques trous pour fixer un meuble : ce sont des aménagements qui relèvent du droit d’usage normal. Une clause interdisant tout percement est abusive au sens de la recommandation de la Commission des clauses abusives.

Assurance imposée et dépôt de garantie : les abus récurrents

11. Obligation de souscrire une assurance auprès d’un assureur désigné

Le locataire est tenu de s’assurer contre les risques locatifs (article 7, alinéa g de la loi de 1989). Mais il a le libre choix de son assureur. Toute clause imposant un assureur spécifique ou une compagnie partenaire du bailleur est réputée non écrite (article 4, alinéa n). Le bailleur peut seulement exiger la preuve de la souscription d’une assurance.

12. Dépôt de garantie supérieur au plafond légal

Pour un logement vide, le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges (article 22 de la loi de 1989). Pour un meublé, il est plafonné à 2 mois hors charges. Toute somme exigée au-delà est illégale. J’ai récemment vu un bail meublé exigeant 3 mois de dépôt : le locataire était en droit de réclamer la restitution immédiate du surplus.

Par ailleurs, la retenue sur le dépôt de garantie à la sortie doit être justifiée par des factures ou devis. Une retenue forfaitaire sans justificatif (« 500 € pour remise en état ») est contestable. Le bailleur dispose d’un délai de 1 mois (si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée) ou 2 mois (en cas de différence) pour restituer le dépôt, faute de quoi il est majoré de 10 % du loyer par mois de retard. Pour les questions de fiscalité liées à votre patrimoine immobilier, consultez mon guide sur l’IFI 2026.

Tableau récapitulatif des 12 clauses illégales les plus fréquentes

Clause illégale Fondement juridique Ce que le bailleur peut faire légalement
Pénalités de retard de loyer Art. 4, al. g) loi 1989 Engager une procédure de résiliation et demander des dommages-intérêts au juge
Frais de relance facturés au locataire Art. 4, al. g) loi 1989 Faire délivrer un commandement de payer par commissaire de justice
Prélèvement automatique obligatoire Art. 4, al. h) loi 1989 Proposer (sans imposer) un mode de paiement
Révision du loyer hors IRL Art. 17-1 loi 1989 Appliquer la variation annuelle de l’IRL publié par l’INSEE
Interdiction d’héberger un tiers Art. 4, al. b) loi 1989 Interdire la sous-location non autorisée (art. 8)
Interdiction totale de détenir un animal Loi du 9 juillet 1970, art. 10-I Restreindre uniquement les chiens de catégorie 1
Droit de visite illimité du bailleur Art. 4, al. a) loi 1989 Négocier des créneaux de visite (max 2 h/jour ouvrable)
Grosses réparations à la charge du locataire Art. 6 loi 1989 ; décret 87-712 Facturer les réparations locatives listées au décret
Remise en peinture obligatoire à la sortie Art. 3-3 loi 1989 (grille de vétusté) Appliquer la grille de vétusté pour les dégradations imputables
Interdiction de percer les murs Recommandation CCA n° 2000-01 Interdire les transformations structurelles sans accord
Assureur imposé Art. 4, al. n) loi 1989 Exiger une attestation d’assurance annuelle
Dépôt de garantie supérieur au plafond Art. 22 loi 1989 Exiger 1 mois (vide) ou 2 mois (meublé) hors charges

Le tribunal judiciaire reste le recours ultime pour faire constater la nullité d'une clause abusive
Le tribunal judiciaire reste le recours ultime pour faire constater la nullité d’une clause abusive

Comment contester une clause illégale : procédure et recours

Si vous identifiez une clause illégale dans votre bail, voici la marche à suivre, étape par étape.

Étape 1 : vérifier le fondement juridique

Identifiez l’article de la loi de 1989 ou la recommandation de la Commission des clauses abusives qui rend la clause illégale. Ce travail de qualification est essentiel pour crédibiliser votre démarche. Le site service-public.fr propose un résumé clair des clauses interdites, avec renvoi aux textes.

Étape 2 : adresser un courrier au bailleur

Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception à votre bailleur (ou à son mandataire de gestion). Citez la clause litigieuse, l’article de loi concerné, et demandez soit la suppression de la clause par avenant, soit le remboursement des sommes indûment perçues. Un ton factuel et courtois est toujours plus efficace qu’une mise en demeure agressive.

Étape 3 : saisir la Commission départementale de conciliation

En l’absence de réponse satisfaisante sous un mois, vous pouvez saisir la Commission départementale de conciliation (CDC). Cette saisine est gratuite et constitue un préalable recommandé (obligatoire dans certains cas, notamment les litiges liés au loyer). La CDC rend un avis dans un délai de 2 mois. Si la conciliation échoue, vous pouvez saisir le juge.

Étape 4 : saisir le tribunal judiciaire

Le juge des contentieux de la protection (ex-juge d’instance) est compétent pour les litiges locatifs. Vous pouvez le saisir sans avocat pour les demandes inférieures à 5 000 €. Le juge constatera que la clause est réputée non écrite et pourra condamner le bailleur au remboursement des sommes indûment perçues, avec intérêts.

Le délai de prescription est de 3 ans à compter du moment où le locataire a connaissance de l’irrégularité (article 7-1 de la loi de 1989). Je vous conseille donc de relire votre bail attentivement dès la signature, et de contester rapidement si nécessaire.

Pour les bailleurs, sachez qu’un bail comportant des clauses illégales fragilise l’ensemble du contrat et peut se retourner contre vous en cas de contentieux. Investir dans un modèle de bail conforme est bien moins coûteux qu’un procès. Si vous êtes en phase de réflexion sur votre premier investissement locatif, intégrez cette dimension juridique dès le départ.

Mes conseils pour locataires et bailleurs responsables

Après quinze ans de chroniques immobilières, voici ce que je retiens de ce sujet récurrent.

Pour les locataires :

  • Lisez votre bail intégralement avant de le signer. Je sais, c’est fastidieux. Mais 20 minutes de lecture peuvent vous économiser des centaines d’euros et des mois de contentieux
  • Conservez une copie de votre bail et de tous les échanges écrits avec votre bailleur
  • En cas de doute, consultez une ADIL (Agence départementale d’information sur le logement) : c’est gratuit et les conseillers juridiques sont compétents
  • Ne renoncez pas à un droit parce que « c’est écrit dans le bail ». Si la clause est illégale, elle n’a aucune valeur

Pour les bailleurs :

  • Utilisez un modèle de bail conforme et mis à jour. L’ANIL propose un contrat type gratuit
  • Faites relire votre bail par un professionnel (administrateur de biens, avocat spécialisé) si vous gérez en direct
  • Supprimez spontanément toute clause non conforme de vos baux en cours par avenant : cela vous protégera en cas de litige futur
  • La meilleure protection contre les impayés n’est pas une clause pénale illégale, mais une sélection rigoureuse du locataire et une gestion réactive

Un dernier mot sur les baux meublés : les mêmes règles s’appliquent pour les locations meublées constituant la résidence principale du locataire (titre I bis de la loi de 1989, introduit par la loi ALUR). Les clauses illégales que j’ai listées sont donc tout aussi prohibées dans un bail meublé que dans un bail vide. Pour les aspects fiscaux du meublé, je vous renvoie à mon décryptage Airbnb et fiscalité ainsi qu’au comparatif déficit foncier 2026.

À retenir

  • Vérifiez systématiquement votre bail au regard de l’article 4 de la loi du 6 juillet 1989 : toute clause y figurant est réputée non écrite et vous n’avez aucune obligation de la respecter
  • Refusez de payer les pénalités de retard, frais de relance ou majorations forfaitaires prévues par une clause illégale ; demandez le remboursement par courrier recommandé si vous les avez déjà réglées
  • Saisissez la Commission départementale de conciliation (gratuite) avant d’envisager une action judiciaire ; le juge des contentieux de la protection est compétent sans avocat sous 5 000 €
  • Bailleurs : adoptez un contrat type conforme ANIL et supprimez par avenant toute clause litigieuse de vos baux existants pour éviter un contentieux qui vous coûtera bien plus cher
  • Consultez gratuitement une ADIL en cas de doute sur la légalité d’une clause ; le délai de contestation est de 3 ans, agissez sans tarder

Questions fréquentes


Une clause réputée non écrite annule-t-elle tout le bail ?

Non. Seule la clause illégale est privée d’effet. Le reste du bail demeure pleinement valable et continue de s’appliquer normalement entre les parties. C’est le principe de la nullité partielle prévu par la loi de 1989.

Le locataire qui a signé un bail avec une clause illégale peut-il quand même la contester ?

Oui, absolument. La signature du bail ne vaut pas renonciation à contester une clause d’ordre public. Une clause réputée non écrite est nulle de plein droit, quel que soit le consentement du locataire au moment de la signature. Le locataire peut la contester à tout moment dans le délai de prescription de 3 ans.

Un bailleur peut-il interdire la sous-location dans le bail ?

Oui, et c’est même la règle par défaut. L’article 8 de la loi de 1989 interdit la sous-location sauf accord écrit du bailleur. Cette interdiction est parfaitement légale, contrairement à l’interdiction d’héberger un tiers à titre gratuit qui, elle, est prohibée. La sous-location implique une contrepartie financière, ce qui change la nature juridique de la situation.

Quels recours si le bailleur refuse de rembourser des sommes perçues en vertu d’une clause illégale ?

Le locataire peut d’abord saisir gratuitement la Commission départementale de conciliation (CDC). Si la conciliation échoue, il saisit le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire, sans avocat obligatoire pour les demandes inférieures à 5 000 €. Le juge peut condamner le bailleur au remboursement majoré d’intérêts légaux et, le cas échéant, de dommages-intérêts.

Les clauses illégales s’appliquent-elles aussi aux baux meublés ?

Oui, pour les baux meublés constituant la résidence principale du locataire. Depuis la loi ALUR de 2014, le titre I bis de la loi de 1989 étend l’essentiel des protections du bail vide au bail meublé, y compris la liste des clauses réputées non écrites de l’article 4. Les locations meublées touristiques de courte durée (type Airbnb) ne sont en revanche pas soumises à ce régime.

Comment savoir si mon bail est conforme à la loi ?

Le moyen le plus fiable est de comparer votre bail avec le contrat type défini par le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015. L’ANIL met à disposition un modèle gratuit conforme. Vous pouvez aussi consulter une ADIL (Agence départementale d’information sur le logement) gratuitement : les conseillers juridiques analyseront votre bail clause par clause.


Arthur Lemoine
Arthur Lemoine

Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.