Dans cet article
- MaPrimeRénov’ 2026 conserve deux parcours distincts : le parcours par geste (mono-travaux) et le parcours accompagné (rénovation d’ampleur avec gain de 2 classes DPE minimum)
- Les montants du parcours par geste varient de 400 à 11 000 € selon l’équipement et la catégorie de revenus (Bleu, Jaune, Violet, Rose)
- Le parcours accompagné finance de 30 à 80 % du coût des travaux HT, avec un plafond pouvant atteindre 70 000 € pour un gain de 4 classes énergétiques ou plus
- Les plafonds de revenus 2026 sont indexés sur l’inflation : en Île-de-France, le seuil « très modestes » (Bleu) démarre à 23 541 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule
- Le recours à un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) reste obligatoire pour tous les gestes, sous peine de rejet du dossier
- Les passoires thermiques classées DPE G sont interdites à la location depuis le 1er janvier 2025, ce qui rend la rénovation énergétique incontournable pour les bailleurs
Sommaire
- Les deux parcours MaPrimeRénov’ en 2026 : par geste et accompagné
- Plafonds de revenus et catégories de couleur
- Barème complet du parcours par geste
- Barème du parcours accompagné : rénovation d’ampleur
- Conditions d’éligibilité et démarches pratiques
- Les pièges et erreurs fréquentes à connaître
- Cumul avec les autres aides : CEE, éco-PTZ, aides locales
- Cas pratiques et simulation chiffrée
Je suis les évolutions de MaPrimeRénov’ depuis sa création en 2020, et je constate chaque année le même phénomène : des propriétaires qui passent à côté de milliers d’euros d’aides, faute de comprendre le barème ou de choisir le bon parcours. En 2026, le dispositif poursuit sa montée en puissance avec des ajustements de plafonds et une volonté affichée de simplification. Mais cette simplification reste relative : entre les quatre catégories de revenus, les deux parcours distincts et les conditions techniques à respecter, il y a encore matière à se perdre. Je vous propose ici un décryptage complet, chiffré et sourcé, pour naviguer sereinement dans le dispositif.
Les deux parcours MaPrimeRénov’ en 2026 : par geste et accompagné
Depuis la réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2024, puis ajustée en 2025, MaPrimeRénov’ se décline en deux parcours complémentaires qui répondent à des logiques différentes.
Le parcours par geste (aussi appelé « parcours décarbonation » ou « mono-geste ») permet de financer un équipement ou une intervention isolée : installation d’une pompe à chaleur, isolation des murs, remplacement de fenêtres, pose d’une VMC double flux. Ce parcours a été fermé brièvement début 2024 avant d’être rouvert mi-2024 puis pérennisé en 2025 et 2026. Il s’adresse aux propriétaires qui souhaitent améliorer un poste précis sans engager une rénovation globale. En revanche, les ménages aux revenus supérieurs (catégorie Rose) n’y sont éligibles que pour les travaux d’isolation, pas pour les équipements de chauffage.
Le parcours accompagné (ou « rénovation d’ampleur ») vise une amélioration significative de la performance énergétique du logement, avec un gain minimum de deux classes sur le DPE. Ce parcours impose le recours à un accompagnateur agréé Mon Accompagnateur Rénov’, un audit énergétique préalable et la réalisation d’au moins deux gestes d’isolation. En contrepartie, les taux de financement sont nettement plus généreux, pouvant couvrir jusqu’à 80 % du coût des travaux pour les ménages très modestes.
Le choix entre les deux parcours dépend de l’ampleur du projet, du budget disponible et de la situation du logement. Pour un propriétaire bailleur dont le bien est classé DPE G, désormais interdit à la location depuis le 1er janvier 2025, le parcours accompagné s’impose souvent comme la solution la plus pertinente et la plus aidée financièrement.
Plafonds de revenus et catégories de couleur
L’Anah classe les ménages en quatre catégories identifiées par des couleurs, en fonction du revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-1 et de la composition du foyer. Les plafonds diffèrent selon que le logement se situe en Île-de-France ou dans les autres régions. Voici les seuils applicables en 2026, tels que publiés dans le guide des aides de l’Anah (février 2026).
| Composition du foyer | Bleu (très modestes) IDF | Jaune (modestes) IDF | Violet (intermédiaires) IDF | Rose (supérieurs) IDF |
|---|---|---|---|---|
| 1 personne | 23 541 € | 28 657 € | 40 018 € | > 40 018 € |
| 2 personnes | 34 551 € | 42 058 € | 58 827 € | > 58 827 € |
| 3 personnes | 41 493 € | 50 513 € | 70 382 € | > 70 382 € |
| 4 personnes | 48 447 € | 58 981 € | 82 839 € | > 82 839 € |
| 5 personnes | 55 427 € | 67 473 € | 94 844 € | > 94 844 € |
Pour les logements situés hors Île-de-France, les seuils sont sensiblement plus bas : une personne seule est classée Bleu si son RFR ne dépasse pas 17 009 €, Jaune jusqu’à 21 805 €, et Violet jusqu’à 30 549 €. Par personne supplémentaire au-delà de cinq, il faut ajouter environ 6 500 € en Île-de-France et 5 000 € hors IDF.
Le revenu fiscal de référence figure sur votre avis d’imposition, en première page, encadré. Il inclut l’ensemble des revenus du foyer, y compris les revenus fonciers. C’est un point que beaucoup de propriétaires bailleurs sous-estiment : les loyers perçus gonflent le RFR et peuvent vous faire basculer dans une catégorie de revenus supérieure, donc réduire le montant de l’aide. J’ai détaillé la mécanique du déficit foncier dans un article dédié : c’est l’un des rares leviers qui permet de comprimer ce RFR de manière légale.

Barème complet du parcours par geste
Le parcours par geste est le plus utilisé en volume de dossiers. Chaque type de travaux bénéficie d’un montant forfaitaire (ou d’un montant au m²) qui varie selon la couleur du ménage. Tous les montants ci-dessous s’entendent par logement, sauf indication contraire.
Équipements de chauffage et eau chaude
| Équipement | Bleu | Jaune | Violet | Rose |
|---|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur air/eau | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € | Non éligible |
| Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique | 11 000 € | 9 000 € | 6 000 € | Non éligible |
| Chaudière biomasse classe 5 | 7 000 € | 5 500 € | 3 000 € | Non éligible |
| Poêle à granulés | 2 500 € | 2 000 € | 1 500 € | Non éligible |
| Poêle à bûches | 2 500 € | 2 000 € | 1 000 € | Non éligible |
| Insert / foyer fermé | 2 500 € | 1 500 € | 800 € | Non éligible |
| Système solaire combiné | 10 000 € | 8 000 € | 4 000 € | Non éligible |
| Chauffe-eau solaire individuel | 4 000 € | 3 000 € | 2 000 € | Non éligible |
| Chauffe-eau thermodynamique | 1 200 € | 800 € | 400 € | Non éligible |
| Réseau de chaleur / froid | 1 200 € | 800 € | 400 € | Non éligible |
Travaux d’isolation
| Type d’isolation | Bleu | Jaune | Violet | Rose |
|---|---|---|---|---|
| Isolation des murs par l’extérieur | 75 €/m² | 60 €/m² | 40 €/m² | 15 €/m² |
| Isolation des murs par l’intérieur | 25 €/m² | 20 €/m² | 15 €/m² | 7 €/m² |
| Isolation des rampants de toiture | 25 €/m² | 20 €/m² | 15 €/m² | 7 €/m² |
| Isolation des toitures-terrasses | 75 €/m² | 60 €/m² | 40 €/m² | 15 €/m² |
| Fenêtres (simple → double vitrage) | 100 €/éq. | 80 €/éq. | 40 €/éq. | Non éligible |
Ventilation
La VMC double flux est aidée à hauteur de 2 500 € (Bleu), 2 000 € (Jaune) et 1 500 € (Violet). Les ménages Rose ne sont pas éligibles pour cet équipement. L’audit énergétique, lorsqu’il est réalisé hors parcours accompagné, est pris en charge à 500 € pour les Bleu, 400 € pour les Jaune, et 300 € pour les Violet.
Point important : ces montants sont des forfaits maximaux. L’aide versée ne peut jamais dépasser le coût réel TTC des travaux. Si votre devis pour une PAC air/eau s’élève à 4 500 € TTC et que vous êtes en catégorie Jaune, votre aide sera plafonnée à 4 000 € (le forfait), pas à 4 500 €. Le reste à charge minimum existe toujours.
Barème du parcours accompagné : rénovation d’ampleur
Le parcours accompagné fonctionne différemment : au lieu de montants forfaitaires par geste, il propose un taux de prise en charge calculé sur le coût total HT des travaux, dans la limite d’un plafond qui dépend du nombre de classes DPE gagnées.

| Gain DPE | Plafond travaux HT | Bleu | Jaune | Violet | Rose |
|---|---|---|---|---|---|
| 2 classes | 40 000 € | 80 % | 60 % | 45 % | 30 % |
| 3 classes | 55 000 € | 80 % | 60 % | 50 % | 35 % |
| 4 classes ou plus | 70 000 € | 80 % | 60 % | 50 % | 35 % |
Un bonus « sortie de passoire thermique » de 10 % s’ajoute lorsque le logement passe d’une étiquette F ou G à une étiquette E ou mieux. Concrètement, un ménage Bleu qui fait passer son logement de G à D (gain de 3 classes + sortie de passoire) bénéficie d’un taux effectif de 90 %, dans la limite de 55 000 € HT de travaux, soit une aide maximale de 49 500 €.
Le parcours accompagné exige obligatoirement :
- Un audit énergétique réalisé par un professionnel qualifié avant le dépôt du dossier
- Le recours à Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR), dont le coût est lui-même subventionné
- La réalisation d’au moins deux gestes d’isolation (murs, toiture, plancher bas ou fenêtres)
- L’absence d’installation d’un chauffage fonctionnant majoritairement aux énergies fossiles
Pour les propriétaires bailleurs, ce parcours présente un avantage supplémentaire : les travaux de rénovation énergétique génèrent un déficit foncier imputable sur le revenu global, dans la limite de 21 400 € par an pour les travaux de rénovation énergétique dans les passoires thermiques (dispositif prolongé jusqu’en 2025, à vérifier pour 2026). Le cumul MaPrimeRénov’ + déficit foncier peut ainsi réduire considérablement le coût net de la rénovation.
Conditions d’éligibilité et démarches pratiques
Les conditions d’éligibilité restent stables en 2026 :
- Logement de 15 ans ou plus (construit depuis au moins 15 ans à la date de dépôt du dossier), sauf pour le remplacement d’une chaudière fioul où l’ancienneté est ramenée à 2 ans
- Résidence principale du propriétaire occupant ou du locataire (pour les propriétaires bailleurs, engagement de location de 6 ans minimum en résidence principale du locataire)
- Propriétaire (occupant ou bailleur), copropriétaire (MaPrimeRénov’ Copropriété) ou usufruitier
- Travaux réalisés par un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement)
La démarche se fait intégralement en ligne sur maprimerenov.gouv.fr. Les étapes sont les suivantes :
- Créer un compte avec votre numéro fiscal et votre numéro d’avis d’imposition
- Déposer le dossier avant le démarrage des travaux (c’est impératif, j’y reviens dans la section pièges)
- Obtenir la confirmation d’attribution de l’aide
- Réaliser les travaux avec l’artisan RGE sélectionné
- Transmettre la facture et les justificatifs de fin de travaux
- Recevoir le virement sous 2 à 4 mois après validation du dossier complet
Le délai de traitement est un point sensible. En 2024 et 2025, l’Anah a accusé des retards significatifs sur certains dossiers, avec des délais de paiement pouvant dépasser 6 mois. En 2026, l’agence annonce un objectif de traitement sous 2 mois pour les dossiers complets, mais je recommande de prévoir un tampon de trésorerie en conséquence.

Les pièges et erreurs fréquentes à connaître
Après six ans de suivi du dispositif, voici les erreurs que je vois revenir le plus souvent :
1. Commencer les travaux avant le dépôt du dossier
C’est le piège numéro un, et il est éliminatoire. L’article 1er de l’arrêté du 17 novembre 2020 modifié pose le principe : les travaux ne doivent pas avoir commencé avant la date de dépôt de la demande. Un devis signé avec un acompte versé avant le dépôt peut suffire à disqualifier le dossier. La seule exception concerne le parcours accompagné, où l’audit énergétique peut être antérieur au dépôt.
2. Confondre artisan RGE et artisan qualifié
Un artisan « qualifié Qualibat » n’est pas forcément RGE. La mention RGE est une qualification spécifique, vérifiable sur le site france-renov.gouv.fr. J’ai vu des dossiers rejetés parce que l’artisan avait perdu sa qualification RGE entre le moment du devis et celui de la facturation. Vérifiez la validité de la qualification RGE le jour de la signature du devis et le jour de la facturation.
3. Sous-estimer l’impact du DPE sur le parcours
Depuis 2024, le DPE du logement conditionne l’accès à certaines aides. Un logement classé F ou G (passoire thermique) est orienté prioritairement vers le parcours accompagné. Inversement, un logement déjà classé A ou B ne peut pas bénéficier du parcours accompagné faute de marge de progression suffisante. La loi Climat et Résilience rend par ailleurs la rénovation quasi obligatoire pour les bailleurs de passoires thermiques.
4. Ne pas anticiper la fiscalité de l’aide
Bonne nouvelle pour les propriétaires occupants : MaPrimeRénov’ n’est pas imposable à l’impôt sur le revenu. En revanche, pour les propriétaires bailleurs, la situation est plus nuancée. L’aide vient en déduction du montant des travaux déductibles des revenus fonciers, ce qui réduit mécaniquement le déficit foncier imputable. C’est un calcul qu’il faut mener en amont pour optimiser le montage financier.
5. Oublier de demander les CEE avant de signer le devis
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) sont cumulables avec MaPrimeRénov’, mais leur demande doit elle aussi précéder la signature du devis. Beaucoup de propriétaires découvrent l’existence des CEE après avoir déjà engagé les travaux, et passent alors à côté de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros de prime complémentaire.
6. Choisir le mauvais parcours par méconnaissance
Un ménage Bleu qui installe une PAC air/eau (5 000 € d’aide) ET isole ses murs par l’extérieur (75 €/m²) pourrait, en regroupant ces gestes dans un parcours accompagné, obtenir un taux de 80 % sur l’ensemble du chantier, soit potentiellement bien plus. Le calcul comparatif entre les deux parcours devrait être systématique avant tout engagement.
Cumul avec les autres aides : CEE, éco-PTZ, aides locales
MaPrimeRénov’ est cumulable avec plusieurs dispositifs complémentaires, dans la limite d’un reste à charge minimum de 10 % du coût TTC des travaux (sauf pour les ménages très modestes en parcours accompagné, où ce plancher peut descendre plus bas) :
- Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : primes versées par les fournisseurs d’énergie. Selon le type de travaux et la zone géographique, elles représentent de 200 à 4 000 € supplémentaires. Comparez les offres sur le site du ministère de la Transition écologique
- L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : jusqu’à 50 000 € sur 20 ans pour financer le reste à charge, sans condition de revenus
- La TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation énergétique (au lieu de 10 % ou 20 %)
- Les aides des collectivités locales : régions, départements et intercommunalités proposent souvent des compléments. Consultez le guide de l’ANIL ou les espaces France Rénov’ de votre territoire
- Le chèque énergie : jusqu’à 277 € pour les ménages modestes, utilisable pour payer une partie des travaux
Le cumul optimal nécessite une vision d’ensemble. Prenons un exemple concret : pour une isolation des murs par l’extérieur de 100 m² facturée 15 000 € TTC, un ménage Jaune peut cumuler 6 000 € de MaPrimeRénov’ (60 €/m² × 100) + environ 2 000 € de CEE + un éco-PTZ pour le solde de 7 000 € à taux zéro. Le coût réel, hors intérêts, tombe à 7 000 €, financé sans sortie de trésorerie grâce à l’éco-PTZ.
Pour les investisseurs en location, rappelons que la taxe foncière peut faire l’objet d’une exonération temporaire (partielle ou totale, selon les communes) après des travaux de rénovation énergétique d’un montant supérieur à 10 000 € sur un an ou 15 000 € sur trois ans. C’est un avantage souvent négligé qui renforce encore la rentabilité de l’opération, en complément des mécanismes détaillés dans mon guide sur l’effet de levier du crédit immobilier.
Cas pratiques et simulation chiffrée
Pour rendre ces barèmes concrets, voici deux cas types que je croise régulièrement.
Cas n°1 : propriétaire occupant, maison DPE F, ménage Jaune en province
Sophie et Marc, couple avec deux enfants (4 personnes) à Dijon, RFR de 38 000 € (catégorie Jaune hors IDF, seuil à 44 802 €). Leur maison de 1975 est classée DPE F. Ils optent pour le parcours accompagné avec un objectif de passage en DPE C (gain de 3 classes).
- Travaux prévus : isolation murs extérieurs, isolation combles, remplacement fenêtres, PAC air/eau
- Devis total HT : 48 000 €
- Plafond retenu (3 classes) : 55 000 € HT, soit 48 000 € éligibles en totalité
- Taux Jaune + bonus sortie de passoire : 60 % + 10 % = 70 %
- MaPrimeRénov’ : 48 000 × 70 % = 33 600 €
- CEE estimés : 3 500 €
- Reste à charge : 48 000 − 33 600 − 3 500 = 10 900 € HT
- Financement du reste à charge : éco-PTZ à taux zéro sur 15 ans, soit environ 60 €/mois
Ce cas illustre la puissance du cumul des aides pour les ménages modestes. L’investissement net de 10 900 € permettra à Sophie et Marc de réduire leur facture énergétique de 40 à 60 % selon les estimations de l’audit, et de valoriser leur bien sur le marché de la revente, un point que j’aborde dans mon analyse des frais de notaire 2026.
Cas n°2 : propriétaire bailleur, appartement DPE G, ménage Violet en IDF
Thomas, célibataire, RFR de 35 000 € (catégorie Violet en IDF, seuil à 40 018 €). Il détient un T2 de 45 m² à Montreuil, classé DPE G et donc interdit à la location depuis janvier 2025. Il choisit le parcours accompagné pour atteindre le DPE D (gain de 3 classes).
- Travaux : isolation murs intérieurs, remplacement fenêtres, VMC, PAC air/air
- Devis total HT : 28 000 €
- Taux Violet + bonus sortie de passoire : 50 % + 10 % = 60 %
- MaPrimeRénov’ : 28 000 × 60 % = 16 800 €
- CEE : 1 800 €
- Reste à charge HT : 9 400 €
- Déduction foncière : les 9 400 € de travaux restants sont déductibles des revenus fonciers, générant un déficit foncier imputable, soit environ 2 800 € d’économie d’IR pour un TMI à 30 %
- Coût net réel : environ 6 600 €
Sans cette rénovation, Thomas perdait la totalité de ses 750 €/mois de loyer, soit 9 000 € par an. L’investissement se rentabilise en moins de 9 mois. C’est un calcul de rendement que je recommande à tous les bailleurs concernés, en complément de mon guide sur le premier investissement locatif.
À retenir
- Comparez systématiquement le parcours par geste et le parcours accompagné avant de déposer votre dossier : le parcours accompagné est souvent plus avantageux dès que vous combinez deux gestes ou plus
- Déposez votre dossier MaPrimeRénov’ avant toute signature de devis et vérifiez la qualification RGE de l’artisan à la date du devis comme à celle de la facture
- Demandez vos CEE avant la signature du devis pour cumuler les deux aides sans perdre de prime complémentaire
- Intégrez la dimension fiscale dans votre calcul : déficit foncier pour les bailleurs, exonération temporaire de taxe foncière, impact sur le revenu fiscal de référence
- Prévoyez un tampon de trésorerie de 4 à 6 mois pour absorber les délais de versement de l’Anah, ou financez le reste à charge via l’éco-PTZ
Questions fréquentes
Quel est le plafond de ressources pour MaPrimeRénov’ en 2026 ?
Les plafonds varient selon la composition du foyer et la localisation. En Île-de-France, une personne seule est classée « très modestes » (Bleu) jusqu’à 23 541 € de revenu fiscal de référence, « modestes » (Jaune) jusqu’à 28 657 €, « intermédiaires » (Violet) jusqu’à 40 018 €. Au-delà, c’est la catégorie « supérieurs » (Rose). Hors IDF, les seuils sont plus bas : 17 009 € (Bleu), 21 805 € (Jaune), 30 549 € (Violet) pour une personne seule. Ces seuils sont publiés chaque année par l’Anah.
MaPrimeRénov’ est-elle reconduite en 2026 ?
Oui. MaPrimeRénov’ est inscrite dans le budget de l’Anah et reconduite en 2026 avec les deux parcours : parcours par geste et parcours accompagné. Le dispositif est soutenu par la loi Climat et Résilience qui fixe des objectifs de rénovation du parc résidentiel jusqu’en 2034. Les barèmes sont révisés chaque année par arrêté, mais la structure du dispositif est pérenne.
Quelle aide pour un poêle à granulés en 2026 ?
Dans le cadre du parcours par geste, un poêle à granulés est aidé à hauteur de 2 500 € pour les ménages très modestes (Bleu), 2 000 € pour les modestes (Jaune) et 1 500 € pour les intermédiaires (Violet). Les ménages aux revenus supérieurs (Rose) ne sont pas éligibles. L’installation doit être réalisée par un artisan RGE et le poêle doit afficher un rendement énergétique conforme aux normes en vigueur.
Quelles sont les aides pour l’isolation en 2026 ?
L’isolation des murs par l’extérieur est aidée de 15 à 75 €/m² selon la catégorie de revenus. L’isolation des murs par l’intérieur et des rampants de toiture est aidée de 7 à 25 €/m². L’isolation des toitures-terrasses bénéficie des mêmes montants que les murs extérieurs. Le remplacement de fenêtres simple vitrage par du double vitrage est aidé de 40 à 100 € par équipement (hors catégorie Rose). Ces aides sont cumulables avec les CEE et l’éco-PTZ.
Peut-on cumuler MaPrimeRénov’ avec d’autres aides en 2026 ?
Oui, MaPrimeRénov’ est cumulable avec les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), l’éco-prêt à taux zéro (jusqu’à 50 000 €), la TVA à 5,5 %, les aides des collectivités locales et le chèque énergie. Le cumul est soumis à un reste à charge minimum de 10 % du coût TTC. Pour optimiser, il faut demander les CEE avant la signature du devis et solliciter l’éco-PTZ auprès de votre banque en parallèle du dossier MaPrimeRénov’.
MaPrimeRénov’ est-elle imposable ?
Pour les propriétaires occupants, MaPrimeRénov’ n’est pas imposable à l’impôt sur le revenu. Pour les propriétaires bailleurs, l’aide n’est pas directement imposable mais elle vient en déduction du montant des travaux déductibles des revenus fonciers, ce qui réduit le déficit foncier imputable. Il est essentiel d’intégrer cet impact fiscal dans le calcul de la rentabilité de la rénovation.
Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.