Dans cet article
- L’abattement micro-BIC des meublés de tourisme non classés est passé de 50 % à 30 %, avec un plafond de recettes abaissé à 15 000 € (loi du 19 novembre 2024)
- Les meublés classés conservent un abattement de 50 %, mais le plafond tombe à 77 700 € contre 188 700 € auparavant
- Le Conseil d’État a annulé le 8 juillet 2025 la tolérance administrative qui maintenait les anciens seuils, rendant le durcissement rétroactif aux revenus 2024
- Le régime réel BIC reste accessible mais la réintégration des amortissements dans la plus-value de cession alourdit la facture de sortie depuis 2025
- Certaines communes imposent désormais un plafond de 90 jours de location touristique par an et exigent un numéro d’enregistrement obligatoire
- Sur un studio à 200 000 € générant 15 000 € de loyers annuels, l’impôt net supplémentaire peut atteindre 1 050 à 2 100 € par an selon la tranche marginale du bailleur
Sommaire
- Contexte législatif : la loi Le Meur et ses objectifs
- L’ancien régime fiscal des meublés de tourisme : rappel chiffré
- Nouveau barème micro-BIC : ce qui change concrètement en 2025-2026
- Régime réel et amortissements : le piège de la plus-value de cession
- Réglementation locale : enregistrement, quotas et DPE
- Simulation de rentabilité avant / après réforme
- Stratégies alternatives pour les investisseurs locatifs
- Perspectives du marché du meublé de tourisme à moyen terme
Pendant une décennie, le meublé de tourisme de type Airbnb a incarné le placement immobilier idéal : rendement brut élevé, fiscalité allégée grâce à un abattement micro-BIC pouvant grimper à 71 %, et cadre réglementaire souple. Cet eldorado fiscal se referme méthodiquement depuis la promulgation de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, puis la décision du Conseil d’État du 8 juillet 2025 qui a balayé la dernière tolérance administrative. Je décrypte ici chaque étage de ce durcissement, calculs à l’appui, pour que vous puissiez mesurer l’impact réel sur votre investissement et arbitrer en connaissance de cause.
Contexte législatif : la loi Le Meur et ses objectifs
La proposition de loi portée par la députée Annaïg Le Meur visait un objectif clair : rééquilibrer la fiscalité entre la location touristique de courte durée et la location résidentielle longue durée. Dans les zones tendues (Paris, Lyon, Bordeaux, littoral atlantique, Côte d’Azur), la rentabilité nette supérieure du meublé touristique détournait une partie du parc de la location permanente, contribuant à la pénurie de logements pour les résidents.
Le texte, promulgué le 19 novembre 2024 et publié au Journal officiel le 20 novembre 2024, modifie principalement l’article 50-0 du Code général des impôts (seuils et abattements du micro-BIC) ainsi que les articles L. 324-1-1 et suivants du Code du tourisme (enregistrement et contrôle). Il introduit aussi un volet énergie en conditionnant la location touristique à un diagnostic de performance énergétique (DPE) minimal, sujet sur lequel je reviendrai plus bas.
Le législateur a également voulu mettre fin à l’écart de traitement entre meublés classés et non classés, un écart qui poussait certains propriétaires à obtenir un classement de complaisance pour bénéficier d’un abattement majoré.

L’ancien régime fiscal des meublés de tourisme : rappel chiffré
Avant la réforme, le micro-BIC appliquait trois paliers d’abattement selon le type de location meublée :
| Type de location | Abattement micro-BIC (avant réforme) | Plafond de recettes annuelles |
|---|---|---|
| Meublé longue durée (LMNP classique) | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme classé | 71 % | 188 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | 50 % | 77 700 € |
L’abattement de 71 % pour les meublés classés constituait le cœur de l’avantage : sur 20 000 € de recettes, seuls 5 800 € étaient soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Pour un contribuable en tranche marginale à 30 %, la pression fiscale totale (IR + prélèvements sociaux à 17,2 %) tombait sous les 2 740 €, soit un taux effectif d’imposition d’à peine 13,7 % des recettes brutes. Un tel niveau rendait la location saisonnière largement plus attractive que la location nue (régime micro-foncier, abattement 30 %) ou même que le LMNP classique au micro-BIC.
Nouveau barème micro-BIC : ce qui change concrètement en 2025-2026
La loi Le Meur réécrit les seuils et abattements applicables aux meublés de tourisme. Voici le nouveau barème, applicable aux revenus perçus à compter de 2024 après la décision du Conseil d’État :
| Type de location | Abattement micro-BIC (après réforme) | Plafond de recettes annuelles |
|---|---|---|
| Meublé longue durée (LMNP classique) | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme classé | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | 30 % | 15 000 € |
| Meublé de tourisme classé en zone rurale * | 50 % + 21 % complémentaire = 71 % | 50 000 € |
* Communes classées en zone de revitalisation rurale (ZRR) ou France Ruralités Revitalisation (FRR). L’abattement complémentaire de 21 % s’applique uniquement si les recettes ne dépassent pas 50 000 €.
Le changement est brutal pour les meublés non classés : l’abattement passe de 50 % à 30 %, et le plafond chute de 77 700 € à 15 000 €. Au-delà de ce seuil, le propriétaire bascule automatiquement au régime réel, avec l’obligation de tenir une comptabilité. Pour les meublés classés hors zone rurale, l’abattement descend de 71 % à 50 % et le plafond de 188 700 € à 77 700 €.
En pratique, un propriétaire qui déclarait 20 000 € de recettes en meublé non classé est désormais au régime réel obligatoire puisqu’il dépasse le seuil de 15 000 €. S’il reste sous ce seuil, l’abattement de 30 % ne laisse exonérés que 4 500 € : 10 500 € seront imposés, contre 10 000 € auparavant (abattement 50 %). Le surcoût fiscal dépend de la tranche marginale. Selon les données publiées par la Direction générale des finances publiques, ces nouveaux barèmes s’appliquent sans période de transition.
L’épisode du Conseil d’État : la fin de la tolérance administrative
En février 2025, l’administration fiscale avait publié un communiqué laissant entendre que les anciens abattements pouvaient encore s’appliquer aux revenus 2024, le temps de mettre à jour les formulaires. Cette tolérance administrative a été annulée par le Conseil d’État le 8 juillet 2025, saisi par plusieurs associations de défense du logement. Les contribuables ayant déclaré leurs revenus 2024 avec les anciens abattements devront déposer une déclaration rectificative ou subir un redressement, ce qui a créé une onde de choc dans la communauté des investisseurs en location saisonnière.

Régime réel et amortissements : le piège de la plus-value de cession
De nombreux investisseurs se tournent alors vers le régime réel BIC, qui permet de déduire les charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, assurance, frais de gestion) et surtout d’amortir le bien et le mobilier. C’est le mécanisme que je détaille dans mon guide LMNP au réel. Or, la loi Le Meur a introduit un changement majeur à l’article 151 sexies du CGI : les amortissements déduits pendant la période de location viennent désormais majorer la plus-value imposable lors de la cession du bien.
Concrètement, si vous avez amorti 60 000 € sur un bien acheté 200 000 € et que vous le revendez 220 000 €, la plus-value brute n’est plus de 20 000 € mais de 80 000 € (20 000 € + 60 000 € d’amortissements réintégrés). La plus-value des particuliers reste soumise au barème progressif avec abattements pour durée de détention (exonération totale après 22 ans pour l’IR et 30 ans pour les prélèvements sociaux), mais pour un investisseur qui revend après 8 à 12 ans, la facture s’alourdit considérablement.
Ce mécanisme existait déjà pour les loueurs en meublé professionnel (LMP) soumis au régime des plus-values professionnelles. La nouveauté est qu’il s’étend désormais aux LMNP en meublé de tourisme, neutralisant en partie l’avantage fiscal des amortissements. Les investisseurs qui comptaient sur une stratégie de capitalisation puis revente doivent recalculer leur TRI (taux de rendement interne) en intégrant cette charge différée.
Réglementation locale : enregistrement, quotas et DPE
Au-delà de la fiscalité, la loi Le Meur renforce l’arsenal réglementaire des collectivités locales. Voici les principaux leviers désormais disponibles :
Numéro d’enregistrement obligatoire. Depuis le 20 mai 2026, tout meublé de tourisme doit être déclaré auprès de la mairie et obtenir un numéro d’enregistrement à 13 caractères, affiché sur toutes les annonces en ligne. Les plateformes (Airbnb, Booking, Abritel) ont l’obligation de vérifier ce numéro et de désactiver les annonces non conformes. Les sanctions vont de 5 000 € d’amende pour défaut d’enregistrement à 50 000 € pour les plateformes qui ne procèdent pas au retrait. Ces dispositions sont précisées par le portail Service-public.fr.
Limitation à 90 ou 120 jours. Dans les communes ayant mis en place une procédure de changement d’usage, la résidence principale reste limitée à 120 jours de location touristique par an. Les résidences secondaires, elles, peuvent être soumises à des quotas plus stricts fixés par le règlement municipal, descendant parfois à 90 jours dans les zones les plus tendues (arrondissements centraux de Paris, littoral basque, stations balnéaires de la Côte d’Azur).
DPE et performance énergétique. La loi impose aux meublés de tourisme de respecter un seuil minimal de performance énergétique. D’ici 2034, les logements classés G puis F seront progressivement interdits à la location touristique, alignant les exigences sur celles déjà applicables aux baux d’habitation classiques. Pour un propriétaire de passoire thermique, l’investissement en rénovation énergétique devient un prérequis, ce qui grève d’autant le rendement locatif net. Le marché locatif 2026 est directement impacté par cette contrainte DPE.
Simulation de rentabilité avant / après réforme
Prenons un cas concret pour mesurer l’impact. Un studio de 25 m² à Lyon, acheté 180 000 € (frais de notaire inclus), loué en meublé touristique non classé avec un revenu locatif annuel de 14 400 € (1 200 € par mois en moyenne, après déduction de la commission plateforme).
| Poste | Avant réforme (micro-BIC 50 %) | Après réforme (micro-BIC 30 %) |
|---|---|---|
| Recettes annuelles brutes | 14 400 € | 14 400 € |
| Abattement forfaitaire | 7 200 € (50 %) | 4 320 € (30 %) |
| Base imposable | 7 200 € | 10 080 € |
| IR (TMI 30 %) | 2 160 € | 3 024 € |
| Prélèvements sociaux (17,2 %) | 1 238 € | 1 734 € |
| Total impôts et PS | 3 398 € | 4 758 € |
| Charges non déductibles (copro, assurance, entretien) | 2 400 € | 2 400 € |
| Revenu net après impôt | 8 602 € | 7 242 € |
| Rendement net / prix d’achat | 4,78 % | 4,02 % |
Le différentiel est de 1 360 € par an, soit une baisse de rendement net de 0,76 point. Sur 10 ans, cela représente un manque à gagner cumulé de 13 600 € avant même de prendre en compte l’inflation et l’éventuelle réintégration des amortissements en cas de revente. Pour un contribuable en tranche marginale à 41 %, l’écart grimpe à 1 900 € par an, rendant la location touristique non classée à peine plus rentable qu’une location nue meublée longue durée, avec une gestion autrement plus lourde (rotation des locataires, ménage, linge, check-in/check-out).
Si les recettes dépassent 15 000 €, le passage au régime réel devient obligatoire. Le coût comptable (expert-comptable, adhésion à un centre de gestion agréé) ajoute entre 800 et 1 500 € par an, ce qui réduit encore le rendement. Le calcul du rendement net réel doit intégrer ces frais pour rester pertinent.

Stratégies alternatives pour les investisseurs locatifs
Face au durcissement, plusieurs repositionnements méritent d’être étudiés. Je ne recommande aucun produit ni aucune structure en particulier, mais je pose les paramètres de chaque option.
1. Basculer en location meublée longue durée (bail mobilité ou bail classique). L’abattement micro-BIC reste à 50 % avec un plafond de 77 700 €. Le taux d’occupation est souvent plus stable (moins de vacance locative), les charges de gestion sont réduites, et le bail mobilité (1 à 10 mois) permet de conserver une certaine flexibilité. Le marché locatif 2026 montre d’ailleurs une demande forte en meublé résidentiel dans les métropoles étudiantes.
2. La colocation meublée. En louant un appartement en colocation, le rendement brut peut dépasser celui du Airbnb tout en restant dans le cadre du bail meublé longue durée. J’ai détaillé les chiffres dans mon analyse de la colocation comme investissement. Dans les villes moyennes comme Nancy, Amiens ou Metz, le ratio prix d’achat / loyer par chambre reste particulièrement favorable.
3. Le déficit foncier. Pour ceux qui détiennent un bien ancien nécessitant des travaux, le déficit foncier permet d’imputer jusqu’à 10 700 € de travaux sur le revenu global (21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique sous conditions). Cela suppose un passage en location nue, mais la réduction d’IR peut compenser la perte d’abattement micro-BIC.
4. La diversification via la pierre papier. Les SCPI, OPCI et SIIC permettent de s’exposer à l’immobilier sans les contraintes de gestion locative directe. J’ai comparé ces véhicules dans mon guide pierre papier 2026. Le rendement moyen des SCPI diversifiées tourne autour de 4,5 à 5,5 % brut, avec une fiscalité certes lourde (revenus fonciers), mais sans aucune gestion active.
5. La SCI à l’IS. Pour les investisseurs multi-biens, la SCI à l’IS permet d’amortir le bien et de capitaliser les bénéfices au taux réduit de 15 % (jusqu’à 42 500 € de résultat), mais la sortie en dividendes est imposée au PFU de 30 %, et la plus-value de cession relève du régime professionnel. Ce montage nécessite une analyse au cas par cas.
Perspectives du marché du meublé de tourisme à moyen terme
La réforme va-t-elle tuer le marché du meublé de tourisme en France ? Je ne le crois pas, mais elle va profondément le restructurer. Plusieurs dynamiques sont à l’œuvre :
Un tri par la qualité. Les propriétaires de biens bien situés, bien notés et classés conserveront un abattement de 50 % (voire 71 % en zone rurale). Le classement en étoiles, autrefois perçu comme une formalité optionnelle, devient un levier fiscal décisif. Les meublés non classés, souvent les moins qualitatifs, verront leur rentabilité s’éroder au point de devenir non compétitifs face à la location longue durée.
Un rééquilibrage géographique. Le maintien d’un abattement majoré à 71 % pour les meublés classés en zone rurale (ZRR / FRR) vise à soutenir le tourisme dans les territoires peu denses. Les investisseurs pourraient se tourner vers les marchés ruraux attractifs : gîtes en Dordogne, Ardèche, Jura, Cévennes. L’outre-mer conserve également des dispositifs spécifiques qui peuvent maintenir l’attractivité de la location saisonnière.
Une pression réglementaire croissante. Les communes disposent désormais d’outils juridiques solides pour limiter les meublés de tourisme. Paris, qui a déjà engagé plus de 4 000 procédures pour location illégale entre 2019 et 2025, va accélérer les contrôles grâce au numéro d’enregistrement. D’autres villes (Bordeaux, Nice, Biarritz, Annecy) suivent la même trajectoire. Le risque réglementaire fait désormais partie intégrante du calcul de rentabilité.
Les signaux macroéconomiques de 2026 montrent par ailleurs un contexte de taux d’intérêt qui se stabilisent autour de 3,2 à 3,5 % sur 20 ans (source : Observatoire Crédit Logement / CSA), ce qui maintient le coût du financement à un niveau significatif dans le calcul du rendement. Un investisseur qui emprunte à 3,4 % pour louer en Airbnb avec un rendement net tombé à 4 % ne dégage qu’un spread de 0,6 point, insuffisant pour couvrir le risque locatif et réglementaire.
Je note enfin que le gouvernement n’exclut pas de nouveaux ajustements : la mission d’évaluation parlementaire prévue en 2027 pourrait déboucher sur un alignement complet des abattements micro-BIC entre meublé et location nue. Ce scénario, s’il se concrétise, achèverait de refermer la niche fiscale du meublé de tourisme. Les dispositifs d’aide à l’investissement locatif comme Pinel, Denormandie ou Loc’Avantages offrent d’autres voies, chacune avec ses contraintes propres.
À retenir
- Vérifiez immédiatement si vos recettes de meublé touristique non classé dépassent 15 000 € : au-delà, vous êtes au régime réel obligatoire avec tenue de comptabilité
- Faites classer votre meublé de tourisme en étoiles pour conserver l’abattement de 50 % au lieu de 30 %, la démarche coûte entre 150 et 300 € auprès d’un organisme accrédité
- Recalculez votre TRI de sortie en intégrant la réintégration des amortissements dans la plus-value si vous êtes au régime réel : l’avantage en exploitation peut se transformer en charge à la revente
- Obtenez votre numéro d’enregistrement auprès de la mairie avant toute mise en ligne : les plateformes désactivent les annonces non conformes et les amendes peuvent atteindre 5 000 €
- Comparez systématiquement le rendement net du meublé touristique avec celui de la location meublée longue durée ou de la colocation : l’écart s’est considérablement réduit après réforme
Questions fréquentes
Quel est l’abattement fiscal pour les meublés de tourisme non classés en 2026 ?
L’abattement micro-BIC pour les meublés de tourisme non classés est de 30 %, avec un plafond de recettes fixé à 15 000 € par an. Au-delà de ce seuil, le propriétaire relève obligatoirement du régime réel BIC. Avant la loi Le Meur du 19 novembre 2024, cet abattement était de 50 % avec un plafond de 77 700 €.
La loi Le Meur s’applique-t-elle rétroactivement aux revenus 2024 ?
Oui. Le Conseil d’État a annulé le 8 juillet 2025 la tolérance administrative qui permettait de déclarer les revenus 2024 avec les anciens abattements. Les contribuables concernés doivent déposer une déclaration rectificative pour appliquer les nouveaux barèmes (30 % pour le non classé, 50 % pour le classé hors zone rurale).
Comment faire classer son meublé de tourisme en étoiles ?
Le classement s’effectue auprès d’un organisme accrédité par le Cofrac (Comité français d’accréditation). Un inspecteur évalue le logement selon une grille de 112 critères portant sur l’équipement, le confort, l’accessibilité et les services. La visite coûte entre 150 et 300 € selon la taille du logement. Le classement, valable 5 ans, permet de bénéficier de l’abattement micro-BIC à 50 % au lieu de 30 %.
Quelles communes limitent le nombre de jours de location Airbnb ?
Toutes les communes peuvent limiter la location touristique de la résidence principale à 120 jours par an (article L. 324-1-1 du Code du tourisme). Certaines villes en zone tendue, comme Paris, Lyon, Bordeaux, Nice ou Biarritz, ont adopté des réglementations plus strictes pour les résidences secondaires, avec des quotas pouvant descendre à 90 jours et des procédures de changement d’usage assorties d’une compensation.
Le régime réel reste-t-il intéressant pour un meublé de tourisme ?
Le régime réel permet toujours de déduire les charges réelles et d’amortir le bien, ce qui peut réduire fortement l’imposition en phase d’exploitation. Cependant, depuis la réforme, les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value de cession, ce qui alourdit la fiscalité de sortie. Le régime réel reste pertinent pour les investisseurs qui détiennent le bien sur longue durée (plus de 22 ans pour l’exonération IR) ou qui n’envisagent pas de revente à moyen terme.
Quelle est la différence fiscale entre meublé de tourisme classé et non classé ?
Depuis 2025, un meublé de tourisme classé bénéficie d’un abattement micro-BIC de 50 % (plafond 77 700 €), contre seulement 30 % (plafond 15 000 €) pour un non classé. En zone rurale (ZRR/FRR), le classé peut atteindre 71 % d’abattement (plafond 50 000 €). L’écart de 20 points d’abattement entre classé et non classé représente une économie annuelle de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros selon le volume de recettes.
Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.