Dans cet article
- La loi Lemoine du 28 février 2022 permet de résilier son assurance emprunteur à tout moment, sans attendre de date anniversaire ni de délai de carence
- Sur un prêt de 250 000 € à 25 ans, passer d’un taux groupe bancaire de 0,36 % à une délégation à 0,10 % génère une économie brute de 16 250 € sur la durée totale du crédit
- Le questionnaire de santé est supprimé pour les prêts dont la part assurée n’excède pas 200 000 € par personne et dont le terme intervient avant le 60e anniversaire de l’emprunteur
- Le droit à l’oubli est ramené à 5 ans après la fin du protocole thérapeutique pour les anciens malades du cancer et de l’hépatite C, contre 10 ans auparavant
- La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser la substitution ; tout refus doit être motivé par écrit sur la base d’une équivalence de garanties insuffisante
- En 2025, l’Observatoire Crédit Logement / CSA relevait un coût moyen de l’assurance groupe à 0,34 % du capital initial, contre 0,09 à 0,15 % pour les meilleurs contrats délégués
Sommaire
- Ce que la loi Lemoine a changé depuis 2022
- Trois piliers : résiliation libre, suppression du questionnaire, droit à l’oubli
- Combien coûte vraiment une assurance groupe bancaire
- Calcul de l’économie réelle en passant en délégation
- Procédure de changement étape par étape
- Équivalence de garanties : pièges et refus bancaire
- Les profils qui gagnent le plus au changement
- Erreurs fréquentes à éviter lors de la substitution
Je reçois chaque semaine des messages d’emprunteurs qui hésitent à toucher à leur assurance de prêt. La crainte est toujours la même : « est-ce que ça vaut vraiment le coup ? ». La réponse courte, c’est oui, et souvent de façon spectaculaire. La loi Lemoine a ouvert un droit de résiliation permanent que très peu de Français exploitent encore. Dans cet article, je pose les chiffres, les textes, et la méthode complète pour savoir exactement combien vous pouvez économiser.
Ce que la loi Lemoine a changé depuis 2022
La loi n° 2022-270 du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur est entrée en vigueur en deux temps. Depuis le 1er juin 2022, les nouveaux contrats bénéficient de la résiliation à tout moment. Depuis le 1er septembre 2022, tous les contrats en cours, quelle que soit leur date de souscription, sont concernés.
Avant cette loi, le parcours législatif avait déjà progressé par étapes. La loi Lagarde de 2010 avait instauré la délégation d’assurance au moment de la souscription du prêt. La loi Hamon de 2014 permettait un changement dans les 12 premiers mois. L’amendement Bourquin de 2017 ouvrait une fenêtre annuelle à chaque date anniversaire. La loi Lemoine supprime toute contrainte de calendrier : vous pouvez résilier n’importe quel jour de l’année, sans frais, sans pénalité, et la banque ne peut pas modifier le taux de votre crédit en représailles.
Ce droit est codifié à l’article L. 313-30 du Code de la consommation. Il s’applique aux prêts immobiliers souscrits par des personnes physiques pour un usage d’habitation, y compris les rachats de crédit immobilier. Les prêts professionnels et les SCI à l’IS en sont exclus.

Trois piliers : résiliation libre, suppression du questionnaire, droit à l’oubli
La loi repose sur trois axes que je détaille systématiquement, car chacun a un impact financier direct.
Premier pilier : la résiliation infra-annuelle. Vous envoyez une lettre (recommandée ou non) à votre assureur actuel et à votre banque, accompagnée du nouveau contrat. L’assureur sortant doit cesser la couverture et rembourser le trop-perçu de cotisations. La banque doit répondre sous 10 jours ouvrés (article L. 313-31 du Code de la consommation). En cas de silence, l’acceptation est réputée acquise.
Deuxième pilier : la suppression du questionnaire de santé. Depuis le 1er juin 2022, aucun questionnaire médical ne peut être exigé lorsque la part assurée par personne n’excède pas 200 000 € et que le prêt est remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur. Pour un couple co-emprunteur assuré à 50 % chacun sur un prêt de 400 000 €, la condition est remplie (200 000 € par tête). Ce seuil s’apprécie en cumulant l’ensemble des encours assurés, pas seulement le prêt en cours de souscription.
Troisième pilier : le droit à l’oubli renforcé. Les anciens malades du cancer et de l’hépatite C n’ont plus à déclarer leur pathologie 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, contre 10 ans avant la loi. La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) a été mise à jour en conséquence. Ce pilier ne concerne pas directement le coût de l’assurance, mais il permet à des profils auparavant surprimés ou refusés d’accéder à des tarifs standard, ce qui constitue un gain considérable.
Combien coûte vraiment une assurance groupe bancaire
L’assurance emprunteur représente le deuxième poste de coût d’un crédit immobilier après les intérêts. Sur un prêt de 250 000 € à 20 ans au taux de 3,20 % (taux moyen constaté par l’Observatoire Crédit Logement / CSA au premier trimestre 2026), les intérêts totaux s’élèvent à environ 92 000 €. L’assurance groupe, elle, peut ajouter entre 17 000 et 22 500 € selon le profil.
Le mécanisme de tarification diffère entre contrat groupe et contrat délégué. Le contrat groupe calcule la cotisation sur le capital initial : vous payez le même montant de la première à la dernière mensualité, même si votre capital restant dû diminue. Le contrat individuel (délégation) calcule généralement sur le capital restant dû, ce qui produit des cotisations dégressives. L’écart se creuse donc avec le temps.
| Critère | Contrat groupe bancaire | Délégation (contrat individuel) |
|---|---|---|
| Base de calcul | Capital initial emprunté | Capital restant dû (le plus souvent) |
| Taux moyen constaté (35 ans, non-fumeur) | 0,30 à 0,38 % | 0,08 à 0,15 % |
| Cotisation mensuelle (prêt 250 000 €) | 62 à 79 € | 17 à 31 € (dégressive) |
| Coût total sur 20 ans | 14 880 à 18 960 € | 3 200 à 5 500 € |
| Personnalisation des garanties | Faible (contrat mutualisé) | Forte (sur-mesure) |
| Sélection médicale | Simplifiée (tarif lissé) | Selon profil (tarif ajusté) |
Ces fourchettes proviennent de mon analyse croisée des grilles tarifaires 2025-2026 des principaux réseaux bancaires et des comparateurs agréés. Les écarts sont encore plus marqués pour les emprunteurs de moins de 30 ans et les non-fumeurs, car le contrat groupe mutualise le risque tandis que la délégation récompense les profils à faible sinistralité.
Calcul de l’économie réelle en passant en délégation
Prenons un exemple concret, celui que je rencontre le plus souvent dans mon courrier. Un couple de 33 ans, non-fumeurs, cadres, emprunte 280 000 € sur 25 ans à 3,30 %. Ils sont assurés à 100 % chacun (quotité 100/100) sur le contrat groupe de leur banque au taux de 0,34 % du capital initial.
Coût du contrat groupe : 280 000 × 0,34 % = 952 € par an et par tête, soit 1 904 € par an pour le couple. Sur 25 ans : 47 600 €.
Coût d’un contrat délégué à 0,11 % sur capital restant dû : la cotisation démarre à environ 25,67 € par mois et par tête, puis décroît. Le coût total actualisé sur 25 ans s’établit aux alentours de 10 800 € pour le couple.
Économie brute : 47 600 − 10 800 = 36 800 €. C’est l’équivalent d’une cuisine équipée haut de gamme ou de trois années de taxe foncière dans une grande métropole. Et cette économie est nette : il n’y a aucun frais de résiliation, aucun frais de dossier côté banque, aucune indemnité de sortie. Le seul coût éventuel est celui du nouveau contrat, déjà intégré dans mon calcul.

Même en cours de prêt, le changement reste rentable. Imaginons que ce couple ait déjà remboursé 5 ans de crédit. Le capital restant dû est d’environ 243 000 €. L’économie sur les 20 ans restants atteint encore environ 26 000 €. Plus vous changez tôt, plus vous gagnez, mais il n’est jamais trop tard.
Je rappelle qu’il faut toujours vérifier le détail de tous les frais associés au crédit pour avoir une vision globale du coût réel de votre emprunt. L’assurance n’est qu’un poste parmi d’autres, mais c’est le plus facile à optimiser après la signature.
Procédure de changement étape par étape
La démarche est simple en théorie, mais quelques précautions s’imposent pour éviter un refus.
Étape 1 : récupérer la fiche standardisée d’information (FSI). Ce document, remis obligatoirement lors de la souscription du prêt, liste les garanties exigées par la banque avec leur niveau minimal. Si vous ne l’avez plus, demandez-la par écrit à votre conseiller. La banque est tenue de vous la fournir selon l’article L. 313-10 du Code de la consommation.
Étape 2 : faire établir des devis en délégation. Comparez au moins trois contrats individuels. Vérifiez que chaque devis couvre au minimum les garanties listées dans la FSI : décès, PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie), IPT (invalidité permanente totale), IPP (invalidité permanente partielle) et ITT (incapacité temporaire totale de travail). Les critères d’acceptation bancaire portent essentiellement sur cette équivalence.
Étape 3 : souscrire le nouveau contrat sous condition suspensive. La plupart des assureurs délégués proposent une souscription qui ne prend effet qu’après acceptation de la banque. Vous ne payez rien tant que le transfert n’est pas validé.
Étape 4 : envoyer la demande de substitution à votre banque. Joignez le certificat d’adhésion au nouveau contrat, les conditions générales, et la notice d’information. Envoi recommandé avec accusé de réception, ou remise en main propre contre récépissé.
Étape 5 : attendre la réponse sous 10 jours ouvrés. La banque accepte ou refuse. En cas de refus, elle doit motiver sa décision de manière explicite et exhaustive sur chaque critère de garantie non respecté. Un refus non motivé vous donne droit à une pénalité de 3 000 € à la charge de l’établissement prêteur (article L. 313-32 du Code de la consommation).
Étape 6 : confirmer la résiliation de l’ancien contrat. Une fois l’avenant signé avec la banque, informez votre ancien assureur. Il doit cesser les prélèvements et vous rembourser les cotisations versées pour la période postérieure à la date de prise d’effet du nouveau contrat.
Équivalence de garanties : pièges et refus bancaire
C’est le point de friction principal. La banque a le droit de refuser une substitution si le nouveau contrat ne présente pas un niveau de garantie au moins équivalent. En pratique, les refus abusifs restent fréquents. Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) a établi une liste de 18 critères de comparaison, répartis en quatre familles de garanties.
Les pièges les plus courants que j’observe :
- La définition de l’ITT : certains contrats groupe couvrent l’incapacité par rapport à la « profession exercée », d’autres par rapport à « toute profession ». Si la banque exige la couverture « profession exercée » et que votre nouveau contrat prévoit « toute profession », le refus sera légitime.
- Le délai de franchise : un contrat avec franchise de 90 jours en ITT peut être refusé si la FSI exige 60 jours maximum.
- Les exclusions sportives ou professionnelles : vérifiez que votre activité (BTP, forces de l’ordre, professions médicales exposées) n’est pas exclue du nouveau contrat alors qu’elle était couverte par le groupe.
- La quotité : si vous étiez assuré à 100 % sur chaque tête, le nouveau contrat doit maintenir au minimum ce même niveau. Certains emprunteurs profitent du changement pour ajuster la quotité (par exemple 70/30 au lieu de 100/100) afin de réduire encore la facture, mais cela modifie le niveau de protection du foyer.

En cas de refus que vous jugez abusif, vous pouvez saisir le médiateur de votre banque (gratuit, délai de 90 jours) ou l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Le taux de retournement après médiation est élevé, car beaucoup de refus reposent sur des motifs vagues ou non conformes à la liste CCSF.
Les profils qui gagnent le plus au changement
Tous les emprunteurs ne tirent pas le même bénéfice d’une substitution. Voici les profils pour lesquels le gain est le plus significatif.
Les jeunes emprunteurs (25-35 ans) non-fumeurs. Les contrats groupe ne différencient que peu les tranches d’âge basses. Un emprunteur de 28 ans paie quasiment autant qu’un emprunteur de 45 ans dans le même contrat mutualisé. En délégation, l’écart de tarif peut atteindre un facteur 3 à 4. C’est le profil qui génère les plus grosses économies en valeur absolue, surtout sur les prêts longue durée avec apport personnel réduit.
Les emprunteurs en cours de prêt depuis moins de 10 ans. Le capital restant dû est encore élevé, donc le différentiel de taux produit un gain substantiel. Au-delà de 15 ans de remboursement, le capital restant dû a suffisamment fondu pour que l’économie devienne plus modeste, bien que toujours positive.
Les anciens malades bénéficiant du droit à l’oubli. Un emprunteur en rémission depuis plus de 5 ans qui avait été surprimé (majoration de 100 à 300 % sur son assurance) peut désormais souscrire un contrat au tarif standard sans aucune déclaration. Le gain peut dépasser 20 000 € sur un prêt de 200 000 € à 20 ans.
Les profils à bonne hygiène de vie. Non-fumeur, IMC dans la norme, pas de pratique sportive à risque : la délégation récompense ces critères avec des tarifs planchers que le contrat groupe ne peut pas offrir puisqu’il mutualise le risque de tous les assurés du portefeuille bancaire.
À l’inverse, un fumeur de 55 ans avec des antécédents médicaux peut découvrir que la délégation ne propose pas un tarif plus avantageux, voire un tarif supérieur. Il est donc indispensable de comparer avant de résilier : la loi Lemoine donne le droit de changer, pas l’obligation.
Erreurs fréquentes à éviter lors de la substitution
En quatre ans d’application de la loi, j’ai identifié les erreurs récurrentes qui font perdre du temps ou de l’argent aux emprunteurs.
Erreur n°1 : comparer les taux sans regarder la base de calcul. Un taux de 0,20 % sur capital initial n’est pas comparable à un taux de 0,20 % sur capital restant dû. Le second sera toujours moins cher en coût total. Exigez systématiquement le coût total en euros (le TAEA, taux annuel effectif de l’assurance, est un bon indicateur, mais pas suffisant seul).
Erreur n°2 : oublier de vérifier la date de prise d’effet. Si votre nouveau contrat prend effet le 1er du mois mais que l’ancien s’arrête le 15, vous payez deux assurances en parallèle pendant 15 jours. La coordination des dates est essentielle. Demandez un avenant bancaire qui précise la date exacte de substitution.
Erreur n°3 : négliger la garantie perte d’emploi. Si votre contrat groupe inclut une garantie chômage et que le contrat délégué ne la propose pas (ou avec des conditions plus restrictives), la banque peut légitimement refuser la substitution. Vérifiez chaque ligne de la FSI.
Erreur n°4 : ne pas conserver de preuve d’envoi. En cas de litige, c’est à vous de prouver que la banque a reçu votre demande et qu’elle n’a pas répondu dans le délai légal. Le recommandé avec accusé de réception reste la solution la plus sûre. Certaines banques acceptent l’envoi via leur espace client en ligne, mais conservez une capture d’écran horodatée.
Erreur n°5 : croire que la banque peut modifier le taux du prêt. C’est une idée reçue tenace. La loi est formelle : aucune modification du taux d’intérêt ni des conditions du prêt ne peut être imposée à l’occasion d’un changement d’assurance. Si votre conseiller bancaire vous dit le contraire, citez l’article L. 313-32 du Code de la consommation et demandez une confirmation écrite.
Je recommande également de consulter les conditions du PTZ 2026 si vous cumulez prêt principal et prêt à taux zéro, car l’assurance du PTZ suit les mêmes règles de substitution.
À retenir
- Demandez votre fiche standardisée d’information (FSI) à la banque avant toute démarche : c’est le document de référence pour l’équivalence de garanties
- Comparez au moins trois devis en délégation et vérifiez le coût total en euros, pas seulement le taux affiché
- Envoyez votre demande de substitution en recommandé avec accusé de réception : la banque a 10 jours ouvrés pour répondre, passé ce délai l’acceptation est tacite
- Vérifiez que votre nouveau contrat couvre exactement les mêmes garanties (définition ITT, franchise, quotité, exclusions) pour éviter un refus légitime
- Ne renoncez pas face à un premier refus : demandez la motivation écrite détaillée et saisissez le médiateur si les motifs vous semblent infondés
Questions fréquentes
Quelles sont les conditions pour bénéficier de la suppression du questionnaire de santé avec la loi Lemoine ?
Le questionnaire de santé est supprimé lorsque deux conditions cumulatives sont réunies : la part assurée par personne ne dépasse pas 200 000 € (tous encours confondus), et le prêt est intégralement remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur. Pour un prêt de 300 000 € avec deux co-emprunteurs assurés à 50 % chacun, la condition de 200 000 € est respectée (150 000 € par tête). En revanche, un emprunteur seul sur un prêt de 250 000 € assuré à 100 % dépasse le seuil et devra remplir un questionnaire médical.
Quelle est la différence entre la loi Lagarde et la loi Lemoine pour l’assurance de prêt ?
La loi Lagarde (2010) a ouvert le droit de choisir une assurance externe au moment de la souscription du prêt, sans pouvoir en changer ensuite (sauf via la loi Hamon dans les 12 mois, ou l’amendement Bourquin à la date anniversaire). La loi Lemoine (2022) va beaucoup plus loin : elle permet la résiliation à tout moment, sans date anniversaire, sans délai de préavis contractuel, et sans frais. Elle ajoute aussi la suppression du questionnaire de santé sous conditions et le renforcement du droit à l’oubli.
La banque peut-elle augmenter le taux de mon crédit si je change d’assurance emprunteur ?
Non, c’est strictement interdit. L’article L. 313-32 du Code de la consommation dispose que la banque ne peut ni modifier le taux d’intérêt, ni exiger des frais supplémentaires, ni imposer de nouvelles conditions en contrepartie d’un changement d’assurance. Le seul motif de refus légal est l’absence d’équivalence de garanties entre l’ancien et le nouveau contrat. Si votre banque vous menace d’une hausse de taux, exigez une réponse écrite et saisissez le médiateur bancaire.
Combien de temps prend le changement d’assurance emprunteur en pratique ?
Le délai légal de réponse de la banque est de 10 jours ouvrés après réception du dossier complet. En pratique, comptez entre 3 et 6 semaines entre l’envoi de votre demande et la prise d’effet du nouveau contrat. Ce délai inclut l’instruction du dossier par la banque, l’édition de l’avenant au contrat de prêt, et la coordination des dates de prise d’effet entre l’ancien et le nouveau contrat. Certains établissements en ligne traitent le dossier en moins de 15 jours.
Le changement d’assurance est-il intéressant si mon prêt est presque remboursé ?
L’intérêt diminue à mesure que le capital restant dû baisse. Si vous êtes à moins de 5 ans du terme, l’économie sera modeste (quelques centaines d’euros). Le changement reste pertinent si le capital restant est encore significatif (au-delà de 50 000 €) et si l’écart de taux entre votre contrat groupe et la délégation est important. Faites le calcul exact avant de vous engager : divisez l’économie mensuelle estimée par le nombre de mensualités restantes pour obtenir le gain total.
La loi Lemoine s’applique-t-elle aux prêts à la consommation ou aux SCI ?
Non, la loi Lemoine concerne exclusivement les prêts immobiliers souscrits par des personnes physiques pour un usage d’habitation (résidence principale, secondaire ou investissement locatif en nom propre). Les prêts à la consommation, les prêts professionnels et les prêts souscrits par des SCI soumises à l’IS sont exclus du dispositif. Les SCI à l’IR (transparentes fiscalement) bénéficient en revanche du dispositif si le prêt finance un bien à usage d’habitation.
Arthur Lemoine est chroniqueur indépendant du marché immobilier français. Il a couvert l immobilier résidentiel aux Échos pendant sept ans, puis la fiscalité et l investissement à Challenges pendant sept autres années, avant de fonder L Aurore Immo en 2026 pour publier en indépendant. Il décrypte quotidiennement le marché sans partenariat, sans commission d agence et sans affiliation cachée.